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Plan de relance européen : Valdis Dombrovskis nous répond

Par Euronews
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Alors que le Parlement européen a donné son feu vert mardi 9 février 2021 à la principale enveloppe du plan de relance de l'Union européenne, euronews est allé à la rencontre d'une entreprise qui souhaiterait bénéficier des aides de l'Europe.

Sous le soleil provençal, l'énergie solaire est utilisée pour générer de l’électricité. Mais à l'avenir, ces fermes photovoltaïques pourraient alimenter le plus grand site français de production d'hydrogène vert – un ingrédient nécessaire à la fabrication de bio-carburant – une alternative plus propre au diesel. Les géants de l'énergie Total et Engie comptent sur des aides publiques pour lancer, ici, un projet d’hydrogène vert appelé Masshylia.

"C'est fondamental parce que les coûts sur les premières unités que vous créez sont bien plus élevés que lorsque vous mettez en œuvre des dispositifs industriels qui existent déjà et qui sont déjà à grande échelle, et donc, pour avoir, au final un produit disponible à un coût acceptable pour l'utilisateur, et bien, il faut, au début, l'aider, et l'aider notamment par ces fonds", explique Jean-Michel Diaz, Groupe Total.

Pour le moment, le bio-carburant produit ici utilise de l'hydrogène dit “gris” généré grâce à des combustibles fossiles. Il est prévu de le remplacer par de l'hydrogène vert – produit grâce à des panneaux solaires – réduisant ainsi encore l'empreinte carbone. L'espoir d'Engie et de Total de recevoir des financements publics n'est pas infondé. La France a en effet prévu un plan de relance de 100 milliards d'euros, dont 40 issus du plan de relance et de résilience européen. Un tiers de cette somme, soit environ 30 milliards d'euros, devra être injecté dans la transition écologique, avec des investissements massifs dans la rénovation des bâtiments, dans des transports plus propres ainsi que dans la dé-carbonisation de l'industrie. En ce qui concerne l'hydrogène vert, le secteur devrait recevoir 7 milliards d’euros : 2 dans le cadre du plan de relance au cours des 2 prochaines années, puis 5 supplémentaires d'ici 2030.

"Stimuler l'économie locale"

Cette nouvelle filière d'hydrogène vert devrait stimuler l'économie locale selon cet expert. "Les retombées économiques qui ont été estimées au moment de l'annonce de la stratégie nationale hydrogène, c'est une création d'emplois, alors, directs et indirects, dans une fourchette qui va de 50,000 à 150,000 emplois. Et, je pense qu'on peut le voir aussi en termes d'investissements, c'est à dire que cet argent là, il va permettre, probablement, de faire beaucoup d'économies, sur les conséquences autrement à venir du changement climatique", détaille Sylvain Brémond, directeur général, Capenergies.

S'il ne prétend pas à des financements publics, Hélion, un fabricant voisin de piles à hydrogène, s'attend quand même à profiter de l'essor de la filière. "Qui dit production industrielle, dit effectivement investissements dans des outils de production, des outils de test, de l'infrastructure, donc ce site, effectivement a vocation à grossir. On est à peu près une quarantaine de personnes aujourd'hui, on vise, à la fin de la décennie, de passer les 100 personnes allégrement", explique Benoît Vesy, entreprise Helion.

Des mesures pour soutenir les entreprises

Notre journaliste Naomi Lloyd a pu rencontrer à Bruxelles Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne pour en savoir plus sur le plan de relance européen.

Nous avons créé une enveloppe budgétaire sans précédent
Vladis Dombrovskis
Vice-président de la Commission européenne

Naomi Lloyd, euronews : **Merci beaucoup d’être avec nous dans Real Economy. Le mécanisme de relance et de résilience vise à aider les économies européennes à se remettre sur les rails. Ça été difficile de faire passer cet accord n’est-ce pas ?**

Valdis Dombrovskis , vice-président de la Commission européenne : En effet les négociations ont été compliquées, mais je dois dire qu’au final, nous avons créé une enveloppe budgétaire sans précédent du point de vue de l’UE. C’est une somme d’argent très importante. Aujourd’hui il faut que cet argent revienne vraiment à l’économie et soit dépensé correctement.

NL : On a vu dans le reportage de Guillaume le projet pour une usine d’hydrogène vert. Est-ce dans ce type de projets que vous voulez que les gouvernements investissent ?

VD : Oui en effet. Une partie importante du mécanisme de relance et de résilience doit être en lien avec notre travail sur la neutralité carbone. Et l’hydrogène vert va clairement dans ce sens. Mais à la fin, il revient à chaque état membre de décider quels projets ils ont vraiment envie de promouvoir. Et dans ce cas, c’est à la France de décider si elle veut présenter ce projet dans son plan de relance et de résilience. Et si l’on parle de transitions vertes, il y a aussi de nombreuses autres activités qui peuvent être financées dans des énergies renouvelables, ce que l’on appelle la « vague de rénovation », comme améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments et de nombreux autres domaines.

NL : Une question pour nos téléspectateurs, dont beaucoup ont perdu leur emploi ou leur entreprise, comment cet argent va-t-il les aider ?

VD : C’est essentiel à l’heure actuelle de s’assurer que cet argent commence à circuler dans l’économie réelle et vers ses bénéficiaires dès que possible. Et cela doit être vu également dans le contexte de nos mesures de crise immédiate. L’année dernière, nous avons pris beaucoup de mesures en faveur d’un soutien immédiat aux entreprises touchées par la crise.

NL : La commission a parlé des premiers paiements cet été. Pouvez-vous le garantir ?

VD : C’est ce que nous visons dans tous les cas et à l’heure actuelle il est important que les états membres préparent leurs plans de relance et de résilience pour que la Commission européenne puisse les approuver. C’est la condition de base pour que l’argent soit versé. Et nous devons commencer par payer après avoir approuvé le plan de 13% de pré-financement. Ça serait donc une somme importante qui irait immédiatement aux états-membres. Mais il y a un autre élément important : pour que la Commission européenne s’engage sur ces marchés et prête cet argent, tous les états membres doivent ratifier le plan. C’est une autre partie importante que les états membres doivent faire pour s’assurer que cet argent circule réellement.

Quelques liens pour aller plus loin :

Les prochaines étapes du plan de relance

Plan de relance : ce qu'il faut savoir

Plan de relance : les principaux éléments de l'accord

Six mois après, où en est-on du plan de relance ?