DERNIERE MINUTE

"Top job" à Bruxelles: la droite à la manoeuvre pour sauver son champion allemand

"Top job" à Bruxelles: la droite à la manoeuvre pour sauver son champion allemand
Euronews logo
Taille du texte Aa Aa

La droite européenne était mercredi à la manoeuvre pour sauver son candidat à la présidence de la Commission, l’Allemand Manfred Weber, sur fond de dissension entre Paris et Berlin.

Le président français Emmanuel Macron a dit vendredi dernier haut et fort qu’il n’en voulait pas mais le Bavarois, membre de la CSU, parti-frère de la CDU de la chancelière allemande Angela Merkel ne s’avoue pas vaincu.

Une rencontre est d’ailleurs prévue mercredi soir à Berlin entre M. Weber, Mme Merkel, Annegret Kramp-Karrenbauer, surnommée AKK et présidente de la CDU, et Joseph Daul, président du Parti populaire européen (PPE).

Objectif: élaborer un plan avant le Sommet des dirigeants européens de dimanche à Bruxelles —le troisième en un mois— destiné à s’entendre sur un nom pour la présidence de la Commission et plus largement sur toute une série de postes clés des institutions européennes.

Selon une source proche, AKK est toujours derrière M. Weber, alors que Mme Merkel, qui l’a toujours soutenu du bout des lèvres, est moins convaincue.

Devant le Bundestag, la chambre basse du parlement allemand, mercredi, la chancelière s’est d’ailleurs montrée ouverte à un compromis avec les autres dirigeants européens.

“Ne peut être candidat à la présidence de la Commission que celui qui a été présenté (au Parlement européen, ndlr) par le Conseil européen, et cela ne dépend pas de moi seule (…) Je souhaite que cela se fasse en accord avec le principe du Spitzenkandidat, mais je ne peux pas dire aujourd’hui que ce sera le cas”, a dit la chancelière allemande devant les députés.

Le système dit du “Spitzenkandidat” veut que les principales familles politiques de l’UE choisissent leur candidat pour la présidence de la Commission européenne.

Arrivée en tête du scrutin du 26 mai dernier, la droite européenne (PPE) réclame pour son champion le poste, tandis que les sociaux-démocrates européens, qui sont en Allemagne partenaires de coalition de Mme Merkel, veulent toujours pousser le leur: le Néerlandais Frans Timmermans.

Mais M. Macron a clairement enterré ce système de désignation vendredi dernier lors du Sommet de l’UE à Bruxelles, mettant en rage M. Weber.

Dans une tribune parue mercredi dans le quotidien conservateur allemand Die Welt, ce dernier a d’ailleurs lancé une attaque à peine voilée à l’attention du président français.

- Transparence –

“Le principe des Spitzenkandidaten est soi-disant enterré”, s’est emporté M. Weber. “Pour l’instant, ceux qui ont une approche destructive et qui veulent empêcher quelque chose triomphent”.

L’Allemand de 46 ans, qui brigue toujours la succession du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, estime qu‘écarter ce système mis en place pour la première fois en 2014 est un pas en arrière pour la démocratie en Europe.

Selon lui, “la transparence et la démocratie seraient mises en veilleuse et l’UE est en bonne voie pour revenir à la prise de décision en coulisse”.

M. Weber, chef du PPE au Parlement européen, se pose ainsi en grand défenseur de cette assemblée face au Conseil, qui réunit les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE.

Avant 2014 en effet, c‘étaient les dirigeants de l’Union qui décidaient, plus ou moins en secret, du nom du président de la Commission.

Le Sommet du G20 d’Osaka, au Japon, qui a lieu de jeudi à dimanche, devrait être l’occasion pour les principaux dirigeants de l’UE d‘évaluer différentes options pour les postes clés des institutions européennes.

Outre la présidence de la Commission, sont aussi à attribuer, en préservant un certain équilibre politique et géographique: la présidence du Conseil européen (le cénacle des dirigeants de l’UE), celui du chef de la diplomatie européenne, la présidence de la BCE et la présidence du Parlement européen. Ce dernier est d’ailleurs à pourvoir dès la semaine prochaine, lors de la session de Strasbourg du 1er au 4 juillet.

Signe des tensions persistantes entre toutes les parties et de l’incertitude qui règne, l‘élection du président du Parlement européen, initialement prévue pour le 2 juillet, a été reportée au lendemain.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2019 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2019 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.
Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.