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Covid-19 : Agnès Buzyn mise en examen pour "mise en danger de la vie d'autrui"

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Par Euronews avec AFP
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Agnès Buzyn, ce vendredi, à son arrivée à la Cour de justice de la République
Agnès Buzyn, ce vendredi, à son arrivée à la Cour de justice de la République   -   Tous droits réservés  LUCAS BARIOULET/AFP or licensors
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L'ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn a été mise en examen vendredi pour "mise en danger de la vie d'autrui" à l'issue de son audition par des magistrats de la Cour de justice de la République (CJR), qui enquête sur la gestion de l'épidémie de Covid-19, a-t-on appris du parquet général de la CJR.

Agnès Buzyn, première personnalité à être mise en cause dans ce vaste dossier, a par ailleurs été placée sous le statut plus favorable de témoin assisté pour "abstention volontaire de combattre un sinistre", a précisé la même source.

La mise en cause de l'ancienne ministre est une première dans ce vaste dossier consacré à la manière - critiquée encore aujourd'hui - dont les autorités françaises ont anticipé puis géré quotidiennement l'épidémie de coronavirus qui a fait au moins 115 000 morts dans le pays, selon Santé publique France.

Au tout début 2020, Agnès Buzyn occupait un rôle central, à la tête du ministère de la Santé (mai 2017 - février 2020).

Alors que le monde commençait à prendre peur après les informations alarmantes venant de Wuhan, en Chine, celle qui est hématologue de formation avait pris la parole à l'Élysée le 24 janvier 2020 pour dire: "les risques de propagation du coronavirus dans la population sont très faibles". Avant de préciser que cette analyse pouvait "évoluer". Mi-février, elle était remplacée par Olivier Véran, quittant le gouvernement pour briguer la mairie de Paris.

"Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous"
Agnès Buzyn
Ancienne ministre française de la Santé

Mais quelques jours après sa défaite électorale, alors que la France se confinait, elle créait un tollé en disant dans le Monde du 17 mars 2020: "Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous". "Depuis le début je ne pensais qu'à une seule chose: au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c'était une mascarade", avait-elle encore dit au Monde, au sujet du processus électoral.

Des propos confirmés en juin 2020 devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la gestion de la crise sanitaire: elle avait indiqué avoir alerté l'Elysée et Matignon en janvier sur le "danger" potentiel du coronavirus.

14 500 plaintes reçues

Depuis, la CJR, seule institution habilitée à juger des ministres en exercice, a reçu de nombreuses plaintes liées au Covid-19, "14 500" selon le procureur général près la Cour de cassation François Molins, mercredi.

Manque d'équipements de protection pour les soignants et pour la population, errements sur la nécessité ou non de porter des masques, etc: neuf de ces plaintes ont été jugées recevables par la commission des requêtes de la CJR, qui fait office de filtre, et ont permis l'ouverture d'une enquête en juillet 2020.

Depuis, d'autres plaintes ont été jugées recevables et jointes à l'enquête, tandis que des perquisitions ont été menées mi-octobre 2020 par les enquêteurs de l'Oclaesp (Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique) et de l'Oclciff (Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales).