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NBA: Pascal Siakam, au nom du père

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Sa démonstration dans le premier match de la finale 2019 contre Golden State jeudi lui vaut d‘être comparé à des légendes de la NBA, mais Pascal Siakam n’a qu’un héros, son père, qui ne l’a jamais vu atteindre son rêve.

Avec 32 points et un impressionnant 14 sur 17 au tir lors de la victoire de Toronto (118-109), l’ailier camerounais des Raptors a rejoint dans un club très fermé Shaquille O’Neal, Michael Jordan ou encore Kareem Abdul-Jabbar.

Il est seulement le septième joueur de l’histoire à marquer plus de 30 points avec une réussite au tir supérieure à 80% dans un match d’une finale NBA.

Durant ce match N.1 où il a écœuré les Warriors, doubles champions NBA en titre et grands favoris à leur propre succession, Siakam a réussi onze tirs consécutifs.

Du jamais-vu à ce stade de la compétition lors des vingt dernières saisons: le “record” était jusque-là de huit paniers consécutifs, codétenu entre autres par LeBron James et Kobe Bryant.

A 25 ans, Siakam, premier Camerounais à participer à une finale NBA, a fait une entrée fracassante dans la cour des grands, mais il n’en tire aucune fierté personnelle.

Il s’est empressé de dédier son match exceptionnel à l’Afrique et surtout à son père, décédé brutalement en 2014 des suites d’un accident de la route au Cameroun.

“Tous les jours, je me demande ce que dirait mon père s’il voyait ce que j’ai accompli. Les gens me disent tout le temps qu’il serait fier de moi, mais j’aurais aimé l’entendre de sa bouche”, a-t-il expliqué.

- “Plus grand que le basket” /p>

“Pour moi, comme je le dis souvent, ce que je vis dépasse le cadre du basket. Chaque soir de match, j’ai un objectif plus important et je joue pour quelque chose de plus grand que le basket”, a poursuivi le natif de Douala.

Son parcours et son ambition sont à l’image de son talent: extraordinaires.

Élevé dans une famille catholique pratiquante, il a connu les rigueurs du séminaire, où il a passé à contrecœur une partie de son adolescence.

Il se passionnait alors pour le football, au plus grand désarroi de son père Tchamo, passionné de basket qui a transmis le virus aux trois frères aînés de Pascal.

Mais le cadet finit par se mettre au basket. Il est aussitôt reperé lors d’un stage organisé en 2011 au Cameroun par son compatriote Luc Mbah a Moute, qui joue en NBA depuis 2008.

Il quitte le Cameroun en 2013, d’abord pour un lycée du Texas, avant d’intégrer l’université du Nouveau-Mexique.

C’est là qu’il apprend le décès de son père et qu’il doit renoncer à rentrer au Cameroun pour assister aux obsèques, “la décision la plus dure de (sa) vie”, a-t-il avoué depuis.

Drafté en 2016 par Toronto, il a d’abord dû faire ses preuves en G-League, le championnat des équipes réserves des franchises NBA, avant de grappiller du temps de jeu la saison dernière et d’exploser cette saison.

“Je continue d’apprendre” –

“C’est simplement dû au fait que je joue plus souvent et plus longtemps. Comme j’ai commencé à jouer au basket tard, il y a encore plein de choses que je continue d’apprendre”, a-t-il expliqué la veille du premier match de la finale.

Le président de Toronto Masai Ujiri, qui a grandi au Nigeria et rencontré Siakam, encore adolescent, lors d’un stage en Afrique du Sud, lui prédit un avenir brillant.

“C’est quelqu’un d’incroyable (…) Il ne veut pas être un de ces joueurs africains qui sont présentés uniquement comme des contreurs, des défenseurs ou des rebondeurs. Il veut être une star et un joueur capable de jouer dans tous les registres, et il fait tout ce qu’il faut pour”, a souligné Ujiri.

De l’avis général, Siakam est déjà assuré de remporter le trophée de “joueur ayant le plus progressé”.

Une distinction qu’il pourrait très bien éclipser avec le titre de meilleur joueur de la finale 2019 si Toronto met fin au règne de Golden State.

Il faut aux Raptors et à Siakam encore trois victoires, à commencer par dimanche à domicile, pour se rapprocher de cet autre rêve.

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