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Au Portugal, la flambée du prix de l'immobilier pénalise les habitants

Au Portugal, la flambée du prix de l'immobilier pénalise les habitants
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Maria Augusta Ferrão n'aurait jamais imaginé qu'elle puisse un jour être expulsée du logement où elle a vécu toute sa vie. A 86 ans, elle est l'une des nombreuses victimes de la gentrification à Porto, la deuxième ville du Portugal.

"_Je voulais simplement mourir dans l'appartement où je suis née, là où mes parents, mon mari et ma belle-mère sont morts _", se désole-t-elle.

L'année dernière, la nouvelle propriétaire de l'immeuble a informé l'octogénaire qu'elle devrait bientôt partir. Elle lui a proposé un nouvel appartement, plus petit, et huit fois plus cher. Impossible pour Maria Augusta, qui a refusé l'offre. Depuis, la vieille dame ne vit plus tranquille.

"La propriétaire a dit : soit vous acceptez de partir avec la méthode douce, soit on utilisera la méthode dure, raconte-t-elle. Elle ne m'a pas menacé tout de suite, mais après, oui. Maintenant, j'ai le numéro du commissariat sur ma table de nuit. Si elle s'approche, j'appelle la police, car elle n'a pas le droit de venir me menacer."

"Son but, c'est qu'elles s'en aillent"

Pourtant, malgré cette situation difficile, Maria Augusta n'envisage pas de partir. " Je préfère que Dieu m'envoie au cimetière. Ou bien me jeter par la fenêtre. J'y ai pensé pendant un moment, mais Dieu m'a enlevé cette idée de la tête."

La sœur de la voisine de Maria Augusta, qui a préféré rester anonyme, est consternée : "La propriétaire n'en a rien à faire, son but, c'est qu'elles s'en aillent par la force. Elle a démoli leurs salles de bain. Quand ma sœur est sortie pour récupérer sa pension, elle a cassé la rambarde dans l'escalier. Ma sœur ne pouvait plus monter."

Alors que beaucoup de Portugais se battent pour ne pas être expulsés de leurs foyers, de nombreux étrangers obtiennent facilement un Visa Gold, en investissant dans un bien immobilier de 500 000 € minimum.

Ces étrangers s'installent aussi au Portugal pour bénéficier de ses avantages fiscaux. Depuis 10 ans, le gouvernement cherche à attirer des professions dites "à valeur ajoutée". Ces travailleurs étrangers bénéficient alors d'un taux forfaitaire de 20 % sur leurs revenus, pendant 10 ans.

Investisseurs étrangers et touristes

C'est le cas de Grzegorz Pawlik, un ingénieur en informatique originaire de Pologne, et travaillant pour une entreprise britannique. "Je suis sous-traitant pour une société au Royaume-Uni. On a de la flexibilité, je peux donc travailler d'où je veux. Deux fois dans l'année, on se réunit à Londres pendant quelques jours", explique le jeune homme.

Grzegorz paie 700 euros pour son appartement, situé an plein centre-ville. Un montant plus élevé que le salaire minimum portugais, qui s'élève à 600 euros.

"Je sais que c'est beaucoup pour le marché portugais et je sais que beaucoup de gens ne peuvent pas se le permettre, reconnaît l'ingénieur. C'est l'un des plus gros problèmes de la ville de Porto."

Le Portugal est l'un des pays de la zone euro où le prix des loyers a le plus augmenté . Le boom des investisseurs étrangers et des touristes a fait bondir les prix, si bien que de plus en plus de Portugais ont désormais du mal à se loger.