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Antidopage: l'AMA obtient des échantillons de Moscou, l'identification des tricheurs approche

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La mission de l'Agence mondiale antidopage (AMA) avance: en s'étant procuré plus de 2.200 échantillons ciblés dans l'ancien laboratoire de Moscou en vue de les réanalyser, elle peut passer à la phase ultime de son enquête sur le système de dopage institutionnel en Russie, celle de l'identification des tricheurs.

"Une équipe de cinq personnes a réussi à extraire 2.262 échantillons du laboratoire, qui avaient été divisés en échantillons A et B et contenus dans 4.524 flacons", a annoncé l'agence dans un communiqué mardi.

Ces flacons restés dans l'ancien laboratoire de Moscou, établissement au centre du système de dopage institutionnalisé ayant régné en Russie entre 2011 et 2015, sont loin d'être anodins: il s'agit d'échantillons que l'AMA avait particulièrement ciblés en analysant les milliers de données électroniques récupérées en janvier 2019 dans ce même laboratoire.

"En récupérant les flacons, nous avons décidé, par précaution, de prendre tous les échantillons correspondant aux données (...) un tant soit peu anormales", a précisé Günter Younger, directeur du service Renseignements et enquêtes de l’AMA. La réanalyse de ces échantillons servira "à renforcer les procédures contre des sportifs qui pourraient avoir triché", ou "pourrait exonérer des sportifs qui n’ont pas commis de violation des règles antidopage", a-t-il poursuivi.

L'AMA, qui doit publier début mai un rapport sur l'état d'avancement du processus d'authentification des données du laboratoire de Moscou, procédera ensuite à des discussions avec les fédérations des athlètes concernés par des contrôles positifs, pour les "aider" à "entreprendre des procédures".

Un millier de sportifs, dans une trentaine de disciplines, pourraient être concernés, selon le rapport du juriste canadien Richard McLaren, missionné par l'AMA et à l'origine des révélations sur le scandale.

- Etape majeure pour la Russie -

Pour la Russie, cet accès direct aux flacons ciblés de l'ancien laboratoire laissé aux experts de l'AMA est une étape importante: elle valide le processus de réintégration de l'Agence russe antidopage (Rusada) à la liste des signataires conformes au Code mondial antidopage.

Suspendue le 18 novembre 2015 après les révélations par le rapport McLaren, Rusada devait en effet remplir deux conditions pour valider sa réintégration, prononcée fin septembre 2018.

La première consistait à ouvrir avant le 31 décembre son ancien laboratoire, pour permettre à l'Agence de récupérer les milliers de données électroniques correspondant aux contrôles. Elle a été validée, avec toutefois deux semaines de retard, en janvier.

La seconde prévoyait de rendre disponible, avant le 30 juin 2019, tout échantillon que l'AMA souhaiterait réanalyser. C'est cette étape qui a été franchie mardi, l'AMA ayant bien précisé avoir "localisé et extrait avec succès (...) tous les échantillons ciblés".

Un mois plus tôt, fin mars, un pas avait été franchi en interne, avec l'annonce de la transformation radicale de Rusada: l'agence russe a en effet licencié la totalité de ses inspecteurs, et remplacé 90% de ses employés, avec la contribution de l'AMA, selon son directeur Iouri Ganous, nommé en 2018.

L'enjeu est majeur pour la Russie, qui reste en effet bannie depuis novembre 2015 de toute compétition par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF): une sanction maintenue début mars, alors que les Mondiaux de Doha approchent (27 septembre - 6 octobre).

L'IAAF est la dernière instance emblématique --avec la Fédération internationale de biathlon (IBU) dans une moindre mesure-- à suspendre la Russie, qui ne peut voir son drapeau apparaître en compétition internationale, même si de nombreux Russes sont désormais autorisés à concourir sous bannière neutre.

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