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Colombie: nouvel ordre de libération d'un ex-chef Farc réclamé par les Etats-Unis

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La Cour suprême de Colombie a ordonné mercredi la “libération immédiate” d’un ex-commandant Farc réclamé par les Etats-Unis pour trafic de cocaïne, invoquant son statut de parlementaire du parti homonyme formé par l’ancienne guérilla après l’accord de paix de 2016.

Dans son jugement, la Cour assure qu’“aucun recours” n’est possible contre sa décision en faveur de Jesus Santrich, détenu à Bogota depuis avril 2018 à la demande de Washington, qui demande son extradition et s’est opposé à sa libération.

Le haut tribunal s’est déclaré compétent du fait du statut de parlementaire de l’ex-commandant guérillero, aujourd’hui député du parti Force alternative révolutionnaire commune (Farc), bien que du fait de sa détention il n’ait pas pu être officiellement investi au Congrès.

La Juridiction spéciale de paix (JEP), issue de l’accord de novembre 2016 pour juger les crimes les graves commis pendant plus de 50 ans de confrontation armée avec la rébellion des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), avait déjà ordonné sa libération le 15 mai.

Mais Jesus Santrich, de son vrai nom Seuxis Paucis Hernandez Solarte, avait été ré-arrêté à la porte même de la prison deux jours plus tard, pour sa participation présumée à la préparation de l’envoi de plusieurs tonnes de cocaïne aux Etats-Unis, après la signature de la paix.

Suite à la décision de la Cour suprême, il devrait pouvoir quitter les locaux du Parquet où il a été transféré et est détenu depuis le 19 mai.

Mais la Procurature, organisme de contrôle des fonctionnaires et des élus, a demandé au haut tribunal d’ordonner à nouveau son arrestation afin qu’il soit entendu comme parlementaire pour les crimes dont il est inculpé.

L’ancien chef Farc, âgé de 52 ans et malvoyant, a toujours clamé son innocence et dénoncé un complot de Washington et du Parquet colombien.

- Polémique et division –

Sous la pression des Etats-Unis, le gouvernement du président de droite dure Ivan Duque, au pouvoir depuis août, s’est opposé à la libération de Jesus Santrich, réaffirmant son intention de l’extrader.

Après l’ordre de la JEP il y a deux semaines, le procureur général d’alors, Nestor Humberto Martinez, proche du pouvoir actuel, avait préféré démissionner plutôt que d’appliquer la décision.

Outre la polémique politique et judiciaire qui s’en est suivi, le cas de l’ex-commandant guérillero a mis en évidence la division qui affecte le parti Farc.

“Nous sommes très contents de cette décision. Selon nous, les droits de Jesus Santrich ont été violés”, a déclaré le sénateur et autre ancien chef rebelle, Carlos Antonio Lozada, après l’annonce du nouvel ordre de libération.

Il a ajouté que le parti avait pris les dispositions nécessaires pour que le député assume de “manière immédiate” son mandat à la Chambre des représentants, comme prévu par l’accord de paix.

Ce texte historique a permis d’octroyer à la Farc dix sièges parlementaires (cinq dans chaque chambre) pour deux mandats de quatre ans.

Mais Ivan Marquez, l’ancien chef de la délégation Farc aux négociations de paix, n’a pas non plus assumé son mandat, arguant d’un manque de garanties suite à l’arrestation de Jesus Santrich et aux manquements du gouvernement dans la mise en oeuvre de l’accord.

Considéré comme chef de file de la ligne dure, cet ancien n°2 de l’ex-guérilla a depuis disparu avec d’autres responsables Farc.

Le leader de l’ancienne rébellion et de l’actuel parti, Rodrigo Londoño, connu sous son ancien nom de guerre “Timochenko”, a depuis pris ses distances avec Ivan Marquez. Dans une lettre ouverte publiée le 23 mai, il lui a reproché d’avoir trahi les engagements pris de manière collective.

L’accord de paix, qui a permis le désarmement de quelque 7.000 guérilleros et est soutenu par l’ONU, prévoit des peines alternatives à la prison pour les auteurs de crimes graves, qu’ils soient membres de l’ex-guérilla ou des forces armées, à condition qu’ils avouent leurs crimes, dédommagent les victimes et s’engagent à ne pas récidiver.

Il les protège aussi d’une éventuelle extradition, mais seulement si les crimes ont été commis avant le 1er décembre 2016, date de l’entrée en vigueur de l’accord de paix.

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