DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

Allemagne/Belgique : le réchauffement en cause dans les inondations dévastatrices, révèle une étude

Access to the comments Discussion
Par euronews avec AFP
euronews_icons_loading
Allemagne/Belgique : le réchauffement en cause dans les inondations dévastatrices, révèle une étude
Tous droits réservés  Sebastian Schmitt/(c) Copyright 2021, dpa (www.dpa.de). Alle Rechte vorbehalten
Taille du texte Aa Aa

Des villes envahies par les flots, des pluies diluviennes : ces images de paysages dévastés en juillet dernier par les inondations, notamment en Allemagne et en Belgique, pourraient être amenés à se répéter davantage, à cause du réchauffement de notre planète, révèle une étude du groupe de scientifiques World Weather Attribution.

Ces épisodes extrêmes ont jusqu'à neuf fois plus de chance de se produire, à cause du changement climatique, selon cette étude publiée ce mardi. Le groupe de scientifiques s'est appuyé sur des données historiques et des simulations pour examiner l'impact des températures sur les précipitations de la fin du 19ème siècle à nos jours.

Ils parviennent aussi à la conclusion que le changement climatique a également fait augmenter de 3 à 19% la quantité de pluie sur une journée. La multiplication des précipitations est une conséquence attendue du réchauffement, car l'humidité de l'atmosphère augmente d'environ 7% pour chaque degré supplémentaire.

Les auteurs ont fait tourner différents modèles pour estimer comment le réchauffement a affecté le volume maximal de précipitations sur une durée de un ou deux jours dans les régions les plus touchées, bassins des rivières Ahr et Erft en Allemagne et de la vallée de la Meuse en Belgique. Mais aussi sur une région plus vaste recouvrant ces deux pays, ainsi que les Pays-Bas voisins, affectés dans une moindre mesure.

Ils ont observé une "tendance à un renforcement", même si demeure une "grande variabilité" d'une année sur l'autre. Et évalué la probabilité de survenue en Europe occidentale d'un épisode comme celui de juillet à une fois tous les 400 ans. Concrètement, cela signifie qu'il y a une chance sur 400, chaque année, pour qu'une telle catastrophe se produise.

"Un tel épisode extrême sur ces régions a jusqu'à 9 fois plus de chance de se produire à cause du réchauffement dû à l'activité humaine".

Probabilité et intensité accrues

Pour les 39 scientifiques internationaux réunis sous la bannière du WWA, pas de doute : "Le changement climatique a accru la probabilité, mais également l'intensité" des événements de juillet, a souligné lors d'une présentation en ligne Frank Kreienkamp, du service météorologique allemand, qui a piloté l'étude.

Si l'étude du consortium de scientifiques porte sur la période actuelle, les experts climat de l'ONU n'ont guère été rassurants quant à l'avenir. Dans un nouveau rapport publié cet été, ils anticipaient un réchauffement de la planète encore plus rapide et plus fort qu'attendu. Le seuil de + 1,5°C - objectif idéal à ne pas dépasser selon l'accord de Paris - pourrait ainsi être atteint autour de 2030, soit 10 ans plus tôt que prévu.

Les effets dévastateurs - sécheresses, incendies ou inondations - se font déjà sentir à travers le monde. Les 14 et 15 juillet, de fortes inondations causées par des pluies diluviennes avaient ainsi fait au moins 190 morts en Allemagne et 38 en Belgique.

L'Allemagne va devoir consacrer 30 milliards d'euros à la reconstruction des zones sinistrées et la catastrophe y a placé la question de l'urgence climatique au centre du débat public à quelques semaines d'élections décisives fin septembre pour la succession de la chancelière Angela Merkel.