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Au procès des attentats du 13 novembre, les premiers témoignages des rescapés du Bataclan

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Par Julien Pavy
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Des proches de victimes devant le Bataclan le 13 novembre 2020
Des proches de victimes devant le Bataclan le 13 novembre 2020   -   Tous droits réservés  Francois Mori/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved

Le procès des attentats du 13 novembre 2015 à Paris s'est poursuivi mercredi avec les premiers témoignages des rescapés du Bataclan et de leurs proches.

Raconter l'horreur du Bataclan

Les terroristes avaient perpétré un véritable massacre dans la salle de spectacle parisienne, où ils avaient abattu 90 personnes venues assister à un concert de rock.

Des rescapés sont venus raconter l'horreur de cette soirée qui les a jamais traumatisés. Ils sont venus chercher aussi des réponses et des clés nécessaires à leur reconstruction.

"Il y a un procès pendant huit mois qui raconte ma vie, qui raconte mon histoire, autant que je sois présent, explique Bruno Poncet. Et je parle aussi parce que moi j’ai des amis qui sont présents avec moi aujourd’hui ou qui ne sont pas là et qui ne veulent pas parler, qui ne peuvent pas parler donc je vais parler aussi un peu pour eux. Parce que voilà, ceux qui s’en sentent un peu de parler pour les autres, moi je veux le faire, je fais ça depuis six ans mais je vais continuer parce que je trouve que c’est important."

Il y a un procès pendant huit mois qui raconte ma vie, qui raconte mon histoire, autant que je sois présent
Bruno Poncet
rescapé du Bataclan

La solidarité entre familles

Pour Olivier Laplaud, un autre rescapé du Bataclan, "il y a une vraie famille des victimes, des gens qui arrivent aussi petit à petit à s’ouvrir un peu plus là où ils étaient restés seuls jusqu’au procès (...) C’est vrai que c’était un moment fort mais les larmes sont un peu moins acres quand elles sont partagées et quand on peut se soutenir les uns les autres, se tenir les uns les autres, s’épauler."

Les larmes sont un peu moins acres quand elles sont partagées.
Olivier Laplaud
Rescapé du Bataclan

Témoigner au nom des disparus

Au procès également, des proches des victimes, comme Zoe Alexander, une Britannique qui a perdu son frère, Nick, au Bataclan. A travers son témoignage, elle a souhaité lui rendre hommage :

"Je veux dire aux gens qui était Nick en tant que personne, afin qu'il n'ait pas toujours à vivre avec l'identité d'une victime. Je veux raconter les grandes choses qu'il a accomplies dans sa vie et parler en son nom alors qu'il n'est plus là pour le faire."

Je veux dire aux gens qui était Nick en tant que personne, afin qu'il n'ait pas toujours à vivre avec l'identité d'une victime.
Soeur d'une victime du Bataclan

Autre témoignage, celui de Sophie Bouchard-Stech qui a perdu son mari au Bataclan : "Ce dont je suis sûre aujourd’hui c’est qu’en fait il a été tué sur le coup, ce qui m’a quelque peu apporté une forme de soulagement en me disant qu’il n’avait pas souffert pendant des heures à agoniser, parce que c’était une véritable angoisse pour moi."

Neuf mois de procès

Le procès des attentats du 13 novembre doit s'étaler sur neuf mois avec un verdict attendu d'ici fin mai.

Dans le box des accusés, 14 individus et six absents poursuivis pour avoir joué un rôle essentiellement logistique. Parmi eux, Salah Abdeslam, le seul membre vivant du commando terroriste, qui avait tué 130 personnes et blessé plus de 300 autres le soir du 13 novembre à Paris.

1 800 parties civiles doivent défiler tout au long de ce procès fleuve au Palais de justice de Paris.