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Commerce et diplomatie au menu de la visite d'Emmanuel Macron dans le Golfe

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Par Stephane Hamalian  & Euronews  avec AFP
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Emmanuel Macron au pavillon français de l'exposition universelle de Dubaï, avec le prince héritier d'Abou Dhabi Mohammed ben Zayed Al-Nahyane,
Emmanuel Macron au pavillon français de l'exposition universelle de Dubaï, avec le prince héritier d'Abou Dhabi Mohammed ben Zayed Al-Nahyane,   -   Tous droits réservés  -/AFP or licensors

Les Émirats arabes unis ont signé vendredi à Dubaï, en présence du président français, un accord pour acquérir 80 avions de combat Rafale, une commande record pour l'avion de chasse français entré en service en 2004.

Au total cette commande, avec l'achat de 12 hélicoptères Caracal et les éléments associés, représentent un montant de plus de 17 milliards d'euros, dont 14 pour les seuls Rafale, selon l'Elysée.

Cette commande intervient dix ans après de vaines négociations soutenues par l'ancien président français Nicolas Sarkozy. Depuis, le Rafale a réalisé une percée à l'international malgré la concurrence d'appareils américains et européens.

Pour Emmanuel Macron, cette commande est "très bonne pour la France" car elle "crée de l'emploi" dans le pays et permet de "garantir la pérennité de la chaîne de production du Rafale jusqu'à fin 2031" selon le ministère des Armées. 

Le dossier du Liban, en arrière plan

Outre la signature de contrats juteux, l'enjeu de la tournée d'Emmanuel Macron dans les pays du Golfe est de traiter les dossiers d'importance régionale, notamment celui du Liban dont la vie politique est dominée par le Hezbollah, pro-iranien.

Déjà englué dans une grave crise sociale et humanitaire aggravée par l'explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020, le pays traverse actuellement une crise diplomatique avec l'Arabie Saoudite. Début novembre Riyad a coupé les ponts avec Beyrouth après les critiques d'un ministre libanais sur la guerre au Yémen, George Kordahi.

Alors que le président français doit se rendre en Arabie Saoudite samedi, le ministre libanais de l'information a démissionné ce vendredi, indiquant que son retrait pouvait aider "à entamer un dialogue avec les responsables saoudiens concernant le Liban et l'avenir des relations bilatérales".

"J'ai compris de M. Mikati (Ndlr : Premier ministre libanais) que les Français veulent que je démissionne avant la visite de M. Macron à Riyad" a-t-il confié à des journalistes. Selon lui, le Premier ministre libanais "a reçu des garanties que M. Macron allait entamer un dialogue avec l'Arabie saoudite concernant la reprise des relations bilatérales".

Macron assume de dialoguer avec MBS

Le souhait d'Emmanuel Macron d'impliquer l'Arabie Saoudite dans la relance du Liban n'a pas été sans critique. Le président français doit s'entretenir samedi avec le très controversé Mohammed ben Salmane, soupçonné d'être à l'origine de l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018, au consulat de son pays à Istanbul.

Mais le président français a défendu sa décision d'être l'un des premiers dirigeants occidentaux à rencontrer l'homme fort de Riyad depuis cette affaire sordide.

"Qui peut penser une seule seconde qu'on aide le Liban, qu'on préserve la paix et la stabilité au Moyen-Orient si on dit : «on ne parle plus à l'Arabie saoudite, le pays le plus peuplé et le plus important du Golfe **? **»", a-t-il interrogé.

"Cela ne veut pas dire que je cautionne, que j'oublie, que nous ne sommes pas des partenaires exigeants" mais il s'agit "juste d'agir pour notre pays et pour l'intérêt de la région" a-t-il estimé.

L'Arabie saoudite constitue le troisième marché d'exportation du Liban, représentant 6% des exportations du pays en 2020, d'une valeur d'environ 217 millions de dollars, selon la chambre de commerce. 

Le mois dernier, le ministre saoudien des Affaires étrangères a déclaré que la domination du Hezbollah au Liban, et pas seulement les commentaires du ministre George Kordahi, avait incité le royaume à rompre les liens.