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Le gouvernement britannique pressé de concrétiser le Brexit après sa déroute aux élections locales

Le gouvernement britannique pressé de concrétiser le Brexit après sa déroute aux élections locales
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Après des élections locales désastreuses qui les ont vu enregistrer leurs pires résultats depuis 24 ans, les conservateurs au pouvoir au Royaume-Uni étaient sous pression samedi pour trouver une issue sur le Brexit, sous peine d'essuyer un nouvel échec aux élections européennes.

Dans l'opposition, le Parti travailliste, incapable de profiter de la déroute des Tories, subissait le même sort. Les dirigeants des deux partis ont exprimé leur intention de faire aboutir rapidement leurs négociations sur le Brexit, qui pourraient se conclure la semaine prochaine.

La presse britannique relayait samedi l'"immense cri de colère" des électeurs, "écœurés d'être traités comme des imbéciles", selon les mots de l'éditorialiste du Daily Mail. "Vous avez reçu le message ? Concrétisez le Brexit", titrait en une le tabloïd Daily Express.

A l'issue de ce scrutin local qui visait à renouveler près de 9.000 sièges dans 248 assemblées locales en Angleterre, le Parti conservateur de la Première ministre Theresa May a perdu le contrôle de 45 exécutifs locaux, et 1.269 élus, soit plus d'un sur quatre. Les Tories n'avaient pas connu d'aussi mauvais score depuis 1995 et la déroute subie face au Labour emmené par Tony Blair.

Mme May a reconnu vendredi soir qu'elle avait anticipé des "élections particulièrement difficiles", son gouvernement ayant été incapable d'obtenir l'adoption au parlement d'un accord de Brexit, dont la date a été repoussée du 29 mars au 31 octobre pour éviter un divorce abrupt.

Concrétiser le retrait de l'UE, "c'est ce que nous voulons faire, c'est ce à quoi nous travaillons, donc nous allons désormais avancer et obtenir ce résultat", a-t-elle déclaré vendredi soir lors d'un discours à Grimsby (est de l'Angleterre).

L'exécutif est engagé depuis avril dans des discussions avec l'opposition travailliste pour trouver une solution susceptible d'obtenir le soutien des députés, qui ont rejeté trois fois l'accord de divorce négocié avec Bruxelles.

Le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a estimé qu'il n'était "pas impossible" de trouver une issue avant le 23 mai, date a laquelle se tiendront les élections européennes au Royaume-Uni en cas d'absence d'accord sur le Brexit.

"C'est ce que nous souhaitons tous désespérément parce que ça ne sera pas beau à voir, pour aucun des grands partis, si nous devons participer à ces élections", a-t-il déclaré à l'agence Press Association, suggérant qu'un compromis pourrait être élaboré dans les prochains jours.

- "Qu'elle s'en aille" -

Mais face à la perspective d'une nouvelle déroute électorale, de nombreuses personnalités au sein des Tories ont de nouveau appelé Theresa May à démissionner.

"Le sentiment est quasiment général au sein des militants conservateurs et des candidats aux élections locales, il est temps qu'elle s'en aille", a déclaré le député Bernard Jenkin.

Jeremy Corbyn, le chef de Parti travailliste, principale formation d'opposition, a lui aussi fait part de sa volonté de parvenir rapidement à une solution dans les discussions sur le Brexit, après les mauvais scores de son parti.

"Un arrangement doit être trouvé, un accord doit être élaboré, le Parlement doit résoudre ce problème", a-t-il déclaré sur la chaîne ITV.

Alors qu'il escomptait des résultats en progression, le Labour a perdu le contrôle de six assemblées et 63 élus aux élections locales. Les europhiles du Parti Liberal-démocrate et les Verts ont été les grands bénéficiaires de ce scrutin, multipliant respectivement par deux et par trois leur nombre d'élus.

"Les électeurs sont vraiment, vraiment frustrés par rapport au Brexit", a déclaré la députée travailliste Lisa Nandy sur la BBC, jugeant ces résultats comme le signe d'une "perte de confiance dans le système politique dans son ensemble".

Dans son dernier rapport annuel publié en avril, la très sérieuse Hansard Society, un centre de recherche indépendant sur le Parlement, estimait que 43% des électeurs étaient désormais favorables à un "changement politique radical".

Cet élan pourrait contribuer à la percée de nouvelles formations, au premier rang desquelles le Parti du Brexit du leader europhobe Nigel Farage, lors des élections européennes, si celles-ci devaient se tenir au Royaume-Uni.

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