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  • L’Arabie saoudite confirme avoir participé aux frappes en Syrie (officiel via AFP)

I talk

Présenté par Isabelle Kumar

Droits de l’Homme : vos questions à Human Rights Watch
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Alex Taylor, euronews :
Si vous nous regardez en ce moment, il y a donc de fortes chances pour que vous soyez humains, et à ce titre, vous avez des droits. Qui les définit, les défend ? Que se passe-t-il en cas de violation de vos droits? Pour répondre à vos questions dans cette édition de I talk, Jan Egeland – Directeur exécutif adjoint en charge des opérations Europe de Human Rights Watch (HRW).

Première question :
“Bonjour, moi, c’est Loïc, je viens de Bruxelles. Et je voulais savoir comment est-ce-que Human Rights Watch fonctionne ?”

Une première question très simple : Concrètement que fait HRW ?

Jan Egeland, Human Rights Watch :
Human Rights Watch est une organisation internationale qui enquête sur des cas de violation et de manquement aux droits humains et de violences contre les individus. Dans un deuxième temps, nous publions les résultats de nos investigations afin que tout le monde soit au courant de ce qui se passe. Enfin, nous nous battons que pour que les choses changent, pour que le droit s’applique partout et pour tous.

Comment vous assurez-vous que les faits que l’on vous rapporte sont véridiques ? Ils pourraient tout aussi bien être inventés ?

Jan Egeland, Human Rights Watch :
Eh bien nous recrutons les meilleurs parmi les meilleurs. Nos experts sont des spécialistes de tel ou tel pays. Ils vont sur le terrain, ils se sont rendus en Syrie, en Russie, en Afrique du sud, en Chine, partout où il y a une guerre, où sévissent la répression, la discrimination et les violations des droits humains.
Ils mènent des centaines d’entretiens, rédigent des rapports et chaque semaine nous publions de nouveaux documents, de nouveaux communiqués de presse que nous avons vérifié dans les moindres détails. Les faits que nous rendons publics sont avérés et c’est là notre force. Les faits sont rapportés tels qu’ils se sont produits sur place.

Alex Taylor:
Les résultats de vos recherches sont consultables sur votre site internet.
A présent cette question tout juste postée sur le site d’Euronews : Bertrand de Paris souhaiterait savoir quels sont les cas de non respect des droits de l’homme au sein même de l’Union européenne et dont les média ne parlent pas. A moins qu’elle n’est rien à se reprocher ?

Jan Egeland, Human Rights Watch :
Non. Ce qui nous préoccupe à Human Rights Watch, c’est l’aggravation de la situation des droits humains dans plusieurs pays européens. Et cette aggravation concerne 3 domaines : la discrimination des minorités, le non respect des droits des migrants et le fait qu’en période d’austérité, les minorités et les migrants se retrouvent dans une position encore plus vulnérable qu‘à l’accoutumée.

Alex Taylor, euronews :
Abordons maintenant un sujet qui, j’en suis sûr, vous tient à cœur, et sur lequel vous avez beaucoup travaillé, à savoir les droits des femmes. Nous avons reçu beaucoup de questions sur ce sujet à commencer par celle-ci:

“Bonjour, je m’appelle Mentor, je vis en Belgique et je suis d’origine kosovare. J’aimerais bien poser une question à propos de tout ce qui se passe en Inde, tous ces viols, ce que le gouvernement indien pense faire pour éradiquer ce problème et ce que nous, en tant que citoyens de l’Europe, on peut faire pour que ça cesse ?”

Alex Taylor, euronews:
Alors, que peuvent faire les citoyens européens s’agissant de la situation des femmes en Inde et notamment de la question du viol ?

Jan Egeland, Human Rights Watch :
“Nous pouvons faire beaucoup. L’Europe prépare actuellement son Sommet annuel avec l’Inde et les droits de l’hommes sont au programme. A cette occasion les Européens doivent faire en sorte que l’Inde veille à ce que la législation protégeant les droits des femmes soit correctement appliquée.
Si l’Inde dispose de l’arsenal législatif adéquat, dans les faits, l’existence de policiers, de juges et de dirigeants corrompus empêche que les droits des femmes soient correctement défendus. On l’a constaté à nouveau après ces viols terrifiants qui se sont produits dernièrement. Certains hommes politiques et leaders religieux n’ont rien trouvé de mieux que de rejeter la faute sur les victimes. Et ceci est tout simplement intolérable. Ces pratiques, cette culture doivent changer en Inde et partout ailleurs où les droits des femmes ne sont pas garantis.

Alex Taylor, euronews :
Une autre question sur ce thème M. Egeland.

“Bonjour, je m’appelle Sabrine, je viens de Belgique. Alors le Printemps arabe, c’est une bonne évolution pour la démocratie, mais il n’y a pas vraiment d’évolution au niveau des droits de la femme. Comment voyez-vous la situation ?”

Alex Taylor, euronews :
Quelles sont les répercussions du Printemps arabe en termes de droits des femmes dans les pays arabes ?

Jan Egeland, Human Rights Watch :
En ce qui nous concerne, nous sommes extrêmement préoccupés par l’absence de droits pour les femmes en Arabie saoudite sachant que ce pays soutient des mouvements islamiques dans d’autres pays …

Alex Taylor, euronews:
Mais est-ce-qu’on vous écoute ? Est-ce-qu’on prête attention à vos recommandations ? Dans ce pays, les femmes ne sont même pas autorisées à conduire. Comment pouvez-vous les pousser à changer ? Comment pouvez-vous influer sur ce qui se passe dans ces pays ?

Jan Egeland, Human Rights Watch :
Précisément en pointant du doigt ce qui se passe dans des pays comme l’Arabie saoudite, ainsi qu’en Egypte à présent où la question des droits et des valeurs est plus que jamais d’actualité. Nous voulons aider ces femmes courageuses qui se battent pour leurs droits que ce soit en Arabie saoudite, en Egypte ou en Syrie en proie à une terrible guerre civile. Nous devons exposer au grand jour tous les manquements, nous devons aider ces femmes à obtenir les mêmes droits que les hommes.

Alex Taylor, euronews
Une autre question pour vous :

“Bonjour, je m’appelle Lola, je vis en Belgique. Dans les pays en voie du développement, les femmes prennent-elles des initiatives positives pour changer leur conditions?”

Alex Taylor, euronews :
Dans les pays émergents, les femmes prennent-elles des initiatives ? Avez-vous des exemples de femmes qui essaient de changer les choses, qui prennent leur avenir en main ? Pourriez-nous nous donner des exemples concrets ?

Jan Egeland, Human Rights Watch :
Nous constatons que dans de plus en plus de pays, l‘éducation s’ouvre aux femmes ; le nombre de fillettes et de jeunes filles scolarisées en primaire, dans le secondaire, et qui décrochent ensuite un diplôme universitaire n’a jamais été aussi élevé. Dans plusieurs pays d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine où il était jusqu’ici inconcevable d’avoir des femmes en politique par exemple, eh bien la situation a changé. Cela dit, nous sommes encore loin de la parité avec les hommes. Les femmes font encore l’objet de discrimination sur le marché du travail, dans le système universitaire et dans la vie politique.

Alex Taylor, euronews:
Très bien. Nous avons reçu de très nombreuses questions M. Egeland. Vous vous intéressez de près depuis longtemps aux droits humains, quels sont selon vous, les problèmes qu’il faudra régler en priorité au cours de ce siècle ?

Jan Egeland, Human Rights Watch :
Oh, il y en a beaucoup, sans oublier ceux que nous n’avons pas encore réussi à éradiquer définitivement comme la torture et les exécutions sommaires. Et puis évidemment, il y a toutes les exactions commises en ce moment en Algérie. au Mali et particulièrement en Syrie avec le conflit.
A l’avenir, la bataille pour les droits humains va également porter sur la liberté de l’information, sur internet notamment. Internet est un excellent outil pour aider une société à s’ouvrir, ou pour faire tomber une dictature, mais internet peut aussi se transformer en un espace de surveillance, en un espace de propagation de la rumeur et de la haine. Donc oui, nous allons devoir lutter pour la liberté de l’information et pour que nos valeurs humaines, nos droits soient défendus partout à travers le monde.

Alex Taylor, euronews :
M. Egeland, merci beaucoup d’avoir participé à I talk ! Pour connaître le nom de nos prochains invités, consultez notre site web. Enfin merci à toute l‘équipe ici au Parlement européen à Bruxelles, et à bientôt.

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