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Après une campagne en coulisses, le prochain président de l'AMA choisi mardi à Montréal

Après une campagne en coulisses, le prochain président de l'AMA choisi mardi à Montréal
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Qui succèdera au Britannique Craig Reedie à la tête de l'Agence mondiale antidopage (AMA) ? Après une campagne très politique en coulisses, marquée par la fin du scandale russe, le futur président de l'instance doit être choisi mardi à Montréal, entre deux candidats quasi inconnus qui promettent la continuité.

Depuis sa naissance en 1999, dans la foulée du scandale Festina, le régulateur de la lutte contre le dopage dans le monde fonctionne selon le principe de présidence tournante entre ses deux piliers, le mouvement sportif international (CIO et fédérations) et les gouvernements. Après les deux mandats de Reedie, un ancien joueur de badminton membre du CIO, c'est donc au tour des Etats de se mettre d'accord pour désigner son successeur, qui sera adoubé en novembre lors d'un conseil de fondation de l'AMA, à Katowice (Pologne).

Les deux candidats en lice, déjà membres du comité exécutif de l'agence, son organe décisionnel, sont d'anciens sportifs reconvertis en politique: d'un côté le Polonais Witold Banka, 34 ans, ancien athlète spécialiste du 400 m et ministre des Sports et du Tourisme dans son pays; de l'autre le Dominicain Marcos Diaz, 44 ans, ancien nageur en eau libre et vice-ministre des Sports.

Il y a un an, la campagne avait pris un tour beaucoup plus animé avec l'ancienne ministre norvégienne Linda Helleland. Sur les braises du scandale de dopage institutionnel en Russie, la vice-présidente de l'AMA s'était lancée en critiquant fortement les supposées faiblesses de l'agence vis-à-vis de Moscou et son manque d'indépendance envers le CIO. Elle s'était notamment opposée en septembre à la levée des sanctions de l'AMA contre la Russie.

- "Pas d'unité" -

Mais comme le résume un acteur de l'antidopage, qui veut garder l'anonymat, "on ne fait pas campagne pour la présidence de l'AMA contre le mouvement sportif, le CIO ne l'aurait jamais acceptée". Résultat, Linda Helleland, qui était vue comme une candidate soutenue par les pays anglo-saxons, Etats-Unis en tête, a été battue fin janvier par Witold Banka, lors du scrutin organisé au sein des pays du Conseil de l'Europe (28 voix contre 16). D'après plusieurs observateurs, le Polonais, issu des conservateurs au pouvoir à Varsovie, a fait le plein de voix parmi les pays de l'est de l'Europe.

"Comme il n'y avait pas d'unité au sein de l'Europe, Marcos Diaz s'est dit +pourquoi pas moi ?+. Il n'y a pas d'unité entre les gouvernements, c'est inédit et c'est un peu un résultat de l'affaire russe qui a cristallisé des oppositions très politiques", remarque l'acteur de l'antidopage.

Reste que les lignes du Polonais et du Dominicain sont beaucoup plus consensuelles et depuis la défaite de Linda Helleland, la campagne a ronronné. "Elle avait les propositions les plus radicales et avait généré du débat", relève le directeur de l'organisation des agences nationales antidopage (iNADO), Graeme Steele. Sans elle, "la portée du débat a été moindre", ajoute-t-il.

"Ca se joue beaucoup en coulisses, c'est une campagne de réseaux, d'alliances, comme souvent dans le domaine du sport international", souligne à son tour Fabien Ohl, professeur à l'Institut des sciences du sport de Lausanne. Les deux candidats doivent être départagés lors d'une réunion des représentants des gouvernements mardi à Montréal. Sans consensus, un vote sera organisé, chaque continent ayant un nombre de voix déterminées: cinq pour l'Europe, quatre pour l'Amérique, quatre pour l'Asie, trois pour l'Afrique, deux pour l'Océanie.

C'est la dernière fois que le président de l'AMA sera désigné selon le principe de présidence tournante entre mouvement sportif et gouvernements. A partir du prochain mandat, en 2022, il s'agira d'un président indépendant. Au lendemain de la réunion entre gouvernements, l'AMA réunit un comité exécutif mercredi, puis un conseil de fondation jeudi.

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