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L'Ukraine, à la croisée des chemins

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L'Ukraine, à la croisée des chemins

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L’affaire Timochenko empoisonne Kiev, et ses ambitions d’intégration européenne.

L’Ukraine doit signer en décembre prochain l’accord d’association et de libre échange avec l’Union Européenne, un premier pas vers son rapprochement avec l’Europe. Des négociations sur cet accord ont eu lieu lors du forum “Yalta European Strategy”, mais le procès de l’hégérie de la révolution orange s’est invité dans les débats.

Les européens ont conditionné leur signature à la tenue d’un procès equitable. Ils se sont montrés inflexibles.

“On est en train de négocier dans le cadre de l’accord d’association. Jusque là, il y a des progrès, mais la capacité de l’Ukraine à garantir les droits fondamentaux et les libertés, y compris dans les salles d’audience, reste déterminante.”, déclare à Yalta le Commissaire européen à l’Elargissement Stefan Füle.

Cette pression diplomatique a conduit à une nouvelle suspension du procès d’Ioulia Timochenko, accusée d’abus de pouvoir dans une affaire de contrats gaziers russes. Dans le même temps Kiev est engagé dans un bras de fer avec Moscou sur le prix du gaz.

L’Ukraine se trouve donc à la croisée des chemins :

à l’ouest l’intégration européenne mais soumise à la libération de la principale opposante au président Ianoukovitch.

A l’est, les avantages gaziers mais conditionnés à une alliance avec la Russie.

“ On ne demande pas à la Russie des remises, ou la gratuité du gaz. On demande l‘équité, on ne veut pas faire de donation à la Russie comme la dernière fois.” explique l’opposant ukrainienArseniy Yatsenyuk.

“L’avenir de l’Ukraine, à l’instar d’autres économies européennes, c’est la production, le tourisme, le transport, le gaz aussi, mais pas avec cette énorme dépendance qu’on observe aujourd’hui.” ajoute le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt.

Moscou refuse les propositions de l’Ukraine, et a signé à Sotchi, au sud-ouest de la Russie, un accord sur le gazoduc Southstream avec des compagnies française, allemande et italienne.

Ce gazoduc de 3.600 km doit notamment alimenter la grèce et l’Italie en gaz ruisse via la mer Noire et les Balkans. Il contourne donc l’Ukraine, qui propose quant à elle de le faire passer sur son territoire.