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Le gouvernement portugais met l'opposition au pied du mur en menaçant de démissionner

Le Premier ministre portugais Antonio Costa le 3 mai 2019 à Lisbonne.
Le Premier ministre portugais Antonio Costa le 3 mai 2019 à Lisbonne. -
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CARLOS COSTA
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A quelques mois des législatives, le Premier ministre socialiste portugais Antonio Costa a renforcé son image de gestionnaire et mis la pression sur l'opposition de droite, selon les analystes, en menaçant de démissionner si le Parlement approuvait un dégel des carrières des professeurs.

Antonio Costa a lancé cet avertissement vendredi, au lendemain de l'approbation par la commission parlementaire de l'Education du rattrapage des salaires des professeurs bloqués pendant les années de crise.

Le texte a été soutenu de manière inattendue par ses alliés de gauche, les Communistes (PCP) et le Bloc de gauche (BE), et par le PSD et le CDS, les partis d'opposition qui avaient défendu les politiques d'austérité pendant la crise.

M. Costa a annoncé qu'il démissionnerait si le Parlement votait ce texte, ce qui entraînerait des élections anticipées alors que les législatives sont prévues le 6 octobre. Le PCP et le BE ont d'ores et déjà indiqué qu'ils n'accepteraient aucun compromis, ce qui place la droite devant le choix de faire marche arrière ou d'assumer le risque d'un scrutin anticipé.

Le chef de l'exécutif affirme que si cette mesure entrait en vigueur, elle coûterait 800 millions d'euros par an et annihilerait les efforts réalisés pour arriver à l'équilibre budgétaire.

M. Costa réaffirme les Socialistes comme un "parti de centre-gauche (...) et met la pression sur la droite en pointant son incohérence et ses contradictions", a déclaré à l'AFP le politologue Antonio Costa Pinto.

"Ceux qui pensaient que le Parti socialiste prendrait un virage à gauche se trompaient lourdement, c'est le centre qui compte pour les élections", a-t-il ajouté.

Les plus récents sondages donnent la victoire au PS pour les législatives, sans la majorité absolue nécessaire pour gouverner seul.

La popularité du parti s'est effritée ces dernières semaines après que gouvernement a fait face à des accusations de népotisme. Le cabinet de M. Costa comprend une femme et son mari et un père et sa fille.

- "Seul parti responsable" -

Les socialistes ont de meilleures chances étant donné que le PS "apparaît comme le seul parti responsable", a estimé l'analyste politique Pedro Marques Lopes dans les colonnes du Diario de Noticias de samedi.

Il juge "la possibilité bien réelle que les Socialistes gagnent avec la majorité absolue. Avec les compliments du PSD".

Depuis sa formation fin 2015, le gouvernement de M. Costa a pour credo l'assainissement des comptes publics et l'équilibre budgétaire pour rétablir la crédibilité internationale au Portugal.

Le déficit public, qui a atteint jusqu'à 11% du PIB pendant la crise de la dette entre 2010 et 2014, a presque été éliminé alors que l'impôt sur le revenu était allégé et les retraites augmentées pour les plus pauvres.

Des résultats spectaculaires qui ont notamment permis l'élection à la présidence de l'Eurogroupe du ministre portugais des Finances Mario Centeno.

- "Coup de maître politique" -

M. Centeno n'a pas manqué de souligner ce qu'il considère comme l'irresponsabilité de l'opposition pour avoir voté le rattrapage des salaires des professeurs.

Dans une interview sur la chaîne privée Sic vendredi soir, il a estimé que les entraîneurs José Mourinho et Pep Guardiola "discutaient davantage des tactiques de leur équipe quand ils entraînaient le Real Madrid et le FC Barcelone que les partis ne l'(avaient) fait de la question de l'éducation" en commission parlementaire.

M. Costa a, lui, prévenu qu'une augmentation pour les professeurs devrait être financée par une "hausse significative des impôts" ou des coupes budgétaires.

La manoeuvre d'Antonio Costa est "un coup de maître politique" qui permet aux socialistes de se poser comme "les garants de la stabilité budgétaire face à l'irresponsabilité de la droite", a jugé le politologue José Miguel Judice sur la chaîne Sic.

Les enseignants manifestent depuis plusieurs mois pour réclamer le rattrapage de leurs salaires bloqués pendant les années de crise. Après le vote de la commission, les autres syndicats de fonctionnaires ont réclamé les mêmes mesures que pour les professeurs.

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