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Ils font l'avenir de notre santé, de nos villes et de nos aliments

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Par Natalie Lindo
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Le salon Arab Health 2021 s'est tenu dans une version physique à Dubaï. L'événement a mis à l'honneur les dernières technologies médicales et les solutions innovantes dans l'imagerie, la chirurgie ou encore les prothèses.

Plus de 20.000 entreprises et professionnels de santé ont participé au salon. C'est le cas de la société Opencast qui fabrique des moules thermoformés malléables pour le traitement des fractures osseuses. August Park travaille pour son service marketing et ventes mondiales. "Comparé au plâtre traditionnel où l'on a besoin de coton de protection entre la peau et le plâtre," précise-t-il, "notre moule s'applique directement sur la peau. Ce qui veut dire que l'on peut se doucher et comme on peut se laver, notre moule n'a pas d'odeur et ne démange pas et les médecins peuvent aussi observer la peau," souligne-t-il.

Vers une meilleure connexion entre acteurs de la santé

L'innovation et la technologie étaient évidemment les maîtres mots de ce salon. L'entreprise CMR Surgical, par exemple, est venue présenter son système de chirurgie robotisé appelé Versius.

"Ce système est conçu pour des applications en chirurgie générale, des interventions gynécologiques, mais aussi colorectales et thoraciques," indique John Acker, responsable commercial pour les États-Unis. "La robotique permet d'avoir une interface numérique entre le patient et le chirurgien et cette information peut être enregistrée sous la forme de données," explique-t-il.

L'un des thèmes d'Arab Health cette année : une meilleure mise en relation des acteurs de la santé. L'un des exposants a ainsi mis en avant son produit destiné à rationaliser la prise en charge des patients.

"C'est un appareil portable que l'on peut activer par commande vocale et qui peut alerter quelqu'un sur demande," nous présente Omar Masri, responsable régional des ventes chez Vocera Communications. "Ce qui est précieux dans le cas par exemple d'un arrêt cardiaque qui est une situation très grave," fait-il remarquer avant d'ajouter : "Deuxième aspect : notre appareil donne l'opportunité à l'infirmier d'envoyer une notification à l'équipe appropriée. Ce qui fait gagner du temps et c'est certain, augmente les chances de survie du patient," assure-t-il.

Il y a quelques semaines, les Émirats arabes unis ont été les premiers en dehors des États-Unis à recevoir le nouveau traitement antiviral du Covid-19 : le sotrovimab qui réduirait les risques de complications graves et de décès chez certains patients de plus de 85%.

Le salon Arab Health 2020 s'était soldé par des contrats pour une valeur de 850 millions d'euros. Ce montant devrait être dépassé cette année.

"L'avenir est déjà là, on remarque sa présence par petites touches" selon le futurologue Noah Raford

L'intelligence artificielle et la technologie jouent un rôle de plus en plus important dans notre vie quotidienne. De nombreux pays ont adopté des plans d'action et d'adaptation. La Dubai Future Foundation travaille sur la ville du futur et notamment sur le transport autonome, la block chain et l'avenir des activités économiques. Nous avons évoqué tout cela avec Noah Raford, son chef futurologue et directeur des affaires internationales.

Jane Witherspooon, euronews :

"Que veut dire l'intitulé de votre fonction ?"

Noah Raford, chef futurologue à la Dubai Future Foundation :

"Cet intitulé correspond aux deux volets de notre mission au sein de la Dubai Future Foundation : le premier consiste à tenter de comprendre et d'imaginer la manière dont notre monde évolue, à quoi l'avenir ressemblera et comment nous pouvons nous y préparer aujourd'hui à Dubaï. Le deuxième volet, c'est bien sûr le fait que nous vivons dans un contexte mondialisé. Dubaï est la ville la plus cosmopolite au monde. Et évidemment, tout ce qui sera fait ici devra être entrepris en partenariat avec toutes les nationalités représentées ici."

Jane Witherspooon :

"Donc, c'est un peu comme de prédire l'avenir ?"

Noah Raford :

"C'est toujours difficile de prédire l'avenir. Nous essayons d'imaginer à quoi pourrait ressembler l'avenir car nous ne pourrons jamais dire avec certitude ce qui va réellement se passer. Mais quand on regarde la science et les technologies et tendances sociales et économiques qui émergent, on peut commencer à imaginer comment celles-ci pourraient se combiner, y compris dans une ville comme Dubaï où les évolutions se font sur un rythme très rapide et où les innovateurs trouvent un cadre favorable. Donc une partie de notre travail à la fondation, c'est de travailler avec ces personnes qui font en sorte que l'éclairage fonctionne, que les voitures circulent et que la sécurité soit assurée dans les rues et d'envisager ce qui pourra se passer dans la ville de demain."

Jane Witherspooon :

"Nous sommes encore en pleine pandémie mondiale. Aviez-vous prédit sa survenue ?"

Noah Raford :

"Prédire, c'est un mot un peu fort. Vous avez certainement entendu cette affirmation comme quoi l'avenir est déjà là. Il est visible par petites touches. Et comme Dubaï est une ville tellement internationale et qu'une partie de notre mission consiste à avoir un réseau mondial d'experts, d'artistes et de designers, lors du déclenchement de la pandémie en janvier et février en Asie et en Chine, bon nombre de nos amis et collègues étaient sur place et nous avons commencé à voir l'impact qu'elle avait sur les économies nationales avec plusieurs mois d'avance. Donc la tâche du futurologue, c'est notamment de se montrer attentif à ces changements qui apparaissent et de se mettre à réfléchir sur leur impact. Cela dit, quand on prend la pandémie par exemple, nous sommes tous connectés par le transport aérien : c'est donc une question de logique et de temps que si quelque chose se passe à 8 heures de vol, cela finisse par venir jusqu'à vous. Donc nous avons été attentifs très tôt aux signes qui pouvaient annoncer son apparition. Et au moment où elle nous a touchés, nous étions préparés heureusement."

Jane Witherspooon :

"Quand on regarde la situation géographique de Dubaï, les chaînes d'approvisionnement alimentaire et le changement climatique, dans quelle mesure ces aspects ont-ils un impact sur une région comme celle-ci ?"

Noah Raford :

"Les répercussions sont immenses et elles le seront de plus en plus à l'avenir. Les Émirats comme de nombreux pays du Conseil de coopération du Golfe importent 85% de leur alimentation et dessalent environ 85-90% de leur eau. Leurs autorités se rendent compte qu'il s'agit d'un risque stratégique, mais aussi d'une immense opportunité de croissance et d'innovation parce qu'il y a de nombreux inconvénients dans la manière dont nous produisons de la nourriture partout dans le monde. Le dessalement de l'eau de mer nécessite de consommer énormément d'énergie et a un impact énorme sur l'environnement. C'est la même chose pour la viande et pour de nombreuses choses que nous prenons pour acquises dans notre mode de vie actuel. Donc même si ce sont des menaces immenses, ces défis génèrent des opportunités extraordinaires pour ré-imaginer la nature de nos entreprises, de nos économies, de notre approvisionnement alimentaire et de notre vision de nous-mêmes et la manière dont nous formons ensemble, une société."

La Tunisie prend une longueur d'avance dans la culture des algues rouges

La Tunisie est une pionnière de la culture des algues en Méditerranée. Dans le nord du pays, des paysans des mers récoltent des algues rouges qu'ils ont eux-mêmes plantées pour l'entreprise Selt Marine. Ces végétaux sont utilisés comme additifs dans de nombreux aliments du fait de l'engouement pour les produits végétariens.

"Nos texturants sont utilisés dans la confiserie, la pâtisserie et les produits laitiers : on a développé un produit qui peut remplacer les protéines animales," précise Mariem Mouheddine, biologiste et responsable du développement chez Selt Marine, avant de nous montrer les "nuggets" que son entreprise a développés : "Ils sont à base de nos texturants et de protéines végétales, c'est-à-dire qu'ils ne contiennent pas de viande, mais ils ont une texture qui ressemble à la viande et un goût qui ressemble à la viande," fait-elle remarquer.

Après des années de recherche, l'entreprise, la seule de Tunisie à cultiver des algues, les récolte pour la première fois, à l'échelle industrielle. Leurs applications sont nombreuses dans l'alimentation, mais aussi dans les cosmétiques et les produits pharmaceutiques.

"On place ces algues - de la biomasse naturelle - dans les cordes et les filets où on les laisse croître," décrit Mounir Boulkout, fondateur du groupe Selt Marine. "Une fois qu'elles ont crû, on ramasse 80% de la production au séchage et on la met sous forme de balles qui seront envoyés à l'unité industrielle," précise-t-il.

D'ici à deux ans, la direction espère étendre le projet sur une parcelle de 80 hectares et multiplier ses effectifs par cinq.