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Nord Stream 2, le gazoduc de la discorde au sein de l’Union européenne

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Par Stefan Grobe
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Nord Stream 2, le gazoduc de la discorde au sein de l’Union européenne
Tous droits réservés  TOBIAS SCHWARZ/AFP
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C’est un projet industriel controversé. Depuis son élaboration le gazoduc Nord Stream 2 est au centre des polémiques politiques. L’objectif est d’approvisionner directement l’Allemagne depuis la Russie sans passer par l’Ukraine.

Mais le sort réservé à l’opposant russe Alexeï Navalny et les arrestations de ses partisans, poussent de nombreuses voix en Europe à réclamer des sanctions contre Moscou. Le Parlement européen a approuvé la semaine dernière une résolution non-contraignante pour demander la suspension du chantier en mer Baltique. L’idée est de frapper au cœur de l’économie russe. Mais pour certains experts une telle réponse ne remettrait pas en cause le chantier. "Le projet pourrait connaître des retards si des sanctions sont prises aujourd’hui, mais il sera réalisé de toute façon", estime Jean-Arnold Vinois de l’Institut Jacques Delors.

Le gazoduc est réalisé à 90% mais il concentre les critiques et divise les Etats membres de l’UE. Les opposants voient dans Nord Stream 2 une façon de court-circuiter les pays de transit en Europe de l’est. Mais la chancelière allemande maintient sa ligne politique. Angela Merkel met en avant les bénéfices économiques du projet pour l’ensemble de l’Union à savoir l’accès au gaz russe à meilleur marché. Pour Gustav Gressel, chercheur au European Council on Foreign Relations, l’Allemagne se retrouve dans une situation que ni ses partenaires européens ni les Etats-Unis ne comprennent. Berlin "fait savoir que c’est un projet uniquement commercial et que l’Allemagne est en droit de mener des projets de ce genre", résume-t-il.

Les critiques estiment que les autorités allemandes ignorent l’angle sécuritaire et rendrait l’UE plus dépendante encore du gaz russe ce qui permettrait à Moscou de faire davantage pression sur ses voisins occidentaux.

C’est l’argument employé par les Etats-Unis, mais pour les partisans du gazoduc la justification est malhonnête. "La fin de Nord Stream est le commencement du gaz liquéfié américain. C’est plus cher et plus polluant, mais c’est du commerce avec les Etats-Unis", rétorque l’eurodéputé Markus Pieper (PPE). Pour le parlementaire allemand, Washington n’a véritablement aucune considération sécuritaire. Nord Stream 2 reste enfin controversé car l’UE n’a jamais répondu à une autre question : où se situent des relations commerciales considérées comme justes avec la Russie ?

Journaliste • Grégoire Lory