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Restrictions contre le Covid-19 : en colère, la mairie de Marseille dénonce un "affront"

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 Des amis en terrasse de café à Marseille, le 12 septembre 2020
Des amis en terrasse de café à Marseille, le 12 septembre 2020   -   Tous droits réservés  Daniel Cole, AP
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C'est une mesure qui ne passe pas à Marseille. L'annonce par le gouvernement français de la fermeture totale des bars, des restaurants et des salles de sport dès samedi pour lutter contre la propagation du Covid-19 suscite la colère de la mairie, qui dénonce un "affront" et réclame un délai de 10 jours.

Le premier adjoint au maire de Marseille Benoît Payan s'est aussi insurgé ce vendredi contre une décision prise selon "sans concertation". Le ministre de la Santé a lui affirmé sur Twitter s'être entretenu avec l'adjoint à la maire de Marseille et avec le président de la région. Ce dernier dénonce également une punition collective alors que selon lui, les premières mesures prises il y a une dizaine de jours commençaient à produire leurs effets.

Jusque-là, les bars devaient fermer à minuit et demi et les rassemblement statiques de plus de dix personne étaient interdits dans les parcs et sur les plages. Dans les restaurants, peu après l'annonce, le tour de vis du gouvernement étaient plutôt compris mais laissait tout de même sceptique.

"La situation s’est tellement dégradée qu’effectivement il y a un jour où il faut prendre des décisions plus drastiques et je vous avouerais d’ailleurs que c’est pour ça qu’on est sortis ce soir", concède cette cliente d'un restaurant. "Personnellement je pense que c’est désolant de fermer les restaurants et les bars parce que c’est quand même un aspect économique important dans notre pays, et ça va commencer à bloquer toute l’économie parce qu’il y a beaucoup de choses qui sont derrière", souligne Pierre, un habitant de Marseille.

Le secteur de l'hôtellerie-restauration vent debout

Une mesure qui ne ravit pas non plus les représentants du secteur de l'hôtellerie-restauration. Franck Trouet, porte-parole du syndicat GNI, a dénoncé une mesure "injustifiée" car les contaminations surviennent surtout dans le milieu privé et familial. Une mesure qu'il juge également "contre-productive" car selon lui, fermer les bars "poussera les clients à faire la fête ailleurs".

Déjà en grande difficulté financière après le trou financier causé par trois mois d'inactivité au printemps – 15% d'entre eux pourraient mettre la clé sous la porte, selon l'Umih – les professionnels ne décoléraient pas au lendemain de l'annonce que les bars et restaurants des métropoles d'Aix et Marseille, ainsi que ceux de Guadeloupe, seront contraints de fermer dès samedi, ces régions ayant été placées en "zone d'alerte maximale" à la suite d'une remontée du taux d'incidence du Covid-19.

Onze autres métropoles – Paris, Lille, Toulouse, Saint-Etienne, Rennes, Rouen, Grenoble, Montpellier, Bordeaux, Lyon et Nice – ont été placées en "zone d'alerte renforcée", avec fermeture des bars à 22 heures et limitation des ventes d'alcool. Si la situation ne s'améliore pas, d'autres métropoles comme "Tours, Strasbourg, Dijon et Clermont-Ferrand" pourraient passer à ce niveau, a prévenu le ministre français de la Santé Olivier Véran.

La maire de Paris Anne Hidalgo critique aussi la décision

La maire PS de Paris Anne Hidalgo a également estimé jeudi que la fermeture des bars à 22 heures et des salles de sport dans la capitale étaient des mesures "difficiles à comprendre", et a dit avoir protesté auprès du gouvernement et du préfet.

"J'ai été appelée par (le ministre de la Santé) Olivier Véran à peu près une heure avant son intervention à la télévision (mercredi soir) et par le préfet de police auxquels j'ai dit mon désaccord sur les mesures qui étaient envisagées et la nécessité d'avoir une autre méthode", a-t-elle expliqué à France 3 lors d'un déplacement au Havre. "Je ne pense pas que les mesures concernant la fermeture des bars après 22 heures soit une mesure pertinente", a-t-elle poursuivi.

"D'abord elle est difficile à comprendre: en quoi va-t-elle vraiment limiter la diffusion du virus ? En quoi le fait de ne plus pouvoir pratiquer de sport va nous aider alors que le sport fait partie justement de ce qui nous permet d'avoir aussi une meilleure santé, des défenses immunitaires plus importantes ? Donc il nous faut discuter de tout cela", a insisté la maire de Paris renvoyant aux concertations prévues entre préfets et élus locaux.

Anne Hidalgo a souligné que "la grande majorité" des acteurs "dans le monde culturel, dans le monde sportif ou dans le monde économique, notamment la restauration, sont extrêmement sérieux".