DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Le crash de Smolensk : deux ans après le mystère demeure


Insight

Le crash de Smolensk : deux ans après le mystère demeure

Il y a deux ans, le 10 avril 2010, l’avion du président polonais Lech Kaczyński s‘écrase lors d’une tentative d’atterrissage sur l’aéroport russe de Smolensk. Il n’y aura aucun survivant. On compte 96 morts. Parmi eux, le chef de l‘État, sa femme, le chef d‘état-major des armées, des vice-ministre, des députés ou encore le gouverneur de la Banque nationale de Pologne. La tragédie laisse un pays en deuil, effondré.

La délégation polonaise allait commémorer le 70ème anniversaire du massacre de Katyń, une page de l’histoire qui a longtemps envenimé les relations entre la Pologne et son voisin russe.

Aujourd’hui toute la lumière n’a pas été encore faite sur cette catastrophe nationale.

Enquête russe, enquêtes polonaises, les rapports se succèdent sur l’accident du Tupolev 154:
erreur de pilotage, brouillard, vitesse, mauvais éclairage de l’aéroport militaire, mauvaises instructions des contrôleurs russes : les Polonais suivent de près tout ce qui se dit.

Et les dernières révélations sur le déroulement de l’accident sont une véritable bombe à retardement pour le gouvernement polonais.
Deux ans après, le crash pèse de plus en plus lourd dans la vie politique.

On reproche à Donald Tusk, déjà premier ministre à l‘époque du crash, le fait que la Pologne n’ait pas participé directement à l’examen de l’épave de l’appareil qui se trouve d’ailleurs toujours aux mains des Russes. Aucun enquêteur polonais n’est allé sur les lieux de l’accident ou n’a assisté à l’autopsie des corps des victimes. Pas d’enquête non plus sur les erreurs de guidage commises par les contrôleurs aériens de l’aéroport de Smolensk.

Une aubaine pour Jaroslaw Kaczinski, le frère jumeau du président défunt. Leader du parti “droit et justice”, première force politique d’opposition en Pologne, il compte se présenter à l‘élection présidentielle de 2015. Il considère que Donald Tusk est responsable de l’accident qui a coûté la vie à son frère et va même jusqu‘à soutenir la thèse de l’attentat.

Selon un récent sondage, 32% des Polonais interrogés pensent que cet accident est de la faute des Russes, 28% de celle des pilotes, 27% de la responsabilité du gouvernement polonais. Enfin 18% des sondés croient aussi à la thèse de l’attentat…

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

Insight

Mali : scission proclamée par les Touaregs séparatistes du MNLA