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Athènes et Berlin croisent le fer sur les réparations de guerre

Athènes et Berlin croisent le fer sur les réparations de guerre
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La question des réparations pour la Seconde Guerre mondiale est “close”, a réaffirmé mercredi l’Allemagne, rejetant de facto une demande grecque d’ouvrir des négociations sur ce sujet sensible portant potentiellement sur des centaines de milliards d’euros.

La demande a été formulée dans une note verbale par l’ambassadeur grec en Allemagne, à un peu plus d’un mois d‘élections législatives anticipées en Grèce convoquées après l‘échec cuisant aux élections européennes de la gauche au pouvoir.

Dans ce message diplomatique, le gouvernement d’Alexis Tsipras appelle “la partie allemande à entamer des négociations en vue de résoudre la question en suspens des réparations et des compensations de guerre que la Grèce revendique”.

La réplique allemande ne s’est pas faite attendre, en pleine commémoration du Débarquement allié il y a 75 ans.

“Je le répète volontiers. Plus de 70 ans après la fin de la guerre (…), la question des réparations est close juridiquement et politiquement”, a asséné Rainer Breul, un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères.

- Montant faramineux /p>

L’Allemagne, super-puissance économique en Europe, estime ne pas devoir un centime à la Grèce et juge cette question d‘éventuelles réparations réglée depuis 1960, dans le cadre d’un accord avec plusieurs gouvernements européens.

Un autre traité, dit “2 plus 4”, signé en 1990 entre les deux Allemagne et les Alliés, qui renonçaient alors à leurs droits sur les vaincus de 1945, a définitivement clos le sujet pour Berlin. D’autant que le traité avait alors été approuvé par la Grèce.

Le montant des réparations demandées par la Grèce s’annonce faramineux.

En 2018, une commission parlementaire grecque a évalué à 270 milliards d’euros les réparations que devrait payer l’Allemagne à la Grèce, aussi bien pour les dommages et pillages commis durant la Grande guerre que pour les atrocités endurées pendant l’occupation nazie (1941-1944), mais aussi pour un emprunt forcé à la Grèce contracté en 1942.

Des demandes de réparations privées pourraient même porter la facture revendiquée par Athènes à 377 milliards d’euros, relève mercredi le quotidien populaire Bild.

En avril 2019, le Parlement grec avait voté, à une large majorité, une résolution demandant au gouvernement d’Athènes d’agir en ce sens.

Ce vieux débat en Grèce est revenu sur le devant de la scène pendant la crise de la dette (2010-2018), durant laquelle l’Allemagne a été tenue pour responsable des strictes politiques d’austérité imposées à la Grèce en échange de prêts internationaux pour éviter la faillite.

Et Alexis Tsipras a fait de cette question des réparations de guerre une promesse électorale dès 2015.

A peine nommé Premier ministre, il était allé déposer un bouquet de roses rouges au mémorial des fusillés de Kesariani, près d’Athènes, haut-lieu de la gauche grecque, où 200 communistes ont été exécutés par les nazis en 1944.

Sanglante occupation –

La portée de ce dossier est aussi symbolique car il renvoie l’Allemagne à la page la plus sombre de son histoire.

Lors d’une visite à Athènes en janvier, la chancelière allemande Angela Merkel s‘était dite “consciente” de la “responsabilité historique” de l’Allemagne pour “la souffrance infligée à la Grèce” pendant la période nazie.

A partir de 1941, l’occupation nazie de la Grèce a été parmi les plus sanglantes en Europe. Face à un peuple qui résiste farouchement, les troupes d’Hitler incendient, pillent, fusillent.

Les nazis saignent la Grèce à blanc. Le IIIe Reich impose ainsi un prêt forcé de 476 millions de Reichsmarks à la Banque centrale de Grèce, jamais remboursé.

Au lendemain de la capitulation allemande, les Américains ont pour priorité de faire barrage aux communistes. Les Grecs, en pleine guerre civile et qui bénéficient du plan Marshall, sont priés d’oublier leurs revendications jusqu‘à la signature d’un traité de paix.

L’Allemagne se reconstruit sans réellement indemniser ses anciens ennemis ce qui “a évidemment contribué massivement au miracle économique allemand” d’après-guerre, relevait en 2015 une note d’analyse de Rabobank.

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