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Accord ministériel à Naples sur l'avenir du secteur spatial européen

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Accord ministériel à Naples sur l'avenir du secteur spatial européen

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A Naples en Italie, s’est tenu récemment un sommet crucial pour l’avenir du secteur spatial en Europe. Des lanceurs aux robots explorateurs de Mars, tout était sujet à débat et en particulier : le financement. Les ministres des vingt pays membres de l’Agence spatiale européenne (ESA) – parmi lesquels, de nouveaux venus comme la Pologne – devaient déterminer quels projets recevraient des fonds, mais aussi qui mettrait la main à la poche et pour quel montant et les négociations ont été rudes, comme le reconnaît la ministre française pour la recherche Geneviève Fioraso : “on ne dort pas beaucoup, on a des points de vue qui se confrontent et même si tout a été préparé avant, c’est comme si on recommençait tout à nouveau,” lance-t-elle.

En réalité, comme le souligne son homologue italien, Francesco Profumo, la “principale activité au cours de ce sommet consiste à définir une stratégie pour l’espace à l‘échelle de l’Europe et non une stratégie propre à chaque pays.” Mais choisir entre le bien commun et ses intérêts nationaux n’est pas chose facile. C‘était le cas lors du débat sur les lanceurs, probablement le plus vif de tous.

Les négociations ont finalement abouti à un compromis : le développement d’Ariane 5 ME, réclamé par les Allemands, va se poursuivre avec un horizon de mise en vol en 2017. Dans le même temps, vont démarrer les études préalables à la construction d’Ariane 6, plus modulaire et plus flexible. Ce qui satisfait les représentants de la France.

Le rôle de l’Europe dans la Station spatiale internationale a aussi donné lieu à des tractations intenses. Les ministres se sont notamment mis d’accord pour fournir aux Américains, le système de navigation et de propulsion qui équipera leur nouveau véhicule d’exploration habité, baptisé Orion. “Notre participation à ce module pourrait être acceptée par la NASA comme un ticket d’entrée,” affirme Johann-Dietrich Wörner, président du directoire du Centre aérospatial allemand (DLR), “et en parallèle de ce ticket d’entrée à l’ISS, on a la possibilité avec ce module, d’envisager l’avenir des vols habités aux côtés des Américains.”

Et la science dans tout ça ? Les satellites européens de recherche comme Hershel, Plank, Rosetta et BepiColombo sont des leaders mondiaux dans leur domaine. Le budget qui est attribué aux programmes scientifiques restera à son niveau actuel de 508 millions d’euros par an.

Dans l’ensemble, les membres de l’ESA consacrent à l’espace, une petite part de leur budget national. Mais l’idée que ce secteur représente malgré les échéances lointaines, un investissement stratégique pour stimuler l‘économie trouve un écho auprès de responsables politiques en quête de soutien populaire.

A l’issue du sommet de Naples, l’Agence spatiale européenne réussit à maintenir son budget malgré la crise : il s‘élève à plus de 10 milliards d’euros pour les prochaines années.

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