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Moldavie : le Parlement dissous, convocation de législatives anticipées

Une femme marche au pied d'un drapeau moldave à Chisinau, le 8 octobre 2013
Une femme marche au pied d'un drapeau moldave à Chisinau, le 8 octobre 2013 -
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Daniel MIHAILESCU
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Le président prorusse de Moldavie a été démis de ses fonctions dimanche et remplacé par son Premier ministre, un adversaire politique qui a immédiatement dissous le Parlement et convoqué des législatives anticipées, plongeant un peu plus ce pays dans la crise.

En une matinée, cette ex-république soviétique a connu dimanche un de ces bouleversements politiques dont elle est coutumière, point d’orgue d’une crise ayant commencé avec les législatives de février, à l’issue desquelles aucune majorité claire n’avait émergé.

Après des mois de négociations pour former un gouvernement, le Parti socialiste du président prorusse Igor Dodon avait conclu samedi un accord de coalition inédit avec l’alliance pro-européenne ACUM de Maïa Sandu.

L’objectif de cette alliance était clair : écarter du pouvoir le Parti démocrate présidé par l’oligarque controversé Vlad Plahotniuc, accusé dans une déclaration d‘être responsable de “tous les maux” que connaît la Moldavie et soupçonné de tirer les ficelles de la politique moldave depuis des années.

Problème, la Cour constitutionnelle avait demandé vendredi la dissolution du Parlement et l’organisation de nouvelles élections, en raison de l’impossibilité de former un gouvernement dans les trois mois ayant suivi le scrutin.

Igor Dodon ayant refusé de signer le décret de dissolution du Parlement, la Cour constitutionnelle a donc décidé dimanche matin de suspendre M. Dodon de ses fonctions.

C’est le Premier ministre Pavel Filip, membre du Parti démocrate, qui est devenu président en exercice. Il a aussitôt dissous le Parlement et convoqué des législatives anticipées pour le 6 septembre.

Depuis 2016, le président moldave est élu au suffrage universel mais on ignorait dimanche si Pavel Filip allait convoquer une nouvelle élection présidentielle.

Aux dernières législatives, le Parti démocrate n‘était pourtant arrivé que 3e derrière le Parti socialiste et l’alliance ACUM. A la faveur des votes locaux, il a toutefois pu former le deuxième groupe parlementaire avec 30 députés, le Parti socialiste en comptant 35 et l’alliance ACUM 26.

- “Pas désespéré” –

Sur sa page Facebook, Igor Dodon a dénoncé un “pas désespéré” et une tentative de “prendre le pouvoir” de Vlad Plahotniuc. Il a aussi évoqué l’idée d’organiser des “manifestations pacifiques” contre le Parti démocrate.

Le gouvernement qu’il avait formé samedi est soutenu par “une majorité écrasante de citoyens”, a-t-il ajouté, demandant à la communauté internationale d’intervenir en faveur d’une “passation pacifique du pouvoir” entre le Parti démocrate et la coalition qu’il a formé.

Vlad Plahotniuc avait lui crié au “coup d’Etat” après la formation de la coalition, samedi. Dimanche, des milliers de ses supporters ont manifesté dans le centre de la capitale, Chisinau. Des cars avaient été affrétés par le Parti démocrate pour transporter les manifestants et une présence policière massive était visible.

“Nous irons aux élections le 6 septembre et nous comptons sur la confiance du public”, a déclaré au cours de cette manifestation Vlad Plahotniuc, ajoutant qu’Igor Dodon n‘était, selon lui, “pas digne d’occuper le poste de président”.

La cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a déclaré dans un communiqué que l’UE avait pris “bonne note des décisions prises (samedi) par le Parlement de la République de Moldavie”, se disant prête à “travailler avec le gouvernement démocratiquement légitime” et appelant toutes les parties “au calme et à la retenue” après les évènements d’aujourd’hui.

Les Etats-Unis ont appelé “toutes les parties moldaves à faire preuve de retenue et à se mettre d’accord sur le chemin à suivre par la voie du dialogue politique”.

Le président de la Roumanie voisine, Klaus Iohannis, a, lui, appelé à un “dialogue responsable entre toutes les forces politiques”.

La Moldavie, un petit pays de 3,3 millions d’habitants coincé entre l’Ukraine et la Roumanie, connaît des crises politiques à répétition.

Elu président en décembre 2016, Igor Dodon n’a ainsi jamais pu compter sur un gouvernement qui lui était fidèle et avait déjà été suspendu plusieurs fois par la Cour constitutionnelle pour avoir refusé de promulguer des lois votées par le Parlement.

Le pays est aussi en proie à des scandales politico-financiers, à l’image de la découverte en 2016 de la “disparition” de près d’un milliard de dollars, soit près de 15% du PIB moldave, des caisses de trois banques.

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