Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.
DERNIERE MINUTE

La Turquie empêche un patient atteint du cancer en phase terminale d'être soigné à l'étranger

La Turquie empêche un patient atteint du cancer en phase terminale d'être soigné à l'étranger
Euronews logo
Taille du texte Aa Aa

Les autorités turques ont annulé le passeport d'un professeur atteint d'un cancer en phase terminale, l'empêchant de se rendre à l'étranger pour bénéficier de soins qui ne sont pas prodigués dans son pays.

Le docteur Haluk Savaş ne peut pas se rendre à l'étranger pour bénéficier d'une immunothérapie. Bien qu'il n'y ait pas d'obstacle juridique, son passeport a été annulé. Alors que son médecin estime qu'il ne lui reste que quelques mois à vivre, il confie à Euronews être dépossédé d'un droit humain fondamental.

Emprisonné pendant la purge

Le Dr Savaş, l'un des professeurs de psychiatrie les plus expérimentés en Turquie, travaillait comme professeur à l'université jusqu'en 2016, date à laquelle il a été expulsé par décret gouvernemental. Le gouvernement turc a licencié de nombreux fonctionnaires à la suite du coup d'État de juillet 2016.

Haluk Savaş a été emprisonné pour appartenance à une organisation terroriste avant d'être acquitté ; son interdiction de voyager a donc été levée, mais son passeport lui a été refusé. Il indique que son cancer a débuté pendant son incarcération.

"S'ils ne me donnent pas l'occasion d'être soigné à l'étranger, je mourrai ici en Turquie. Tout le monde sera témoin de ma mort et tout le monde saura qui m'a persécuté", a-t-il déclaré.

"Je ne vais pas essayer de m'enfuir"

Grâce aux réseaux sociaux, son combat a pris de l'ampleur. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté leur soutien avec le hashtag «#HalukSavaşaPasaport».

"Je n'essaierai pas de m'échapper par la rivière Meriç, je ne mourrai pas en me noyant à cause d'un bateau. Je ne suis pas un terroriste, c'est prouvé" se défend-il. "C'est mon pays d'origine. Je mourrai ici. Ne me donnez pas la possibilité d'être soigné à l'étranger, je vais mourir ici, en Turquie `[...] tout le monde entendra et verra cette persécution".

Alors que l'Agence Anadolu, dirigée par l'État turc, a déclaré que les documents relatifs à Savaş ont été envoyés par le gouvernement d'Adana au ministère de l'Intérieur, Haluk Savaş accuse Ankara.

"Si l'État et le gouvernement turcs ne me donnent pas mon droit fondamental en tant qu'être humain, cela signifie que l'État ne respecte pas le droit international fondamental, ni les valeurs humanitaires et morales `[...] la vraie raison d'être des États est de comprendre leurs peuples et de trouver des solutions à leurs souffrances. Je pense que nous avons pourtant ces qualités en Turquie. Je crois toujours que la Turquie a les réflexes et peut corriger ses erreurs administratives. Sinon, ce serait très inquiétant » déclare-t-il.