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Au sud de la capitale libyenne, mission à haut risque sur les pylônes électriques

Au sud de la capitale libyenne, mission à haut risque sur les pylônes électriques
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Perché à 50 mètres de haut sur un pylône électrique, Mohamad Dahman, tente de réparer les dégâts causés par les combats dans la banlieue sud de la capitale libyenne. Mais il descend à la hâte quand des roquettes explosent à proximité.

“Nous sommes habitués à travailler sous les bombardements (…), le travail des équipes de réparation est à haut risque depuis 2011”, regrette ce technicien qui fait référence à l’année ayant marqué la chute de l’ancien régime de Mouammar Kadhafi et le basculement du pays dans le chaos.

Sur la route de l’aéroport international de Tripoli, détruit en 2014 par des violences, les combats font rage depuis le début, le 4 avril, de l’assaut du maréchal Khalifa Haftar contre la capitale libyenne.

La majorité des habitants ont fui le secteur où circulent seulement des chars et autres véhicules militaires.

Bordant la route d’une trentaine de kilomètres, les lignes à haute tension alimentant la capitale en électricité, sont régulièrement endommagées et nécessitent à chaque fois des réparations.

“Chaque tour nécessite 48 heures (de travail) pour les réparations et la reconnexion au réseau”, explique sur place Mohamad Abdallah, directeur des ressources humaines de la Compagnie générale libyenne de l’électricité (Gecol).

“La poursuite des combats nous empêche d’achever les opérations sur de nombreux pylônes nécessitant une maintenance”.

“Nous intervenons malgré la fatigue, le jeûne (du ramadan) mais surtout les risques d’être nous aussi ciblés par des roquettes”, lance de son côté Mohamad Dahman.

Le but est de “soulager les habitants et réduire les longues heures de coupure”, dit-il.

Partis plus tard, réparer un autre pylône électrique, les techniciens ont dû quitter le secteur rapidement, après avoir été visés par des tirs nourris, selon la Gecol.

- “Le destruction continue” /p>

La Libye fait face à une pénurie chronique d‘électricité depuis 2011, en particulier durant les pics de consommation en hiver et en été. La population souffre d’un rationnement de l’approvisionnement électrique, avec des coupures de plus de dix heures par jour en moyenne durant la saison estivale.

Si la météo est encore clémente, le déficit en énergie risque de s’aggraver cet été avec la canicule en raison des dégâts provoqués par les combats opposant les troupes du maréchal Haftar aux forces loyales au Gouvernement d’union nationale (GNA).

“Les dégâts sont très importants et ont touché la totalité du réseau, notamment les câbles, pylônes et cabines de distribution”, déplore Ayad al-Guenedi, directeur exécutif de la Gecol, depuis son bureau situé sur la route de l’aéroport, pas loin du front.

D’autres équipements et installations ont été “complètement détruits dans les secteurs d’Al-Aziziya et Gasr Ben Ghachir”, au sud de Tripoli, fortement touchés par les affrontements.

“Des installations sont touchées tous les jours (…) alors que nous n’avons réussi qu’à recenser 50% des dégâts”.

“Sens civique” –

Déjà fin 2018, la Gecol a estimé les coûts de dégâts provoqués par des combats ou actes de pillage à plus d’un milliard de dollars depuis 2011.

“Nous allons dépasser un déficit de plus de 1000 mégawatts (MW) lors du pic estival”, prédit le directeur exécutif de la Gecol, estimant aux alentours de 6.000 MW la production disponible “à condition que les centrales (électriques) restent intactes”.

Selon le responsable, les violences empêchent l’exécution de nouveaux projets par des entreprises étrangères, évacuées avec le début de l’offensive du maréchal Haftar.

“Les combats ont poussé les entreprises étrangères à partir. (…) Deux compagnies, autrichienne et italienne qui intervenaient sur des centrales de production à l’ouest de Tripoli ont dû évacuer tous leurs techniciens”, regrette M. Guenedi.

Les projets de sociétés étrangères, notamment sud-coréennes, turques et allemandes, pour construire de nouvelles centrales électriques avec une capacité de production de 4.000 MW supplémentaires, n’ont jamais vu le jour alors que les contrats ont été signés avant 2011.

“Le départ de ces entreprises retardera l’arrivée d’autres qui devaient installer des centrales d’urgence afin de réduire les pénuries énergétiques”, explique-t-il.

La Libye n’a plus qu’une seule alternative pour réduire le déficit en électricité: le raccordement aux réseaux électriques des pays voisins comme la Tunisie et l’Algérie, qui pourrait fournir au pays 400 MW, selon M. Guenedi.

“Mais c’est sur le sens civique des Libyens que nous comptons le plus pour qu’ils nous aident en réduisant leur consommation pendant les périodes de pointe en été”, souligne ce responsable. Un espoir qui risque d‘être déçu.

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