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Irak: procès des deux derniers Français transférés de Syrie pour appartenance à l'EI

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Les Français Bilel Kabaoui, 32 ans, et Mourad Delhomme, 41 ans, présenté par le renseignement comme un “vétéran du jihad”, comparaissent lundi devant le tribunal antiterroriste de Bagdad, qui a déjà condamné à mort neuf de leurs compatriotes, a constaté une journaliste de l’AFP.

Les deux hommes, transférés de Syrie fin janvier et présentés lundi à la cour dans l’uniforme jaune des prisonniers, encourent eux aussi la peine capitale pour appartenance au groupe Etat islamique (EI).

Mourad Delhomme, Français né en Algérie en 1978, a exercé, selon le Centre d’analyse du terrorisme (CAT) basé à Paris, les fonctions de juge au sein des très redoutés tribunaux de l’EI, qui ordonnaient régulièrement châtiments corporels et exécutions sommaires.

Bilel Kabaoui, originaire de région parisienne, a rejoint le territoire de l’EI durant l‘été 2014, de même source.

En tout, 12 hommes transférés ensemble fin janvier de la Syrie vers l’Irak sont jugés à Bagdad depuis dimanche dernier. Neuf Français et un Tunisien —un temps présenté comme Français— ont déjà été condamnés à mort.

Ils sont jugés en Irak car les autorités kurdes de Syrie qui les détenaient ne représentent pas un Etat et Paris n’entretient pas de relations diplomatiques avec le régime de Damas.

La loi irakienne prévoit jusqu‘à la peine de mort pour quiconque est reconnu coupable d’appartenance à une organisation “terroriste” —que l’accusé ait ou non combattu.

Cette semaine de procès a relancé le débat sur ces étrangers de l’EI dont le retour au pays suscite un vif rejet dans les opinions publiques européennes.

La France se trouve devant un paradoxe: elle ne veut pas juger ses ressortissants mais elle opposée par principe à la peine de mort. Paris dit donc intervenir “au plus haut niveau” pour éviter qu’ils ne soient pendus —sans toutefois contester l’“équité” des procès.

Selon Human Rights Watch (HRW) toutefois, les procès irakiens présentent de “graves lacunes”, et ont donné lieu à des actes de “torture”.

Cette ONG des droits humains a exhorté Paris à ne pas “sous-traiter la gestion” de ses ressortissants alors qu’elle a fermement exclu leur rapatriement et leur jugement sur son sol, réclamé par les avocats des familles qui dénoncent une justice “expéditive” en Irak.

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