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Une solution d'école en ligne pour un million d'enfants réfugiés

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Par Laura Buckwell
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L'éducation est un droit dont ceux qui ont fui leur pays sont bien souvent privés. Près de la moitié des enfants réfugiés ne sont pas scolarisés selon les Nations Unies et du fait de conflits récents, ce chiffre continue d'augmenter.

Pour contribuer à y remédier, la fondation "Mohammed Bin Rashid Global Initiatives" basée à Dubaï a lancé la "Digital School" (l'école numérique) qui vise à délivrer un enseignement à un million d'enfants réfugiés et défavorisés d'ici à 2026.

L'initiative a débuté par une phase pilote en 2020, puis elle a été officiellement lancée cette année dans cinq pays : l'Égypte, la Jordanie, l'Irak, la Mauritanie et la Colombie. En 2022, il est prévu que jusqu'à 20 000 élèves y aient accès et que 500 enseignants soient formés. 120 centres éducatifs verront aussi le jour et proposeront des contenus éducatifs en arabe, français, espagnol et anglais.

Omar Bin Sultan Al Olama, le ministre d'État des Émirats arabes unis chargé de l'intelligence artificielle, de l'économie numérique et des applications de travail à distance, qui est également président du conseil d'administration de la "Digital School" nous précise : "Nous choisissons des lieux qui disposent d'une infrastructure de base, donc qui ont l'électricité et un certain niveau de connectivité à haut débit. Si ce n'est pas du haut de gamme, nous sommes au minimum en mesure de leur fournir un accès et un service," explique-t-il avant d'ajouter : "Le contenu est téléchargeable sur des tablettes : c'est comme cela que nous leur délivrons le programme éducatif."

Partenariats pour l'avenir

La "Digital School" est une alliance mondiale réunissant plus de 35 organisations et institutions académiques, éducatives et de recherche internationales telles que l'UNESCO, l'UNICEF, Harvard et l'Université de l'État de l'Arizona.

Le secrétaire général de la "Digital School" Waleed Al Ali nous explique : "Nous croyons aux partenariats et c'est pour cela que cette alliance pour l'avenir de l'apprentissage numérique est effectivement notre objectif. C'est notre méthode pour réunir des partenaires de différents secteurs, de l'éducation, de la technologie, de l'académie, des gouvernements et aboutir à un modèle plus complet d'école numérique dans chaque lieu où nous déclinons le concept," affirme-t-il.

L'initiative est également menée en partenariat avec un certain nombre d'autorités basées à Dubaï dont Dubai Cares, le Croissant-Rouge des Émirats et l'Autorité pour la connaissance et le développement humain (Knowledge and Human Development Authority). Ces entités construisent des centres d'apprentissage dans les camps de réfugiés et les zones reculées tout en utilisant les espaces existants. Des accords avec des gouvernements et institutions ont permis de surmonter des défis comme la connectivité. Des fournisseurs locaux ont par exemple, accepté de délivrer un accès gratuit à internet.

Un contenu adaptable

La "Digital School" est adaptée aux besoins et au programme pédagogique de chaque pays. Sous la supervision d'un enseignant ou d'un animateur, du matériel pédagogique numérique est téléchargé et les élèves apprennent chacun à leur rythme.

Directrice de l'enseignement de la "Digital School", Lesley Snowball indique que l'approche consiste à aider les élèves à développer leur résilience et leur capacité d'adaptation pour qu'ils puissent tirer le meilleur parti de circonstances difficiles. "Cela leur donne des connaissances et des compétences essentielles pour leur avenir immédiat et à plus long terme, cela les maintient dans le système éducatif," insiste-t-elle. "Les élèves de notre "Digital School" auront un sentiment d'appartenance à une communauté plus large et ils auront conscience que cette communauté se préoccupe vraiment d'eux et de leur potentiel," renchérit-elle.

Waleed Al Ali raconte que les initiateurs du projet ont été surpris par le rythme d'apprentissage soutenu des enseignants, des animateurs et des élèves. "Les gens supposent que parce qu'il s'agit d'individus appartenant à des communautés qui manquent de ressources, ils seront lents à s'y mettre : en réalité, ils comprennent très rapidement et ont soif d'apprendre," fait-il remarquer.

L'accès à l'éducation peut changer une vie

Lors de sa phase expérimentale, la "Digital School" a notamment été lancée il y a deux ans en Jordanie, dans le camp émirati-jordanien de Mrajeeb Al Fhood qui accueille des réfugiés syriens. 60 élèves la fréquentaient alors. Aujourd'hui, ils sont plus de 750.

Fatima Al Gabawy, réfugiée elle-même, a suivi le programme de formation de six mois pour devenir animatrice au sein de la "Digital School" implantée dans le camp. Elle confie que cette expérience lui a donné le sens des responsabilités et de l'initiative. Quant aux élèves, l'école renforce leurs compétences pour qu'ils puissent passer d'un niveau à l'autre. Elle précise que la "Digital School" "leur délivre des certificats reconnus dans le monde entier : ce qui leur permet plus tard, d'intégrer des lycées ou des universités."

L'accès à l'éducation peut changer une vie. C'est tout le sens de cette initiative internationale unique en son genre. Cet enseignement en ligne est porteur d'espoir pour l'avenir de ces enfants et de leurs communautés.