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Qui sont ces 12 Français que l'Irak juge pour appartenance à l'EI?

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Accusés d’appartenance au groupe Etat islamique (EI), ils ont été condamnés ou comparaissent actuellement devant la justice irakienne: voici, selon des informations collectées par l’AFP, les profils des 12 Français remis en début d’année par les Kurdes de Syrie à l’Irak.

Quatre d’entre eux ont déjà été condamnés à la mort par pendaison, un verdict inédit jusque-là pour des ressortissants français, alors que l’Irak a déjà jugé plus de 500 étrangers membres présumés de l’EI.

La loi irakienne prévoit jusqu‘à la peine de mort pour quiconque a rejoint une organisation “terroriste”, qu’il ait ou non combattu.

- Léonard Lopez /p>

Ce Parisien de 32 ans a été condamné à mort dimanche. Ses avocats ont fait appel, dénonçant une “justice expéditive”.

Au début des années 2000, ce converti, qui a notamment travaillé dans une libraire musulmane, fait partie des plus actifs sur le site jihadiste francophone de référence d’alors, Ansar Al-Haqq.

En juillet 2015, sous contrôle judiciaire pour son activité sur ce site, Léonard Lopez part avec sa femme et leurs deux enfants. D’abord à Mossoul (nord de l’Irak) puis en Syrie, selon les enquêteurs français.

Condamné en son absence en juillet 2018 à cinq ans de prison dans le dossier Ansar al-Haqq, celui qui se faisait appeler Abou Ibrahim al-Andaloussi au sein de l’EI est sous le coup d’un mandat d’arrêt.

Mais il est surtout connu des services de renseignement pour avoir cofondé l’association Sanabil, dissoute par le gouvernement français fin 2016 car elle contribuait sous couvert d’aide aux détenus à radicaliser des prisonniers.

“Tous ceux qui ont été impliqués directement ou indirectement dans les attentats depuis janvier 2015 ont été en lien direct ou indirect avec Sanabil”, assurait à l‘époque un enquêteur.

Kévin Gonot /p>

Arrêté en Syrie avec son demi-frère Thomas Collange, 31 ans, sa mère et son épouse, ce Français de 32 ans, né à Figeac (sud-ouest), a été condamné dimanche à la peine capitale.

Kévin Gonot a dit dimanche au juge “regretter” d‘être parti en Syrie, où son père, qui avait également rejoint l’EI selon ses “aveux” publiés par la justice irakienne, a été tué.

Entré illégalement en Syrie via la Turquie selon ses dires, il a d’abord rejoint le Front al-Nosra (ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie) avant de prêter allégeance au “calife” de l’EI Abou Bakr al-Baghdadi.

Selon la justice irakienne, celui qui se faisait appeler Abou Sofiane au sein de l’EI a reconnu avoir combattu en Syrie et en Irak. Lors de l’audience de dimanche toutefois, Kévin Gonot a indiqué avoir été blessé au ventre lors de la bataille de Kobané en Syrie en 2015.

Il a assuré au juge avoir ensuite été transféré à Mossoul, “capitale” de l’EI en Irak de 2014 à 2017, pour y être hospitalisé et non pour combattre.

En France, il a déjà été condamné en son absence à neuf ans de prison, selon le Centre d’analyse du terrorisme (CAT).

Mustapha Merzoughi /p>

Condamné à mort ce lundi 27 mai, ce Français de 37 ans a été reconnu coupable d’avoir “travaillé dans la branche militaire” de l’EI. Celui qui se faisait appeler Abou Omrane al-Faranssi au sein de l’EI a servi dans l’armée française de 2000 à 2010, notamment “en Afghanistan en 2009”, selon ses “aveux” à la justice irakienne.

En France, il vivait à Toulouse (sud-ouest), d’où venaient aussi les frères Fabien et Jean-Michel Clain, qui ont revendiqué les attentats du 13-Novembre 2015 avant d‘être tués récemment en Syrie.

Mustapha Merzoughi a raconté à ses interrogateurs irakiens avoir rejoint l’EI après “des recherches sur les réseaux sociaux et les sites de l’EI et du Front Al-Nosra”.

Passé par la Belgique puis le Maroc, ce Français d’origine tunisienne a ensuite suivi “des formations obligatoires religieuses et militaires à Mossoul” avant de se voir remettre “une Kalachnikov et un salaire mensuel de 200 dollars”, a-t-il dit au juge.

Il a affirmé lors de ses interrogatoires avoir “prêté allégeance devant un chef de l’EI au visage masqué à Mossoul” parce que, a-t-il expliqué, “les chefs avaient peur d‘être reconnus ou identifiés par les combattants étrangers dont ils redoutaient qu’ils soient des espions”.

Mais, lors de son jugement lundi, il a nié avoir prêté allégeance à l’EI.

Salim Machou /p>

Condamné à mort dimanche, ce Français de 41 ans a appartenu à la brigade Tariq ibn Ziyad, une unité de l’EI menée par un ancien légionnaire français, Abdelilah Himich —originaire de Lunel (sud) comme une vingtaine d’autres Français de l’EI

-, selon le CAT.

Cette “cellule de combattants européens, vivier d’auteurs d’attaques en Irak, en Syrie et à l‘étranger”, a compté jusqu‘à “300 membres”, d’après Washington.

Salim Machou a hébergé à Raqa Jonathan Geffroy, un Français capturé en Syrie et remis à la justice française, selon le CAT.

Jonathan Geffroy, originaire de Toulouse, a fait de nombreuses révélations, notamment sur les frères Clain, dont la nièce est mariée à Kévin Gonot.

- Fodil Tahar Aouidate /p>

Lundi, l’audience de cet homme de 32 ans a été reportée au 2 juin, après qu’il a affirmé avoir été frappé lors de ses interrogatoires. Le juge a réclamé un examen médical.

Décrit comme autoritaire, violent et prêt à mourir pour l’idéologie radicale de l’EI, celui qui se faisait appeler Abou Mariam a rejoint la Syrie en 2014.

“Mon beau-frère là-bas me disait, viens, ici tu peux vivre en musulman, alors qu’en France, ils combattent l’islam“, a-t-il dit lundi alors qu’en tout 22 membres de sa famille, selon la justice française, ont également rejoint la Syrie.

Originaire de Roubaix (nord), il a été enregistré dans les archives administratives de l’EI comme un “combattant”, selon un document à en-tête et tampon du groupe présenté par le juge lundi.

Fodil Tahar Aouidate était connu du renseignement pour ses liens avec la mouvance salafiste belge, notamment Abdelhamid Abaaoud, un des organisateurs présumés des attentats du 13-Novembre.

Fin 2015, il était apparu dans une vidéo faisant l’apologie de ces attaques (130 morts). Il y disait son “grand plaisir et grand bonheur de voir ces mécréants souffrir comme nous souffrons ici”. Il menaçait: “on continuera à frapper chez vous”.

Deux de ses soeurs ont été condamnées en France pour “financement du terrorisme”, car elles ont, selon le tribunal, envoyé 15.000 euros en Syrie, notamment des allocations familiales perçues par des membres de leur famille après leur départ. Elles attendent leur procès en appel.

Vianney Ouraghi /p>

Lundi, l’audience de ce Français de 28 ans a été reportée au 3 juin. Il a d’abord rejoint Al-Nosra avant d’intégrer l’EI dès la proclamation de son “califat” en juillet 2014, selon le CAT.

Vianney Ouraghi avait quitté la France en juin 2013 aux côtés du Franco-Algérien Lyes Darani, de même source. Ce dernier a été condamné à huit ans de prison pour avoir voulu préparer un attentat à son retour des zones de combat deux mois plus tard.

Ce Français d’origine algérienne a dit aux enquêteurs irakiens avoir abandonné des études de psychologie en France.

Il est ensuite “allé en Syrie via les Pays-Bas et la Turquie” après avoir été “convaincu de rejoindre l’EI” sur “les réseaux sociaux”.

Toujours selon les “aveux” rendus publics par la justice irakienne, il a suivi “des formations religieuses et militaires”, puis fait allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi avant de rejoindre “un centre d’accueil des combattants étrangers à Mossoul”.

Mourad Delhomme /p>

Lundi, ce Français de 40 ans a vu son audience reportée au 3 juin. Né en Algérie, il a été arrêté il y a près d’un an à Deir Ezzor, en Syrie, selon le CAT.

Le CAT le présente comme un “vétéran du jihad ayant exercé les fonctions de juge” au sein des très redoutés tribunaux de l’EI, qui ordonnaient régulièrement châtiments corporels et exécutions sommaires.

Bilel Kabaoui /p>

Originaire de Sèvres, en région parisienne, ce Français de 32 ans a vu lundi son audience renvoyée au 3 juin. Il est parti vers le territoire de l’EI durant l‘été 2014, selon le CAT.

Yassine Sakkam /p>

Ce Français de 29 ans a quitté la France fin 2014 pour aller combattre au sein de l’EI. Il est visé par un mandat d’arrêt criminel français depuis 2016.

Originaire de Lunel, il a été l’un des derniers à quitter cette ville et a été arrêté en Syrie par les Kurdes.

Il a mis en ligne des photos où il pose avec des armes et, selon le CAT, son frère Karim a commis un attentat suicide à la frontière irako-jordanienne en 2015.

Cité ou apparu dans plusieurs entretiens avec la presse française, il est l’un des Français de l’EI les plus médiatisés.

Karam El Harchaoui /p>

Ce Français de 32 ans est parti en Syrie en 2014 depuis la Belgique, selon des informations de presse.

D’après le quotidien belge HLN, son jeune frère et leurs épouses belges étaient également membres de l’EI.

Sur une photo diffusée par la justice irakienne après son arrestation, il apparaît en sweat à capuche, l’avant du crâne dégarni et barbe encadrant son visage.

Brahim Nejara /p>

Ce Français de 33 ans a facilité l’envoi de jihadistes en Syrie et est apparu dans une vidéo de l’EI après les attentats de novembre 2015, selon le CAT.

Originaire de Meyzieu, près de Lyon (centre-est), d’où sont partis plusieurs jihadistes français, il a également incité un de ses frères à commettre un attentat en France, de même source.

En Syrie, ajoute le CAT, il a fréquenté Foued Mohamed-Aggad, l’un des kamikazes du Bataclan, salle de spectacles où a eu lieu une des tueries du 13-Novembre.

Mohammed Berriri –

A 24 ans, il est le plus jeune Français jugé en Irak pour appartenance à l’EI.

Originaire des Alpes-Maritimes (sud-est), selon le CAT, il apparaît sur un cliché toujours en ligne, arme à la main, posant devant le drapeau noir de l’EI.

Il a été localisé dans différentes provinces de Syrie au sein de l’EI, selon le CAT, qui ne précise pas s’il a également transité ou combattu en Irak.

L’Irak estime toutefois avoir compétence pour juger quiconque ayant rejoint l’EI, arguant que son territoire s‘étendait à cheval sur son sol et celui de la Syrie, contrôlant notamment leur très poreuse frontière commune.

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