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Cadres d'Etat dans le sport: deux députés LREM demandent un geste d'"apaisement" à Matignon

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Deux députés de la majorité ont demandé jeudi à Matignon un geste d'"apaisement" sur la question des conseillers techniques sportifs (CTS), ces cadres d'Etat dont le gouvernement entend confier la gestion aux fédérations, afin d'éviter "un conflit ouvert" à un an des Jeux Olympiques de Tokyo-2020.

Ce projet provoque une levée de boucliers: un collectif assure réunir plus de 1.200 CTS (sur un total de 1.600) opposés à la réforme, 34 présidents de fédérations olympiques, soit la quasi-totalité, demandent un moratoire jusqu'aux JO de Paris-2024 et des médaillés olympiques, tels que Kevin Mayer ou Renaud Lavillenie, ont aussi exprimé leurs inquiétudes.

Concrètement, les deux députés François Cormier-Bouligeon et Cédric Roussel, présidents des groupes "Sport" et "Economie du sport" à l'Assemblée, demandent dans leur courrier à Matignon que le gouvernement renonce à un amendement dans la loi sur la fonction publique "permettant de détacher d'office les conseillers techniques sportifs auprès des fédérations".

La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, dont les syndicats des agents publics du sport ont réclamé la démission, assure vouloir engager une concertation et promet de "ne pas passer en force". "Elle n'utilisera pas cet amendement", a indiqué à l'AFP son entourage.

"Nous avons pu constater les tensions et crispations qui traversent le mouvement sportif français dans son ensemble" et l'amendement "a amplifié encore l'incompréhension et la colère de ces acteurs centraux du sport français", écrivent les deux députés, qui craignent un "conflit ouvert", "à quelques mois des Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo 2020 et à moins de cinq ans" de Paris-2024.

Les deux parlementaires ne demandent pas le retrait de la réforme, contrairement à certains de leurs collègues de l'opposition, comme Régis Juanico (apparenté PS) ou Marie-George Buffet (PCF).

Roxana Maracineanu assure que ce projet doit permettre aux fédérations de "gérer pleinement leurs cadres", en cohérence avec la création de l'Agence nationale du sport, qui va leur confier plus de responsabilités.

Le gouvernement promet des compensations en subventions aux fédérations, mais beaucoup craignent qu'elles ne soient pas garanties dans le temps. Autre point de crispation, l'interruption du concours de recrutement. Sans remplacement des départs à la retraite, le corps des CTS perdrait 25% de ses effectifs d'ici cinq ans, et environ 50% en dix ans. Selon des sources proches de l'exécutif, cela n'empêcherait pas d'autres recrutements.

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