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Grèce: à l'approche des municipales, les petites îles luttent pour leur survie

Vue de l'île grecque d'Anafi, le 19 mai 2019
Vue de l'île grecque d'Anafi, le 19 mai 2019 -
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ANGELOS TZORTZINIS
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A Anafi, petite île des Cyclades, chaque arrivée de ferry est un événement hors saison. Avec à peine deux liaisons par semaine vers Le Pirée, le port d'Athènes, les Anafiotes se sentent souvent délaissés par l'Etat grec.

Un seul étudiant en guise de médecin, dix élèves au collège-lycée, un distributeur de billets qui n'est pas toujours approvisionné... les Anafiotes souffrent d'un accès restreint aux services publics et l'île perd des habitants au fil des années. En soixante ans, la population aujourd'hui de 273 habitants a été divisée par deux.

C'est pour rendre son île attirante que Yannis Patiniotis, 35 ans, se présente aux élections municipales, le 26 mai. Le restaurateur veut changer l'image d'"île abandonnée" pour en faire "une zone attractive toute l'année, et pas seulement l'été", quand la population est multipliée par 1.000 "autour du 15 août".

"Malheureusement, peu de jeunes restent vivre à l'année sur l'île. Nous voulons les attirer, créer des emplois en misant sur les énergies vertes et le tourisme durable", soutient le candidat de gauche, revenu à Anafi après six ans d'études à Athènes.

En hiver, un seul bar fonctionne, la boulangerie n'a du pain frais que deux fois par semaine. "A 22h, tout est mort, tu n'entends que le vent souffler et les chats miauler. Les journées peuvent paraître longues surtout pour les jeunes qui n'ont pas les mêmes aspirations que les anciens", commente sa compagne, Martha Ferfiri, originaire du nord de la Grèce, qui a du mal à s'adapter à cette vie de quiétude et d'autarcie.

Irini Halari, 18 ans, a d'ailleurs prévu de "partir et voir le monde", avant de revenir "éventuellement" après.

A une heure seulement de Santorin, qui attire 1,5 million de touristes chaque été, Anafi n'a pas "d'aéroport, ni d'hôpital, ni de port approprié pour recevoir les touristes et les yachts", déplore aussi Andreas Nikolis, un retraité de 62 ans.

Un défi que Yannis Patiniotis entend relever s'il est élu, en particulier pour "générer de nouveaux emplois" sur un port réaménagé. Le candidat veut aussi "inciter un médecin généraliste à venir s'installer durablement sur l'île" mais aussi "ouvrir un musée sur les exilés politiques pendant les années de la guerre civile (1946-49) puis de la dictature des colonels (1967-74)".

- "Engluées dans la bureaucratie" -

A Tilos, île de 600 habitants, voisine de Rhodes, Maria Kamma, qui se représente le 26 mai, fait face à des problèmes similaires. Il y a quelques mois, la seule banque de l'île voulait fermer sa succursale. A force de pressions politiques, l'agence a survécu.

Depuis son élection en 2014, Maria Kamma se bat pour faire de son île un "exemple" à la pointe des énergies vertes et de l'accueil des réfugiés, pour attirer des touristes à "la conscience éthique". Les besoins de l'île sont couverts à 85% grâce aux énergies renouvelables, depuis septembre 2017 et l'installation d'une éolienne et de panneaux photovoltaïques. Une vingtaine d'emplois avaient alors été créés.

En 2016, la maire met au point un programme d'intégration des réfugiés avec le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) et l'ONG grecque Solidarity Now. Dix familles syriennes étaient installées à Tilos jusqu'à peu. Mais "le financement s'est arrêté", déplore-t-elle.

Pour le président du réseau des petites îles grecques, Eleftherios Kechagioglou, "il faudrait donner plus d'autonomie aux communes de ces îles. Les mairies ont des idées et des fonds européens mais elles doivent avoir des autorisations des ministères et sont engluées dans la bureaucratie".

Le problème numéro un des petites îles reste leur rattachement à un centre plus grand (Athènes ou une île plus importante). "Certaines grandes compagnies maritimes ne veulent pas s'arrêter sur ces îles car cela n'est pas rentable", note Eleftherios Kechagioglou.

Et "les paquebots gigantesques ne peuvent pas s'amarrer sur de minuscules ports", ajoute-t-il, estimant à une trentaine le nombre de bateaux nécessaires pour mieux desservir les petites îles.

La Grèce compte près de 100 îles de moins de 750 habitants ainsi délaissées par les services publics. Parmi les mesures récemment annoncées par le Premier ministre Alexis Tsipras: une baisse de la taxe d'habitation pour les îles de moins de 1.000 habitants prévue dès 2020.

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