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Après le report du Brexit, May craint un revers aux élections locales

La Première ministre britannique Theresa May le 2 mai 2019 à Londres
La Première ministre britannique Theresa May le 2 mai 2019 à Londres -
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Daniel LEAL-OLIVAS
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Après le report du Brexit, le gouvernement conservateur britannique redoute un revers cuisant aux élections locales qui se déroulent jeudi, y compris dans le bastion de la Première ministre Theresa May proche de Londres.

Ce scrutin a en effet lieu un peu plus d'un mois après la date à laquelle le Royaume-Uni aurait dû quitter l'Union européenne, le 29 mars.

Mais faute d'accord au Parlement britannique, Theresa May a été contrainte de demander à deux reprises un report de ce divorce historique, aujourd'hui prévu pour le 31 octobre au plus tard.

Catastrophiques pour l'image et l'autorité de la Première ministre, ces atermoiements pourraient lui coûter cher dans les urnes. "Il faut s'attendre à ce que les électeurs punissent le Parti conservateur de Theresa May (...) pour son incapacité à livrer le Brexit à temps", selon le journal The Independent.

"J'ai toujours voté conservateur mais c'est fini", a déclaré à l'AFP Mike Chamberlain, un électeur de 72 ans, ingénieur à la retraite, à l'ombre du château de Windsor, dans la circonscription de Mme May, Windsor et Maidenhead.

"Nous avons tous été trahis sur le Brexit. On a voté pour quitter (l'UE) et ils font tout, sauf nous en faire sortir", a-t-il ajouté.

Comme résignés face à cette déconvenue annoncée, les tories ont mené campagne à reculons ces derniers jours, observe l'hebdomadaire conservateur The Spectator, en estimant que le parti de Mme May donne là un "cours magistral sur l'art de perdre des élections locales".

Le scrutin intervient en outre au lendemain du limogeage du ministre de la Défense, Gavin Williamson, en raison de son implication dans les fuites concernant la décision britannique d'autoriser une participation de l'équipementier chinois Huawei au réseau 5G, donnant une nouvelle fois l'image d'un gouvernement en lambeaux.

- Beaucoup de colère -

Peu prisées des Britanniques, souvent marquées par de faibles participations, ces élections visent à renouveler près de 9.000 sièges dans plus de 250 assemblées locales en Angleterre, principalement dans des zones rurales, et en Irlande du Nord.

Le Parti conservateur détient environ 60% de ces sièges en Angleterre, contre 25% pour le Labour de Jeremy Corbyn, principal parti d'opposition au Royaume-Uni.

Selon Robert Hayward, membre conservateur de la Chambre des Lords et spécialiste des sondages, le parti de Theresa May pourrait en perdre plus de 800.

Il n'est toutefois pas exclu que les conservateurs limitent la casse, estime un autre expert, le Pr John Curtice, de la Strathclyde University, en notant que les électeurs pro-Brexit mécontents des choix de Theresa May sur la sortie de l'UE n'ont finalement pas vraiment d'autre alternative que l'abstention.

Impossible en effet pour eux de se tourner vers le nouveau Parti du Brexit de Nigel Farage - la formation politique en forme du moment -, absent du scrutin, tandis que l'autre parti europhobe, l'Ukip, n'y est que peu présent.

Le Labour pourrait lui pâtir de son positionnement pas toujours très lisible sur le Brexit, poussant les électeurs pro-UE vers les centristes du Parti libéral-démocrate, ou vers de nouveaux partis locaux.

"Il y a beaucoup de colère contre la politique traditionnelle", a estimé Lynne Jones, cheffe de l'opposition au conseil local de Windsor et Maidenhead, et cofondatrice d'un parti local, "The Borough First".

"On trouve des gens qui disent qu'ils ne voteront plus jamais, qu'ils ont perdu confiance dans la politique", ajoute-t-elle. Ou "qui ne voteront plus pour les partis pour lesquels ils votaient, conservateur ou travaillistes".

Un autre scrutin attend les Britanniques le 23 mai, celui des européennes, qui auront lieu si aucun accord de Brexit n'est adopté au parlement d'ici là.

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