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Le FMI abaisse ses prévisions de croissance 2013 dans le monde, dans la zone euro et en France

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Le FMI abaisse ses prévisions de croissance 2013 dans le monde, dans la zone euro et en France

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Un tiers des pays riches font encore face à des défis budgétaires majeurs, et devront réduire leur endettement en assainissent leurs finances publiques et parfois au prix d’efforts sans précédent : c’est ce qu’estime le Fonds monétaire international dans un rapport publié mardi et que son chef économiste a commenté.
“Nous sommes passé d’une reprise à deux vitesses à une reprise à trois vitesses, a expliqué Olivier Blanchard. Les économies émergentes et en développement vont toujours à un rythme solide, mais dans les économies développées, il semble qu’il y ait une différence croissante entre les Etats Unis et la zone euro”.

Dans ses nouvelles prévisions, le FMI ne voit plus que 3,3% de croissance mondiale contre 3,5% en janvier. En zone euro le FMI anticipe une activité en contraction de 0,3% contre 0,2% précédemment, pour l’année 2013. Pour la France le FMI est passé d’une prévision en janvier de +0,3% à une contraction de 0,1% toujours pour cette année.

Selon le FMI, à l’heure ou l’austérité est vivement contestée en Europe, il n’existe pas de solution alternative aux plans d’assainissement des finances publiques.
“Une inflation élevée qui visserait à abaisser la valeur réelle de la dette ou une restructuration de la dette ajoute le Fonds, impliqueraient des coûts sociaux et économiques importants et durables”.

Duplex : Carlo Cottarelli : directeur du département des affaires budgétaires au FMI

Oleksandra Vakulina, Euronews
Les perspectives économiques mondiales se sont améliorées grâce à la poursuite de la réduction des déficits dans les économies développées. La reprise de l’activité devrait s’accélérer au second semestre 2013. Quels sont les plus gros défis qui nous attendent et que peut on attendre de ce proche avenir ? Pour répondre à ces questions nous sommes avec Carlo Cottarelli, responsable du département des affaires budgétaires du FMI.
Très peu de pays européens peuvent s’enorgueillir de leur situation budgétaire. L’objectif de 3% du déficit est hors de portée à court terme pour un certain nombre d’entre eux.
Réduire la dette signifie aussi réduire la croissance. Comment un gouvernement peut-il résoudre cette contradiction ?

Carlo Cottarelli
“C’est un problème difficile; l’austérité budgétaire est un peu comme un médicament : il faut le prendre mais si vous en prenez trop, c’est mauvais. Donc il faut prendre la bonne quantité et c’est le défi auquel est un peu confrontée l’Europe : prendre le médicament de l’austérité à la bonne dose.
Ce à quoi on assiste en général c’est que le rythme d’ajustement est le bon mais l’Europe a besoin de prendre du recul avec des objectifs chiffrés spécifiques. L’objectif de 3% doit être atteint mais ne doit pas pas forcément être atteint à une date donnée. Cependant je suis un peu optimiste car l’Union européenne démontre un peu de flexibilité en traitant des cas spécifiques et en autorisant des pays à ralentir le rythme de l’ajustement quand c’est nécessaire.

O. Vakulina
Aux Etats Unis vous dites qu’une forte contraction fiscale a été évitée mais les politiciens n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord. Comment les Etats Unis peuvent-ils réduire cette dette insoutenable, si ce n’est pas en résolvant cet affrontement politique ?

Carlo Cottarelli:
Quelque chose doit être fait du côté des revenus et du côté des dépenses à moyen terme. Malheureusement, il n’a pas été possible d’atteindre un consensus au Congrès sur un plan d’ajustement budgétaire de moyen terme. Bien qu’en l’absence d’un plan, des coupes importantes aient tout de même été effectuées, le déficit a été largement réduit aux Etats Unis depuis 2009. Il a été réduit de 6% du Produit intérieur brut. Si on doit souligner quelque chose c’est qu’il a été réduit trop vite cette année, parce que cette consolidation du déficit se fait à une vitesse qui est un peu trop élevée par rapport à ce qui est en train de se passer dans l‘économie réelle car la reprise reste assez fragile.

O. Vakulina:
Vous basez votre optimisme sur le fait que les marchés émergents et les économies développées semblent repartir?

Carlo Cottarelli:
L‘économie mondiale avance à trois vitesses et le rythme le plus rapide est celui observé sur les marchés émergents. Les économies émergentes ont été beaucoup moins frappées par la crise 2008/2009 que les économies développées. Et ça a contribué à la constatation suivante : la croissance de ces économies continue. On doit aussi avoir en tête qu’il s’agit d’un processus de rattrapage de la part de ces économies avec une croissance des gains de productivité qui est en augmentation et une amélioration de l’emploi dans ces pays. Donc nous pensons que ce processus va continuer et que les économies émergentes vont continuer à croître à un rythme assez rapide à moyen terme.