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En Afghanistan, la décapitation des mannequins à la mode charia

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Par Laurence Alexandrowicz
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Des mannequins dont les têtes ont été coupées à Herat
Des mannequins dont les têtes ont été coupées à Herat   -   Tous droits réservés  AFP

Des mannequins de plastique avec un visage, vous n'en verrez plus à Herat, en Afghanistan. Les talibans ont ordonné aux vendeurs de vêtements de la troisième ville du pays, de couper les têtes. La raison ? Cela va contre la loi islamique de la charia qui interdit la représentation de figures humaines.

C'est en partie pour cette raison aussi que les talibans avaient choqué le monde entier en détruisant les deux statues du bouddha de Bamiyan, en 2001.

Aziz Rahman, chef du ministère de la promotion de la vertu et de la prévention du vice à Herat, fait son annonce : "Donc, nous demandons une fois de plus à notre peuple, de considérer nos instructions et de ne pas forcer nos inspecteurs et nos oulémas à se rendre sur place pour appliquer ces instructions. Les gens doivent couper les têtes des statues, nous n'avons plus rien à voir avec cela. Les vêtements doivent couvrir leurs corps. Cela ne créera aucun problème pour les commerçants mais empêchera le vice, ce qui est bon pour eux, pour la nation et pour nous."

Dans ce magasin de robes de mariées, on espère contourner l'interdiction, en mettant une capuche sur les visages. Mais recouvrir la tête ne suffit pas. C'est très clair. Basheer Ahmed, vendeur de vêtements, est au désespoir : _"Sur l'instruction de la Direction de la promotion de la vertu et de l'interdiction du vice, nous avons dû couper les têtes de nos quinze mannequins. Chaque mannequin coûte 5 000 afghani. Ç_a nous a fait perdre 2 000 à 3 000 afghani pour chacun. Quand il n'y a pas de mannequin, comment pouvons-nous vendre notre stock à nos clients ?"

Cette nouvelle injonction s'ajoute à de nombreuses restrictions, particulièrement à l'encontre des femmes et des filles. Les femmes désirant voyager sur de longues distances doivent être accompagnées par un homme de leur famille proche et les conducteurs de taxi ne doivent pas accepter des femmes à bord de leur véhicule si elles ne portent pas le "voile islamique".

Les autorités talibanes ont également multiplié les perquisitions d'alcool et interdit la musique.