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Mykola Azarov : " Il n'y a pas de dictature en Ukraine, ni de répression politique"

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Mykola Azarov : " Il n'y a pas de dictature en Ukraine, ni de répression politique"

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L’affaire Tymoschenko a jeté un froid sur les relations entre l’Ukraine et l’Union européenne. L‘état de santé de l’ex-Premier ministre inquiète, et les occidentaux craignent que les poursuites judiciaires visent à se débarasser de l’opposante politique.
Le correspondant d’euronews en Ukraine Sergio Cantone a rencontré le Premier ministre Mykola Azarov.

Sergio Cantone, euronews :
“Monsieur le Premier ministre, bienvenue sur euronews. Il y a beaucoup de préoccupations dans l’Union européenne, notamment parmi les dirigeants de l’Union sur l’Etat de droit en Ukraine, la chancellière allemande Angela Merkel a comparé l’Ukraine à une dictaure, elle a comparé l’Ukraine à la Biélorussie. Qu’en pensez-vous ?”

Mykola Azarov, Premier ministre ukrainien :
“Quelques jours en Ukraine, peut-être plus, seraient certainement suffisant à n’importe qui pour voir qu’il n’y a pas de dictature en Ukraine, pas plus que de répression politique. Les partis politiques démocratiques existent en Ukraine, certains sont représentés au Parlement, d’autres non. La liberté d’expression est totale. Je pense que la remarque de Mme Merkel est politiquement incorrecte. Cela n’aide pas à renforcer les relations bilatérales entre l’Allemagne et l’Ukraine voire même entre l’Ukraine et l’Union européenne.”

Sergio Cantone, euronews :
“Ne pensez-vous pas qu’il faille trouver une issue à ces situations qui mettent votre pays dans une impasse vis-à-vis de vos partenaires occidentaux ?”

Mykola Azarov, Premier ministre ukrainien :
“Mme Tymoschenko n’a pas été condamnée pour ses convictions politiques. Elle a été condamnée pour avoir falsifié un document officiel appelé “Directive du Gouvernement ukrainien”. En utilisant ces documents elle a forcé ses collaborateurs à signer des contrats gaziers avec la Russie totalement défavorables. Maintenant notre pays doit payer le double pour ses achats de gaz si on compare les prix aux prix européens moyens”.

Sergio Cantone, euronews :
Donc en fait vous pensez que les leaders européens tirent des conclusions basées sur de mauvaises informations concernant votre pays ?

Mykola Azarov, Premier ministre ukrainien :
“J’ai posé une simple question sur ses agissements. Etait-ce une décision politique ou un crime ? Et je voudrais que des avocats européens répondent à cette question.”

Sergio Cantone, euronews :
Ils ont déjà donné leur réponse, ils disent que le jugement est politique, ils disent que le gouvernement ukrainien, le pouvoir ukrainien actuel veut se débarasser d’une opposante gênante, Ioulia Timoschenko.

Mykola Azarov, Premier ministre ukrainien :
Une nouvelle fois je tiens à rappeller tous les faits de cette histoire. Je me demande si les leader européens ont toutes les données à ce propos. Nous sommes prêts à fournir ces informations. Les faits sont irréfutables. Donc il reste la question : l’enquête était-elle politique ou était-elle nécessaire au vu des pertes faramineuses pour notre pays engendrées par ses actions ?

Sergio Cantone, euronews :
Monsieur le Premier ministre, je comprends, mais ne pensez vous pas qu’il y a en manque de confiance dans le système judiciaire ukrainien, à l‘étranger comme dans le pays ?

Mykola Azarov, Premier ministre ukrainien :
C’est pourquoi nous avons lancé une grande réforme de notre système judiciaire. Un nouveau code de procédure criminelle va bientôt entrer en vigueur ce qui aura pour effet de renforcer le droit des citoyens. C’est pourquoi nous combattons si durement la corruption. L‘échelle de ce combat est bien plus large que disons il y a deux ans. C’est vraiment un énorme combat contre la corruption. C’est pourquoi nous voulons libéraliser l‘économie, parce que nous voyons le problème et nous faisons de notre mieux pour créer un climat propice aux investissements en Ukraine. Et nous allons réussir.

Sergio Cantone, euronews :
Allez-vous surprendre le reste de l’Europe en laissant Ioulia Timoschenko aller soigner ses problèmes de santé à l‘étranger ?

Mykola Azarov, Premier ministre ukrainien :
N’allons pas trop vite. Elle reçoit actuellement des soins qui vont nous permettre de comprendre quelle aide médicale supplémentaire sera nécessaire.
Après, si les autorités médicales compétentes concluent que le traitement adéquat ne peut pas lui être donné en Ukraine, mais peut lui être donné quelque part en dehors d’Ukraine, alors et seulement alors nous pourrions envisager cette possibilité, fondées, je tiens à la souligner, sur des raisons totalement humanitaires. Il est clair cependant, qu’une telle décision nécessiterait une modification de la loi.

Sergio Cantone, euronews :
Monsieur le Premier ministre, merci.