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Marine Le Pen devancée par son allié Salvini auprès des nationalistes européens

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National, à Sofia, le 3 mai 2019
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National, à Sofia, le 3 mai 2019 -
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Dimitar DILKOFF
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La cheffe de l’extrême droite française Marine Le Pen, qui s’est rendue en Bulgarie vendredi pour soutenir un allié, peine à séduire en Europe en vue de constituer un grand groupe eurosceptique, une initiative davantage pilotée par son allié italien Matteo Salvini.

C’est la deuxième fois que la présidente du Rassemblement national français allait à Sofia pour soutenir le petit parti bulgare Volya, pourtant loin de la barre des 5,88% qui lui permettrait d’avoir un siège au parlement européen, selon les sondages

Etaient présents aussi à Sofia deux autres alliés du RN, auxquels la présidente du Rassemblement national est allée ou va rendre visite, le SPD tchèque et le Sme Rodina slovaque.

Mais à chaque fois, Marine Le Pen a été devancée par le ministre italien de l’Intérieur. Matteo Salvini a rencontré le président du SPD Tomio Okamura le 12 avril, une dizaine de jours avant la visite de la cheffe du RN à Prague.

Longtemps fer de lance de l’extrême droite au Parlement européen, inspirateur de la Ligue du Nord italienne, le RN pourrait finalement devoir laisser le leadership à cet allié, parvenu entre-temps au pouvoir, même si Matteo Salvini a envoyé un message à son amie Marine le 1er mai, pour dire son espoir “d‘écrire l’histoire ensemble”.

“Nous n’avons aucun concours d’ego”, a assuré à Sofia Marine Le Pen. “Nous ne sommes pas là pour se grimper sur les épaules des uns et des autres, sauf peut-être pour aller de plus en plus haut”.

Reste que la veille, l’homme fort du gouvernement italien a été reçu en grande pompe à Budapest par le Premier ministre national-conservateur hongrois Viktor Orban, que M. Salvini et Mme Le Pen voudraient bien accueillir dans leur “super groupe” souverainiste.

Les deux responsables italien et hongrois, actuellement dans des groupes différents au Parlement européen, ont annoncé vouloir engager une “coopération” après les élections européennes autour d’une ligne anti-immigration.

Toujours membre du Parti populaire européen (PPE, droite) – dont il est suspendu depuis mars en raison de dérapages europhobes , M. Orban a redit son souhait de voir cette formation “coopérer avec les partis anti-immigration” et il a prévenu qu‘à défaut, il sera “difficile” pour lui de rester au PPE après le 26 mai.

“Nous lui ouvrons grand la porte”, a lancé Mme Le Pen à Sofia, qui a dit attendre de voir “ce que que souhaite faire” le dirigeant hongrois.

“Sur le plan des idées, nous coopérons déjà avec M. Orban”, a-t-elle ajouté, en rappelant que les eurodéputés de sa formation s‘étaient opposés à l’ouverture d’une procédure de sanction visant la Hongrie au parlement européen.

Le camp nationaliste réuni à Milan –

Matteo Salvini ambitionne de fédérer le maximum de forces nationalistes au sein du futur groupe, auquel la Ligue apporterait 26 eurodéputés (+20), et le RN 20 (+5), selon les dernières prévisions du Parlement européen.

Mais c’est sans Marine Le Pen qu’il a lancé le 8 avril un appel aux autres partis à le rejoindre. Il était alors entouré de la tête de liste de l’AfD allemande, Jörg Meuthen – qui pourrait apporter 11 élus mais ne cache pas son désaccord avec le protectionnisme du RN -, de représentants du Parti du peuple danois, qui avait coupé les ponts avec le FN de Jean-Marie Le Pen, et du parti des Vrais finlandais.

La proximité de Marine Le Pen avec la Russie suscite également la méfiance dans les anciens pays communistes. Matteo Salvini, lui aussi proche de Moscou, mais plus conservateur sur les valeurs sociétales que Mme Le Pen, a tenté de débaucher en janvier les conservateurs polonais du parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir. En avril, M. Orban a dit vouloir également se rapprocher du PiS.

Certains partis refusent d‘êtres associés au nom “Le Pen”, une “marque toxique” selon un eurodéputé conservateur d’un pays d’Europe de l’Est, car liée aux affaires des emplois présumés fictifs du RN à Strasbourg, et aux dérapages de l’ancien président du FN Jean-Marie Le Pen.

“Je ne ferai alliance en aucun cas” avec Mme le Pen, a affirmé récemment Viktor Orban, assurant n’avoir “aucune relation” avec elle.

C’est à Milan, dans le fief de Matteo Salvini, que tout le camp nationaliste européen se réunira en fin de campagne le 18 mai. Cette fois, Marine Le Pen viendra, ainsi qu’une quinzaine d’autres formations eurosceptiques, selon la Ligue. M. Orban n’a pas encore dit s’il comptait y participer.

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