DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Le Vénézuéla sans Chavez, jusqu'à quand?

Vous lisez:

Le Vénézuéla sans Chavez, jusqu'à quand?

Taille du texte Aa Aa

34 jours sans Hugo Chavez. Depuis son départ pour Cuba le 8 décembre, le Vénézuéla vit au rythme des nouvelles sur la santé de son président livrées au compte-gouttes.

C’est à La Havane, encore, que Chavez a été opéré de son cancer, dont le type n’a pas été révélé, pour la quatrième fois. De quoi semer l’inquiétude, pas seulement sur sa santé, mais aussi sur l’avenir politique inmédiat, alors que le président réélu doit prêter serment le 10 janvier.

Reconduit le 7 octobre dernier pour la troisième fois consécutive pour un mandat de 6 ans, Hugo Chavez avait assuré aux Vénézuéliens trois mois plus tôt qu’il “était totalement soigné”.

Mais le 8 décembre, il annonce une rechute et demande l’autorisation de retourner à Cuba. La gravité de la situation lui fait dire que si quelque chose lui arrive : “Mon opinion, claire, irrévocable, absolue, c’est que, si la situation nécessite des élections présidentielles, comme le préconise la constitution, vous choisirez Nicolas Maduro comme président de la république bolivarienne du Vénézuéla.”

Très vite, à l’inquiétude des Vénézuéliens et notamment des “Chavistes” pour la santé de leur champion, s’ajoute la polémique sur le protocole légal à suivre en cas d’absence de Chavez le 10 janvier.

Le vice-président et dauphin Nicolás Maduro, commence à préparer l’opinion : le 4 janvier, il assure que Chavez mène une rude bataille contre la maladie et qu’il reviendra lorsque les médecins le décideront.

“Si pour quelque raison que ce soit, le président n’a pas repris ses fonctions a la tête de l’Etat et ne peut se présenter devant l’assemblée nationale, l’article 231 de la constitution stipule qu’il peut prêter serment devant la Cour suprême.”

La décision tombe ce mercredi 9 janvier, la chambre constitutionelle de la Cour suprême adopte une position intermédiaire. Elle légalise la continuité du président et de son gouvernement sans investiture,
mais sans fixer de date ultérieure .

L’analyse de la journaliste Marta Aguirre

Comment ce verdict de la Cour Suprême a-t-il été reçu par les Vénézuéliens. Euronews a posé la question à Marta Aguirre, journaliste du quotidien España Exterior à Caracas.

Marta Aguirre, España Exterior:
“La décision de la Cour ne va pas du tout dans le sens de la constitution, mais en fait on pouvait s’y attendre, parce qu‘à chaque fois que le gouvernement prend une décision qui n’est pas conforme à la Constitution, il adapte celle-ci à sa convenance. En fait, tous les pouvoirs sont au service du gouvernement, et ça n’a donc pas été une grande surprise.

Euronews:
Pensez-vous que les Vénézuéliens sont suffisamment informés par le gouvernement de l‘état de santé du président Chavez?

Marta Aguirre:
Aux yeux du pays, le diagnostic et le pronostic médical du président Chavez ne sont pas clairs. Il y a eu beaucoup d’hermétisme, et les dernières informations sont vraiment flous. On parle d’un état stationnaire du président, mais stationnaire à quel stade? Nous n’avons pas aucune information.

Euronews:
A votre avis, combien de temps peut durer cette situation de vide du pouvoir, d’absence de Chavez, combien de temps les gens vont-ils patienter?

Marta Aguirre:
Ce qu’on pense ici, c’est que le gouvernement veut gagner du temps, ainsi, s’il y a de nouvelles élections, il veut s’assurer de l’emporter, même
sans le président Chavez. Mais s’il y a une chose qui bien claire dans ce pays, c’est que les plus démunis, la grande majorité qui vote Chávez, votent pour lui, et non pas pour son parti, ni pour ses disciples, ils votent pour Chavez, pour la figure messianique et charismatique qu’est le président Chavez… “