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Copa América: les tribunes sonnent creux dans un Brésil désabusé

Les tribunes très clairsemées du stade Mineirao de Belo Horizonte (Brésil) lors du match entre l'Uruguay et l'Equateur le 16 juin 2019
Les tribunes très clairsemées du stade Mineirao de Belo Horizonte (Brésil) lors du match entre l'Uruguay et l'Equateur le 16 juin 2019 -
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DOUGLAS MAGNO
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Ceux qui pensaient qu’une Copa América au Brésil serait synonyme de grande fête populaire au pays du football en ont eu pour leurs frais. Tribunes à moitié vides, prix des places exorbitants, pas d’ambiance dans les stades: le tournoi est un vrai flop en termes de public.

La Seleçao elle-même n’a pas joué à guichets fermés, loin d’en faut. À peine plus de 47.000 spectateurs étaient présents vendredi soir lors du match d’ouverture contre la Bolivie (3-0) au Morumbi, qui comporte 65.000 places.

Prix moyen du billet: près de 500 réais (environ 115 euros), la moitié du salaire minimum brésilien.

La Conmebol a tenté de se justifier lundi en conférence, expliquant que des billets VIP à plus de 2.000 réais pièce avaient fait gonfler la moyenne, le prix moyen des tickets “normaux” s‘élevant à 368 réais. Un montant qui reste exorbitant dans un pays qui compte plus de 13 millions de chômeurs.

L’enthousiasme a certainement aussi été douché par les résultats récents de la Seleçao, qui ne remporte pas le titre continental depuis 2007 et a été humiliée 7-1 par l’Allemagne lors du dernier tournoi organisé à domicile.

Le stade a beau avoir sonné creux, le record absolu de recette pour une rencontre disputée au Brésil: 22,47 millions de réais (environ 5 millions d’euros).

L’argent coule à flots, mais l’ambiance en prend un coup. Accueil très frileux de supporters élitistes, huées à la mi-temps, quand le Brésil n’avait pas encore trouvé l’ouverture face à une faible équipe bolivienne.

“Nous ne nous sommes pas sentis à la maison”, a déploré le capitaine brésilien Dani Alves en conférence de presse.

Pour le consultant en marketing sportif Erich Beting, “les organisateurs auraient dû être plus flexibles et baisser rapidement les prix quand ils se sont rendus compte que la demande ne suivait pas”.

- Trop de Copas –

Pour les autres matches, les stades sonnaient encore plus creux. Le premier tour de la phase de groupes s’est achevée lundi soir, avec un taux de remplissage de 36% et affluence moyenne de 25.300 spectateurs, dans des stades qui comportent de 49.000 à 78.000 places.

Même un alléchant Colombie-Argentine (2-0) avec la superstar Lionel Messi sur le terrain, n’est pas parvenu à attirer les foules: à peine plus de 35.000 spectateurs dans une Arena Fonte Nova remplie à tout juste 70%, samedi à Salvador.

Et que dire du mythique Maracana, à Rio de Janeiro, qui a reçu moins de 20.000 spectateurs pour Paraguay-Qatar (2-2) alors que le stade peut en accueillir près de quatre fois plus.

Au-delà du prix des billets pour un peuple brésilien au pouvoir d’achat plombé par une économie au ralenti, la faible attractivité d’un tournoi trop récurent a ne stimule guère les visiteurs étrangers.

Cette 46e édition de la Copa América est la troisième en cinq ans (celle de 2015 au Chili a été suivie par celle du centenaire aux Etats-Unis l’année suivante). Et la 47e est déjà prévue pour l’an prochain, en Argentine et en Colombie, pour calquer le calendrier sur celui de l’Euro.

“Avant, la Copa América était en événement extraordinaire, un peu comme une Coupe du Monde, mais en Amérique du Sud. Maintenant, il n’y a plus vraiment de nouveauté”, affirme Carolina Jaramillo, spécialiste colombienne en marketing sportif et fondatrice du réseau social “P4B, passion pour le ballon”.

“Beaucoup de supporters ont dû se dire: pourquoi me déplacer au Brésil alors que dans l’an prochain il y aura une Copa América plus près de chez moi?”, ajoute-t-elle.

C’est justement pour attirer plus de supporters que la Conmebol va inaugurer un nouveau format lors de la prochaine édition, avec les équipes réparties par zones, jouant la première phase en Argentine ou en Colombie selon leur proximité géographique.

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