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Mondial-2019: Jill Ellis, l'architecte du "soccer" qui gagne

La sélectionneuse des Etats-Unis, Jill Ellis, en conférence de presse à New York, le 24 mai 2019
La sélectionneuse des Etats-Unis, Jill Ellis, en conférence de presse à New York, le 24 mai 2019 -
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Mike Lawrie
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Communication minimale, efficacité maximale: depuis que Jill Ellis a pris les commandes de la sélection américaine en mai 2014, “Team USA” est redevenue l’ogre du football féminin mondial, favori à sa propre succession au Mondial en France.

“Mon boulot, c’est de créer un environnement où mes joueuses peuvent potentiellement souffrir, voire échouer, afin de les forcer à puiser au plus profond d’elles”, expliquait Ellis, en mai à Los Angeles, avant un match amical contre la Belgique.

C’est toute la sélectionneuse américaine qui est résumée dans cette phrase: exigeante, implacable, cassante même parfois, au point que certaines de ses cadres s‘étaient plaintes en 2017 auprès du président de la Fédération américaine de football.

Avant d’aborder sa deuxième phase finale de Coupe du monde comme sélectionneuse de l‘équipe-référence du football féminin, Ellis, 52 ans, a été fidèle à sa philosophie.

Elle a ainsi concocté un programme roboratif de dix matches de préparation.

Et pour commencer l’année, un déplacement en France, l’une des rares équipes à ne faire aucun complexe face aux championnes du monde en titre, qui affiche un bilan de deux victoires, dont l’une (3-1) le 19 janvier au Havre, et un nul, sur leurs trois derniers duels.

- “Sur le fil du rasoir” /p>

“L’idée d’aller en France en début d’année alors que notre championnat n’avait pas débuté, était de voir comme elles allaient réagir. Notre objectif, c’est qu’elles soient chaque jour en difficulté mentalement et physiquement, c’est qu’elles soient constamment sur le fil du rasoir”, explique-t-elle.

Ce pur produit du “soccer” américain, née en Grande-Bretagne, a vite mis fin à sa carrière de joueuse après ses années lycée en Virginie. Elle fait ses classes d’entraîneure dans plusieurs universités, viviers du football féminin aux Etats-Unis.

Son impressionnant palmarès dans les rangs universitaires (248 victoires, 63 défaites et 14 nuls) et son style de jeu offensif lui valent de diriger parallèlement les sélections américaines des moins de 20 et 21 ans.

Elle est aussi l’une des adjointes de la Suédoise Pia Sundhage entre 2008 et 2012 lorsque “Team USA” remporte les titres olympiques à Pékin et Londres.

Quand Sundhage quitte son poste, elle lui succède, en intérim, et la Fédération américaine lui préfère finalement à la surprise générale l’Ecossais Tom Sermanni.

Electrochoc après Rio –

La sélection américaine finit 7e de l’Algarve Cup 2014, son pire résultat dans l’un des tournois les plus importants du foot féminin, et les dirigeants américains perdent patience, limogent Sermanni, font appel à Ellis d’abord à titre provisoire, avant de lui donner les pleins pouvoirs.

Depuis, elle dirige “Team USA” d’une main de fer, avec des résultats probants, comme cette Coupe du monde 2015 survolée dans le sillage de Carli Lloyd.

Mais elle a aussi connu un échec cinglant lors des JO-2016 de Rio avec une élimination en quarts de finale (5e) après trois titres olympiques consécutifs.

Cet affront lui a servi d‘électrochoc: elle a mis fin à l‘ère Hope Solo, emblématique gardienne de but (202 sélections) devenue incontrôlable hors des terrains.

Depuis, à part Carli Lloyd, Megan Rapinoe et Alex Morgan, plus aucune joueuse n’est indéboulonnable.

“Souvent, je me dis Le football est quand même fou. Mais je sais pourquoi j’entraîne: c’est à cause de l’inconnu, je suis accro à ce sentiment”, explique-t-elle.

“Tu as beau avoir bien préparé ton match, quand tu es sur le bord du terrain, tu ne sais jamais comment cela va dérouler, tu espères juste que tu peux avoir une influence”.

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