Trump attaque ses partenaires et plante le décor d'un G20 tourmenté

Le président américain Donald Trump (c) arrive à l'aéroport international d'Osaka, le 27 juin 2019, avant un sommet du G20
Le président américain Donald Trump (c) arrive à l'aéroport international d'Osaka, le 27 juin 2019, avant un sommet du G20 -
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Brendan Smialowski
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Voilà qui s’appelle planter le décor: avant même le début du G20, Donald Trump s’en est pris aux interlocuteurs, adversaires comme alliés, qu’il retrouve au Japon pour un sommet promettant d‘être particulièrement tourmenté.

Air Force One a posé jeudi ses roues à Osaka, vaste cité portuaire où se tient vendredi et samedi la réunion des dirigeants des vingt premières puissances du monde, peut-être la plus cruciale depuis la première du genre à l’automne 2008, en plein cataclysme financier.

Le président américain, gonflé à bloc depuis son entrée en campagne pour 2020, a vertement critiqué, avant même d’arriver, le Japon, l’Allemagne, l’Inde, sans oublier la Chine. Autant de pays dont il doit rencontrer les dirigeants en tête-à-tête à Osaka.

De tous ces entretiens bilatéraux, celui qu’il aura samedi avec son homologue chinois Xi Jinping sera un sommet dans le sommet.

Pékin et Washington bataillent désormais ouvertement pour la domination économique et technologique du monde.

Les Etats-Unis menacent d’imposer des droits de douane punitifs sur toutes leurs importations de Chine, au risque de faire dérailler une croissance mondiale déjà ralentie.

“L‘économie de la Chine s’effondre, ils veulent un accord”, a asséné Donald Trump, dans un entretien mercredi avec la chaîne Fox Business News.

“Nous refusons une tactique de harcèlement commercial faite de droits de douane appliqués de manière unilatérale”, a dit jeudi le porte-parole du ministère chinois du Commerce Gao Feng.

Malgré ces échanges d’amabilité, la majorité des experts tablent pourtant sur une trêve à Osaka.

- “Mini-accord” /p>

David Dollar, du centre de réflexion Brookings Institution, croit possible un “mini-accord”, remettant à plus tard d‘éventuelles nouvelles taxes américaines.

Mais une reprise des discussions “pourrait finir en déception”, tant les divergences commerciales entre les deux géants sont profondes, avertit-il.

Le président américain a aussi attaqué méthodiquement ces dernières heures les alliés traditionnels des Etats-Unis.

Il a tourné en dérision la dépendance du Japon en matière militaire. Selon Donald Trump, Washington n’hésiterait pas à partir en guerre pour son allié, mais si les Etats-Unis étaient attaqués, les Japonais se contenteraient de “regarder sur leur téléviseur Sony.”

Donald Trump a aussi qualifié l’Allemagne de “partenaire défaillant” profitant à bon compte de la puissance militaire américaine.

Angela Merkel doit le voir en tête-à-tête vendredi. La chancelière allemande a maintenu son déplacement, après avoir été saisie de tremblements jeudi lors d’une cérémonie, neuf jours après un incident similaire.

Le Premier ministre indien Narendra Modi saura aussi à quoi s’en tenir pour sa rencontre bilatérale vendredi avec le président américain.

Depuis son avion Air Force One, Donald Trump s’en est pris aux taxes douanières “inacceptables” imposées par l’Inde, avec laquelle les Etats-Unis ont engagé une “guerre commerciale à basse intensité”, selon Vasuki Shastry, du centre de réflexion Chatham House.

Pour l’expert, les deux partenaires ont tout à y perdre, l’Inde parce qu’elle risque “des implications économiques négatives”, les Etats-Unis parce que ces tensions “nuisent à leur volonté de faire de l’Inde un contre-poids stratégique” à la Chine.

Iran et climat –

Donald Trump doit également s’entretenir à Osaka avec Vladimir Poutine, notamment de la crise autour de l’Iran, dont ils sont des protagonistes de premier plan.

Donald Trump évoque désormais une guerre qui “ne durerait pas longtemps” contre Téhéran, accusé de course à l’arme nucléaire. La Russie cherche jusqu’ici, comme la Chine et les Européens, à calmer le jeu.

Dans ce climat chauffé à blanc, le Japon, pays hôte, s’efforce de rassembler toutes les signatures sous le communiqué final du sommet.

Une tâche qui s’annonce “difficile”, en particulier sur la question du climat, a reconnu le président du Conseil européen Donald Tusk lors d’un entretien avec le Premier ministre Shinzo Abe, selon une source gouvernementale japonaise.

Rédiger un communiqué final du G20 est traditionnellement un casse-tête pour les diplomates, qui négocient chaque virgule. Mais la mission semble devenue impossible avec une administration Trump qui raye à tout va les formulations auparavant consensuelles, en faveur du libre échange ou de l’accord de Paris sur le climat.

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