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L'économie américaine fera les frais des taxes douanières sur les biens mexicains

L'économie américaine fera les frais des taxes douanières sur les biens mexicains
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Donald Trump a suscité vendredi une levée de boucliers après sa décision d’imposer des droits de douane sur tous les biens en provenance du Mexique, qui mettent en danger les économies américaine et mexicaine, intimement liées depuis un quart de siècle par un accord de libre-échange.

Donald Trump a annoncé jeudi soir l’imposition, à compter du 10 juin, “de tarifs douaniers de 5% sur tous les biens en provenance du Mexique” tant que les immigrés clandestins continuent d’affluer aux Etats-Unis en passant par la frontière avec le Mexique.

“Une nouvelle fois, le président sème le chaos à la frontière” entre les deux pays “au lieu de donner des solutions aux travailleurs et consommateurs américains”, a réagi la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi.

Elle a aussi dénoncé l’inconséquence de Donald Trump alors que Washington, Mexico et Ottawa ont lancé cette semaine le processus de ratification du nouvel accord de libre-échange nord-américain liant leurs trois pays (AEUMC).

L’onde de choc a été telle que la chambre de commerce des Etats-Unis envisage de porter l’affaire en justice pour empêcher le président républicain de passer à l’acte, selon plusieurs médias.

Une opposition qui se retrouve jusqu’au coeur de l’administration: le Wall Street Journal croit savoir que Robert Lighthizer, l’homme fort des négociations commerciales, était opposé au projet du président.

Un porte-parole de M. Lighthizer a toutefois déclaré à l’AFP que ce dernier “soutenait le président et ce qu’il fait”.

Actuellement, les biens échangés entre les deux pays ne sont pas frappés de droits de douane en vertu de l’accord de libre-échange nord-américain (Aléna), en vigueur depuis 1994.

Et ce dernier doit être remplacé par un accord modernisé, l’AEUMC (accord Etats-Unis, Mexique, Canada), signé le 30 novembre.

“Avec des importations de marchandises en provenance du Mexique ayant atteint 350 milliards de dollars l’an dernier et des exportations de biens vers le Mexique de 270 milliards de dollars, les échanges commerciaux entre les deux pays sont fortement intégrés”, résume Gregory Daco, économiste chez Oxford economics.

En outre, comme de nombreuses marchandises —à l’instar des pièces détachées automobiles— traversent la frontière plusieurs fois avant que le produit fini ne sorte d’usine, les tarifs douaniers représentent un risque important pour l’activité commerciale de part et d’autre de la frontière.

Et dans le scénario du pire, avec un taux de 25% de droits de douane sur toutes les importations en provenance du Mexique, Oxford Economics a calculé que la croissance du PIB américain serait amputée par au moins 0,7 point de pourcentage l’année prochaine, tombant à +1% ou moins tandis que le Mexique entrerait en récession.

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Les consommateurs américains, friands de nombreux fruits (tomates, fruits rouges) et légumes frais de saison (avocats) en provenance du Mexique devraient être en première ligne si les tarifs douaniers américains entraient effectivement en vigueur.

Car ce pays est la première source d’approvisionnement de produits agricoles importés aux Etats-Unis (2,7 millions de tonnes par an).

Et les importateurs vont devoir arbitrer la question d’imputer tout ou partie des droits de douane sur la nourriture car les marges de bénéfice dans le secteur sont faibles, explique Dave Salmonsen, spécialiste de la politique commerciale pour la principale fédération agricole, l’American Farm Bureau Federation.

Les bières et la tequila pourraient aussi voir leur prix grimper.

L’impact sur ce secteur crucial pour l‘économie américaine, déjà durement affecté par la guerre commerciale avec la Chine, dépendra des éventuelles représailles mexicaines alors que “cette année, le Mexique devient le deuxième marché le plus important (après le Canada) pour les exportations” du secteur devant la Chine, souligne M. Salmonsen.

Ces tarifs douaniers pourraient aussi avoir un effet dévastateur sur le secteur automobile, les constructeurs ayant des chaînes d’approvisionnement totalement intégrées sur tout le continent nord-américain.

Confiance –

Surtout, l’imposition de tarifs douaniers va détériorer la confiance des entreprises et des consommateurs, amplifiant encore leur impact direct.

Signe de l’inquiétude grandissante: Wall Street a lourdement chuté vendredi, signant au passage la première baisse mensuelle de l’année.

Attendu dès vendredi dans la capitale américaine, le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard doit, lui, rencontrer mercredi prochain le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, pour tenter de déminer le conflit.

Fidèle à son argumentaire habituel, Donald Trump a suggéré vendredi aux entreprises de quitter le Mexique et de revenir aux Etats-Unis si elles veulent éviter de payer des droits de douane.

Selon le président américain, les délocalisations vers le Mexique “ont supprimé 30%” de l’industrie automobile américaine.

Il a en outre rappelé le but de ces tarifs douaniers: arrêter les cartels de la drogue et les immigrés clandestins.

Son conseiller économique Peter Navarro a, lui, balayé d’un revers de la main l’idée que les consommateurs américains seront affectés par cette mesure, en dépit des études le démontrant.

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