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A Cuba, un 1er mai au parfum de Guerre froide

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Un parfum de Guerre froide flottait à nouveau mercredi à Cuba, où le défilé du 1er mai était placé sous le double signe du soutien au Venezuela de Nicolas Maduro et de l'opposition à Donald Trump qui a menacé l'île d'un embargo "total".

A l'occasion de ce jour férié, les travailleurs se sont levés aux aurores et ont commencé à se rassembler à travers la ville encore plongée dans la pénombre. Certains ont déjà le reggaeton à fond.

Des centaines de milliers de Cubains commencent à se regrouper sur la place de la Révolution au coeur de La Havane. En cette heure très matinale, l'éclairage nocturne fait encore ressortir le portrait géant du Che Guevara.

Guayabera (chemise traditionnelle cubaine à quatre poches) blanche et chapeau panama, le président Miguel Diaz-Canel est présent dans la tribune d'honneur.

Mais le défilé ne commence qu'à 07H00 (12H00 GMT), à l'arrivée de son prédécesseur Raul Castro et avec pour slogan: "Unité, Détermination et Victoire".

"Nous donnerons une réponse forte, ferme et révolutionnaire aux déclarations chargées de menaces, aux provocations, aux mensonges et aux calomnies de l'empire yankee", a tweeté M. Diaz-Canel avant le début de la manifestation. "#Cuba confirme que nous sommes libres, souverains, indépendants et socialistes".

Mardi, après la tentative de soulèvement de l'opposant vénézuélien Juan Guaido, M. Trump a appelé Cuba à cesser son soutien militaire au régime de M. Maduro en menaçant d'instaurer "un embargo plein et total" sur l'île.

- Vieil allié -

Une menace rejetée "énergiquement" sur Twitter par M. Diaz-Canel selon lequel "il n'y a pas d'opérations militaires, ni de troupes cubaines au Venezuela".

"Les mensonges, ça suffit", a ajouté le président cubain en lançant à la communauté internationale un appel à "stopper la dangereuse escalade" et à "préserver la paix".

En plein regain de tension avec Washington, un vieil allié a refait son apparition à la tribune d'honneur: un dirigeant du Parti communiste russe. Après avoir assisté au défilé au côté de Raul Castro, le vice-président du PC Ivan Melnikov lui a remis la décoration de l'Ordre de Lénine.

Sur l'île communiste, par d'armes ni de pas martial pour ce défilé mais plutôt des percussions et des cornes de brume. Des portraits géants de Donald Trump recevant un pavé dans l'oeil sont visibles dans le cortège.

"Je suis ici pour soutenir la révolution et ce président (Diaz-Canel), en mémoire de Fidel, et de Raul qui nous a montré que l'unité nous permet de faire face aux problèmes et aux sanctions des Etats-Unis ou de quiconque", déclare à l'AFP Julio Gonzalez, électricien.

Washington a multiplié ces derniers mois les mises en garde et les sanctions contre La Havane, soumise à un embargo américain depuis 1962.

Les Etats-Unis ont décidé d'activer à partir de jeudi le chapitre III de la loi Helms-Burton, datant de 1996. Suspendue depuis plus de deux décennies par les présidents américains --démocrates comme républicains --, cette loi permet, notamment aux exilés cubains, de poursuivre devant les tribunaux fédéraux américains les entreprises qui ont réalisé des gains grâce à des sociétés nationalisées après la révolution cubaine de 1959.

Selon un porte-parole, des délégués de 102 pays et 140 organisations syndicales et solidaires de Cuba étaient présents au défilé à La Havane. Celui-ci s'est ouvert sans orateur, à la différence des années précédentes, mais avec la diffusion d'un enregistrement du dirigeant historique Fidel Castro (1926-2016).

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