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Italie : renforcer l'intégration européenne


interview

Italie : renforcer l'intégration européenne

Crise financière, intégration européenne, mais aussi rapports avec les pays de la Méditerranée à l’aulne des révolutions arabes, nous avons rencontré le chef de la diplomatie italienne, Luigi Spinola, il répond à nos questions.

Luigi Spinola, euronews
M.Terzi bonjour. Merci de recevoir Euronews ici à La Farnesina, le quartier général de la diplomatie italienne. Selon vous l’accord du Conseil européen fin juin est-il un accord suffisant pour faire face à l’urgence et à la stabilisation de la zone euro, ou sert-il à autre chose?

Giulio Terzi, ministre italien des Affaires étrangères
C’est un accord suffisant. L’Italie et le président du Conseil ont contribué de façon très substantielle aux accords obtenus au Conseil européen, et nous les considérons comme de bonnes décisions. Naturellement elles devront être menées dans le cadre de l’Eurogroupe et l’Ecofin qui devront définir toutes les conditions d’utilisation de ce pare-feu, conçu surtout par rapport à l’excessive fluctuation du différentiel des dettes. C’est une question qui concerne particulièrement l’Italie, et nous considérons que c’est une mesure positive, pas seulement parce qu’elle met à disposition une capacité d’intervention, mais déjà parce qu’elle existe. Nous savons que les marchés financiers se basent en grande partie sur les attentes des investisseurs, des spéculateurs. Donc, le fait d’avoir pris une mesure de ce type et savoir qu’elle sera appliquée dans un bref delai, est un acquis
positif.

Liugi Spinola
Pour l’Italie, quelle est, quelle doit être la ligne maîtresse pour faire vraiment face à cette crise et renforcer la construction européenne?

3:03 Terzi
L’Italie croit profondément au renforcement, dans tous les domaines, de l’intégration européenne. L’intégration politique, l’intégration financière, l’intégration économique. C’est une ligne enracinée dans le parlement, dans l’opinion publique, nous avons un mouvement fédéraliste fort avec des objectifs d’intégration qui sont très clairs et bien définis. Et nous voulons renforcer la légitimité des institutions européennes. De fait, nous sommes satisfaits que le Traité de Lisbonne ait créé les conditions d’un renforcement de la légitimité et aussi du rôle du Parlement européen. Nous sommes profondément convaincus que la voie du renforcement institutionnel est gagnante pour une Europe compétitive et une Europe vraiment capable de jouer un rôle significatif.

Luigi Spinola
Laissons notre continent, allons direction le sud. Le monde arabe connait actuellement une grande phase de transformation et de changement. A votre avis, que peuvent, que doivent faire les Européens pour peser sur le processus de transition qui conduira à un nouveau ordre?

4:15 Giulio Terzi
Depuis le début du gouvernement Monti, nous nous sommes fermement engagés dans une politique méditerranéenne qui considère les transformations en cours dans la société, dans les institutions de ces pays – essentiellement la Tunisie, la Lybie, l’Egypte et aussi l’Algérie et le Maroc et peut-être, nous le souhaitons, la Syrie… – qui considère vraiment ces changements comme l’opportunité de nouveaux partenariats, d’une nouvelle approche, pas seulement politique, mais aussi culturelle, dans la manière de voir une nouvelle réalité : celle de l’islam politique qui a émergé sur la rive sud de la Méditerranée. Si je regarde les premiers fruits de ce qui se passe, il y a des signes encourageants et positifs. Les élections qui ont eu lieu dans ces pays ont livré un indicateur très net : une très forte participation et aussi, dans ces sociétés ou les femmes restent parfois marginalisées sur le plan politique, une très forte participation des femmes.

Luigi Spinola
M. Le ministre, un défi très concret nous arrive de la Méditerranée, représenté par les bateaux chargés de candidats à l‘émigration qui prennent la mer. A votre avis, le Printemps arabe conduit-il à une autre façon de voir, de gérer cette pression migratoire, pas seulement de la part de l’Italie, premier point de débarquement, mais aussi de l’Europe dans son ensemble?

Giulio Terzi Cela s’impose, je crois que l’Italie est le pays qui dans l’absolu, fait le plus pour la tutelle des personnes, des hommes, pour leur sécurité et aussi pour les conditions des personnes les plus faibles, celles qui affrontent un voyage en mer avec de faibles espoirs d’atteindre la terre ferme en face. Nous avons sauvé, les six premiers mois de cette année, plus de 800 migrants sur des embarcations en perdition, les garde-côtes italiens sont intervenus pour 800 cas. Et nous avons eu un afflux de près d’un millier de personnes au premier semestre. Ce sont des chiffres très différents de ceux enregistrés avec la Tunisie et la Lybie en 2011, un afflux de respectivement 28 et 29 mille personnes venant de ces deux pays. Mais le problème demeure. Et nous devons le regarder pas tant comme un problème que comme un grand défi que l’Europe doit relever avec responsabilité. En développant encore les relations de partenariat avec les pays que j’ai évoqués. Beaucoup a été fait en ce qui nous concerne, sur le plan bilatéral, mais nous espérons qu’il continuera à en être de même sur le plan européen, via des accords de partenariat et de mobilité, des accords de réadmissions, et aussi en aidant ces pays dans l’identification de documents, dans le contrôle de leurs frontières, mais également en ce qui concerne l’intégration des populations qui se déplacent à cause d’une démographie croissante dans cette région du monde, ou de catastrophes humanitaires comme cela s’est produit en Syrie.
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