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Près de 200 500 morts de Covid-19 au Brésil, mais pour Bolsonaro, cynique, "la vie continue"

Une victime de plus enterrée au cimetière de Nossa Senhora Aparecida à Manaus - partie amazonienne du Brésil -, le 6 janvier 2021
Une victime de plus enterrée au cimetière de Nossa Senhora Aparecida à Manaus - partie amazonienne du Brésil -, le 6 janvier 2021   -   Tous droits réservés  Edmar Barros/AP
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La mort par Covid-19 n'en finit pas de hanter les Brésiliens. La deuxième vague de contaminations par la pandémie est encore plus impitoyable que la première, et dans les grandes villes de l'immense pays comme au fin fond du bassin amazonien, la population se sent vraiment impuissante.

Le président d'extrême-droite, Jair Bolsonaro, affirme pourtant ouvertement qu'il ne croit pas à la vaccination - la mise en route d'une campagne n'est d'ailleurs pas prévue avant fin janvier, voire février ou mars -, et il fait preuve une fois de plus d'un profond cynisme.

Lors d'un point sur sa politique qu'il fait chaque semaine sur son compte Facebook, le chef de l'Etat a notamment déclaré :

J'ai de la peine, nous atteignons aujourd'hui les 200 000 morts (...) mais la vie continue
Jair Bolsonaro
Président du Brésil

200 498 morts en un an de pandémie

Le bilan catastrophique d'une année de Covid-19, établi par le ministère de la Santé, est monté très exactement à 200 498 décès, avec pas moins de 1 524 personnes qui ont perdu la vie rien qu'en une seule journée, jeudi 7 janvier 2021 ; c'est le deuxième record de mortalité établi depuis le tout début de l'assaut du nouveau coronavirus contre le géant d'Amérique du Sud.

Le nombre de victimes avait déjà bondi furieusement en décembre dernier par rapport au mois de novembre, bondi de 65%. Quant aux infections lors des dernières 24 heures, qui se chiffrent à 87 843, elles augurent d'une nouvelle année sinistre à venir.

"Les vaccinés pourraient se transformer en crocodiles"

Néanmoins, alors que certains de ses voisins sud-américains, comme l'Argentine, ont lancé des campagnes de vaccination, le président brésilien traîne les pieds... Le délai d'approbation des vaccins par Anvisa, l'agence de régulation brésilienne, tarde. Le ministre de la Santé, Eduardo Pazuello, estime que le coup d'envoi pourrait être donné "au mieux le 20 janvier", sinon, seulement "à la mi-février ou début mars".

Jair Bolsonaro a décrié successivement le port de masques de protection contre la maladie mortelle de Covid-19, puis le confinement dont il affirme qu'il "ne sert à rien", et qu'il faut en finir avec "cette vieille histoire de rester à la maison et de s'occuper ensuite de l'économie". Et maintenant, il tente de faire croire au pire pour les gens qui voudraient se faire vacciner. Il a déclaré cette semaine, avec un humour douteux :

Elles (les personnes vaccinées) pourraient se transformer en femmes à barbe ou en crocodiles
Jair Bolsonaro
Bruna Prado/AP
Une famille éplorée enterre l'un de ses membres au cimetière Inhauma de Rio de Janeiro, le 7 janvier 2021Bruna Prado/AP

Des enterrements à un rythme... d'enfer !

Trêve de plaisanterie, dans les hôpitaux des plus grandes villes du Brésil, Sao Paulo, Rio, Belo Horizonte, les lits des services de soins intensifs sont occupés à plus de 90%. Au coeur de l'Amazonie, à Manaus, les funérailles ont carrément augmenté de 80% depuis quinze jours.

Ce constat angoissant fait dire à Paulo Lotufo, épidémiologiste qui travaille à l'Université de Sao Paulo :

Je ne sais même pas comment on va survivre au mois de janvier