Audience en février 2020 sur la demande d'extradition d'Assange vers les USA

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L’audience pour statuer sur la demande d’extradition du fondateur de WikiLeaks Julian Assange vers les Etats-Unis, qui l’accusent d’espionnage, aura lieu fin février, a décidé vendredi un juge du tribunal londonien de Westminster.

“Une audience de cinq jours aura lieu en février, probablement à partir du 24 février”, a précisé un porte-parole du parquet.

Réfugié pendant près de sept ans à l’ambassade d’Equateur à Londres où il bénéficiait de l’asile politique, Julian Assange en a été extrait le 11 avril par la police britannique avec l’aval de ce pays sud-américain. Il a été immédiatement placé en détention puis condamné à une peine de 50 semaines de prison le 1er mai pour violation des conditions de sa liberté provisoire.

Vendredi, l’Australien de 47 ans a comparu de la prison de haute sécurité de Belmarsh (sud-est de Londres) par visioconférence et dit craindre de passer le restant de ses jours en prison s’il était extradé vers les Etats-Unis.

“175 ans de ma vie sont en jeu”, a-t-il déclaré, faisant allusion au cumul des peines encourues pour les 18 chefs d’inculpation qui le visent et dont il a dénoncé la nature en soulignant que WikiLeaks n‘était “rien d’autre qu’un éditeur”.

Julian Assange “est soumis à une énorme pression, confronté à une affaire complexe et d‘énorme envergure”, après avoir “déjà souffert de son confinement continu dans l’ambassade et maintenant en prison”, a dit vendredi à l’AFP son avocate Jennifer Robinson.

Le fondateur de Wikileaks est actuellement en unité de soins dans la prison de Belmarsh, “où il n’a pas accès à un ordinateur”. Dans ces conditions, “il a été difficile d’avoir accès à lui”, a regretté l’avocate.

“C’est difficile de préparer le dossier”, a-t-elle insisté.

“Je suis inquiet pour mon ami car il ne va pas bien”, a aussi dit à l’AFP le réalisateur australien John Pilger, qui a assisté à l’audience. “Je l’ai vu en prison, il a perdu énormément de poids, il vomissait”. “C’est un homme qui n’a pas vu la lumière naturelle pendant près de sept ans”, s’est-il encore insurgé, tandis qu’une cinquantaine de personnes manifestaient devant le tribunal pour exiger sa libération.

- “Un grand nombre d’objections” –

Les Etats-Unis reprochent à Julian Assange d’avoir mis en danger certaines de leurs sources au moment de la diffusion en 2010 par WikiLeaks de 250.000 câbles diplomatiques et d’environ 500.000 documents confidentiels portant sur les activités de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan.

Ils l’accusent également d’avoir “comploté” avec Chelsea Manning, à l’origine de cette fuite sans précédent.

Julian Assange est soupçonné d’avoir “aidé” et “incité” cette ex-analyste militaire “à obtenir des informations confidentielles en sachant qu’elles pouvaient être utilisées au détriment des Etats-Unis et à l’avantage d’une nation étrangère”, a déclaré fin mai le ministère américain de la Justice, révélant dix-sept nouveaux chefs d’inculpation.

Chelsea Manning, qui a déjà passé sept ans derrière les barreaux, est en prison depuis mi-mai, après avoir refusé de témoigner contre Julian Assange. Elle avait été emprisonnée une première fois début mars pour “entrave à la bonne marche de la justice” avant d‘être libérée deux mois plus tard parce que le mandat du grand jury qui souhaitait l’entendre arrivait à son terme. Le mandat du nouveau grand jury constitué pourrait durer jusqu‘à un an et demi.

Jennifer Robinson a déclaré que face à des “accusations incroyablement graves”, la défense “compte soulever un grand nombre d’objections” en février contre ce qui constitue “une attaque directe contre la liberté d’expression et le journalisme”.

“Bien sûr, une très grosse bataille nous attend”, a reconnu l’avocate.

Amnesty International plaide de son côté pour que les autorités britanniques n’accèdent pas à la demande américaine car Julian Assange “court un risque réel et grave d’atteintes à ses droits s’il y est envoyé”.

C’est officiellement pour éviter l’extradition aux Etats-Unis que l’Australien s‘était réfugié en 2012 à l’ambassade d’Equateur à Londres, se soustrayant ainsi à une demande d’arrestation de la justice suédoise qui le recherchait pour viol et autre agression sexuelle présumés de deux Suédoises en août 2010.

L’affaire de l’agression sexuelle a été prescrite en 2015. Les poursuites pour viol ont été abandonnées en 2017, faute de pouvoir l’entendre dans ce dossier, mais à la suite de sa récente arrestation, l’enquête a été rouverte mi-mai.

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