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Supportrices et supporters de foot féminin: si différents ?

Supportrices et supporters de foot féminin: si différents ?
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“J’ai laissé tomber le foot masculin quand ils ont balancé une canette sur Papin”: aujourd’hui, Sylvie Nuzière ne jure que par le foot féminin. Elle appartient à cette communauté de quelques centaines de supporters purs et durs de ce sport en France.

Ce jour-là, chapeau à paillettes rouge vissé sur la tête, la supportrice assiste à un entraînement des joueuses de l’Olympique lyonnais, club féminin le plus titré en Europe.

La gardienne, Sarah Bouhaddi, lui rend discrètement une boîte de gâteaux. “Je leur avais préparé des bugnes mais avec peu de sucre et dans la végétaline”, s’empresse-t-elle d’ajouter.

Ce qu’elle apprécie avec les footballeuses, c’est leur accessibilité, le respect, l’ambiance familiale, réconfortante.

Elle appartient au principal groupe de supportrices et supporters des Bleues, France Ang’Elles, une émanation d’OL Ang’Elles.

Un groupe de 180 membres à parité parfaite et avec des règles bien précises: “Quand il y a une blessée, peu importe le camp, on arrête de chanter”; “On ne siffle pas, même l’arbitre, et parfois, Dieu que c’est difficile !”; “On n’insulte pas”, énumère Willy Pasche, pimpant retraité de 65 ans.

Une ambiance bisounours qui n’empêche pas une grande liberté de ton. Les arbitres, elles “ne courent pas assez vite”; la sélectionneuse Corinne Diacre, “elle n’y connaît rien” et “on déteste quand on parle mal de nos gardiennes”, que certains jugent le maillon faible de la discipline.

Même si les mauvaises langues disent qu’ils ne chantent pas assez fort, qu’un stade doit trembler, les fans de foot féminin redorent l’image du supporter en organisant systématiquement une 3e mi-temps festive… avec les supporters d’en face.

“Je ne veux surtout pas qu’on tombe dans les dérives du foot masculin, ni en matière d’ambiance dans les stades ni en matière de mentalités”, explique Isabelle Bernard, fondatrice d’OL Ang’Elles dès 2011.

- Les ultras y prennent goût /p>

Mais pour Fabien Bonnel, responsable de l’autre groupe de supporters des Bleues, “Irrésistibles Français”, il ne faut pas céder au “cliché du méchant supporter” masculin.

Et pour cause, son association (1.500 adhérents dont 20% de filles) soutient aussi bien les garçons que les filles de la sélection nationale.

S’il reconnaît que seule une minorité de son groupe se mobilise pour l’instant pour le Mondial à venir, il compte bien appliquer au foot féminin les mêmes règles que chez les garçons.

“Quand il ne se passe rien sur le terrain, c’est le moment d’animer en tribune”, explique-t-il.

Mais même le foot féminin peut être contaminé par les insultes, notamment depuis l’arrivée des ultras du PSG dans les stades.

Certains, interdits de Parc des Princes après la mort d’un supporter en 2010, se sont rabattus sur l‘équipe féminine. “Ils découvrent alors qu’il y a beaucoup moins de contraintes de sécurité et des joueuses qui sont beaucoup plus reconnaissantes que les garçons”, avance Nicolas Hourcade, sociologue à l’École centrale de Lyon, spécialiste du supportérisme.

Alors ils ont continué à les suivre et peuvent être 2 à 3.000 sur les gros matches. Néanmoins, pour le sociologue, il n’y a pas de risque que le public du foot féminin se radicalise.

Enjeu économique –

Le contexte parisien est unique et plus généralement les supporters des clubs de foot masculins forment un public moins familial que dans le foot féminin, qui se rapproche du basket ou du handball, poursuit Nicolas Hourcade.

L’enjeu désormais est d’aller plus loin car “l‘économie naissante de ce sport n’est pas basée sur les transferts mais sur de la visibilité”, insiste Philippe Veber, conseil de Wendie Renard, l’emblématique capitaine de l’OL.

En France, les stades commencent à se remplir mais on est loin des jauges de l’Allemagne, des Etats-Unis ou même de l’Espagne. Le record français n’est qu‘à 26.000 spectateurs. C‘était lors du choc OL-PSG en avril dans un stade lyonnais à moitié vide.

D’ailleurs pour la finale du Mondial à Lyon le 7 juillet, on verra surtout des Américains, qui ont raflé à eux seuls 30% des billets proposés.

A domicile, les Bleues ont donc une pression supplémentaire: susciter l’adhésion populaire. Et il n’y a qu’une façon d’y parvenir: gagner.

“L’enjeu pour le football féminin et son équilibre économique serait que les Bleues arrivent en demi-finale”, confirme Jean-Michel Aulas, président de l’OL. Ajoutant: “Elles en ont la capacité”.

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