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L'année sabbatique

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L'année sabbatique

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Prendre une année sabbatique avant d’entrer à l’université est un choix de plus en plus populaire. Ce que les Anglais appellent une “gap year” est à la fois un test d’autonomie et une chance de découvrir d’autres cultures.

Australie : récolter des idées

L’Australie, avec sa beauté sauvage et naturelle et tout un éventail d’opportunités de travail, est une destination favorite.

Kristin, Albert et Eric viennent d’Estonie. C’est eux qui ont décidé de travailler comme saisonniers agricole pendant leur année sabbatique. La journée de travail commence à 7 heures. Une activité à la fois délicate et monotone. L’occasion de prendre le temps de réfléchir à leur avenir.

Une faible concentration démographique et le besoin constant de main d’oeuvre dans les champs rendent l’Australie attractive pour les futurs étudiants qui prennent le temps de se chercher.

Phil Murray : bien se préparer

Phil Murray est directeur de Gapadvice.org qui conseille les jeunes sur leurs options pendant l’année sabbatique.

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Pour vous, l’année sabbatique est plus qu’une simple période de vacances. Quels en sont les avantages ?

Phil Murray

Tout d’abord, je voudrais dire que ce n’est pas l’idéal pour tout le monde. Mais avoir 18 ans est un moment spécial. Les jeunes sont dans le système scolaire depuis 14 ans, et là, ils ont la chance de faire une pause, de faire quelque chose de différent, d’acquérir de nouvelles compétences et cela leur donne confiance.

D’un point de vue pratique, une année sabbatique peut aussi améliorer vos chances d’avoir une place à l’université et vous préparer à l‘éducation supérieure. Et cela plaît aux employeurs sur un cv. A mon avis, c’est très positif.

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Certains avancent qu’il est très difficile de reprendre les études après une pause si longue. Que conseillez-vous aux étudiants ?

Phil Murray

C’est ce qui inquiète quelques parents. En fait, la plupart retournent aux études après leur année sabbatique. Mais très franchement, s’ils ont passé une année à enseigner à l‘étranger et que ça ne leur a pas plu, il vaut mieux qu’ils s’en soient aperçu avant de choisir cette branche à l’université.

Mais ce qui tend à se produire est qu’ils font des choix qui leur sont mieux adaptés. J’ai rencontré un jeune homme l’autre jour qui est allé au Sénégal. Il voulait étudier l’histoire, mais après son année sabbatique, il a demandé à son université s’il pouvait se concentrer sur les études africaines et le français. Donc il a affiné son choix grâce à son année sabbatique.

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Que doivent faire les jeunes pour tirer le meilleur parti de leur année sabbatique ?

Phil Murray

La recette du succès est dans la préparation : il faut prendre le temps de faire des recherches et de planifier. Il ne suffit pas de sauter dans un avion et hop ! Il faut préparer. Je conseillerais de commencer par un placement proprement structuré, dans le cadre d’une organisation qui a de l’expérience. Ils vous mettent au courant avant de partir, vous accueillent quand vous arrivez et sont à l‘écoute après. Ils réfléchissent à ce que vous pouvez faire en relation avec vos choix universitaires et votre futur métier. Cela garantit une année sabbatique utile.

www.gapadvice.org/about-us.html

Afrique du Sud : une seconde chance

Qui dit année sabbatique ne dit pas forcément vacances et voyage à l‘étranger. Pour certains, c’est une autre chance de se mettre à niveau pour l’université.

L’Afrique du Sud est un pays où 51% des 19-25 ans sont au chômage. pour s’en sortir, être qualifié est crucial. Mais la plupart des classes sont surchargées – entre 45 et 70 élèves. L’absentéisme est élevé et le taux de réussite au bac, très bas.

Au coeur du Cap, une petite ONG baptisée Equal Education s’est fixé pour objectif de changer la donne, élève par élève.

Le principe : donner une autre chance aux élèves sortis du lycée avec des notes trop basses pour accéder à l’université. L’année sabbatique devient année de rattrapage.

Egalement au programme de cette année de rattrapage : apprendre à militer pour un meilleur système éducatif en Afrique du Sud. On enseigne aux élèves le sens de la responsabilité civique en replaçant ces valeurs dans le contexte de l’histoire. Ils font campagne, entre autres, pour une meilleure formation des enseignants, plus de bibliothèques et d‘écoles. Dans la province du Cap occidental, ils sont 10.000 à ce jour à bénéficier de ce programme.