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Dernier sommet européen avant l'été autour du chômage des jeunes


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Dernier sommet européen avant l'été autour du chômage des jeunes

Un accord politique sur le prochain budget de l’Union, du progrès dans le chantier de l’union bancaire et de nouveaux fonds pour lutter contre le chômage des jeunes… L’Irlande a réussit tout cela lors du dernier sommet européen sous sa présidence. Il faut maintenant vérifier que ces réformes seront suffisantes pour sortir l’Europe de la crise et redonner confiance aux citoyens.

Mais pour troubler la fête du premier ministre irlandais, Enda Kenny pouvait compter sur son voisin, David Cameron. Le premier ministre britannique, à la surprise générale a été l’auteur d’un petit coup de théâtre.

David Cameron a presque cassé l’ambiance en amenant une nouvelle fois sur le tapis le sujet du rabais britannique, que tous pensait réglé….
Il s’agit de quelque 3,6 milliards d’euros par an…
Une exigence pour l’instant laissée en suspens, et qui n’a pas empêché d’atteindre un accord sur le budget 2014-2020 .

“C’est une excellente nouvelle, estime Josée Manuel Barroso, parce que sans ce budget nous n’aurions pas eu les moyens d’investir dans nos régions, pour nos jeunes, ne chercheurs, pour tout ceux qui sont cruellement en besoin d’investissement en Europe.”

Le chômage des jeunes a dominé les discussions, avec le feu vert pour utiliser immédiatement les 8 milliards d’euro dégagés et cela dans une durée de deux ans et non sept comme prévu initialement.

“C’est un signal important que le conseil se préoccupe des problèmes qui touchent directement les gens. Et en ce moment, partout en Europe – pas seulement en Espagne- le chômage de jeunes est un problème majeur.”

Mais un “signal important”, voilà qui ne suffit pas à satisfaire le chef du groupe de centre-gauche du Parlement européen, Hannes Swoboda.

“Ce n’est clairement pas suffisant, donc nous nous battons aussi, on espère avec succès, pour obtenir un budget supplémentaire pour les années suivantes.”

Rappelons que selon l’Organisation internationale du travail ce sont 21 milliards d’euros qui seraient nécessaires pour concrétiser la garantie emploi pour la jeunesse.

Euronews : Pour approfondir sur ce sommet européen nous avons le plaisir d’accueillir la présidente de la Lituanie, Madame Dalia Grybauskaite.

Vous avez la responsabilité du suivi des décisions prises, car à partir du lundi vous détenez la présidence… Il a été décidé de débloquer huit milliards d’euros pour lutter contre le chômage des jeunes. C’est plus que ce qui était prévu mais ce n’est encore qu’une goutte d’eau dans l’océan pour les six millions de jeunes sans emploi.

Dalia Grybauskaite : Oui, vous avez en partie raison, le chômage est principalement la responsabilité des gouvernements nationaux. En général le budget européen ne peut qu’appuyer des dynamiques déjà en œuvre, mais il ne peut pas tout résoudre, et ce serait avoir une mauvaise perception des choses que de penser que tout doit être traité de Bruxelles avec 1%t des PIB nationaux dans nos coffres.

Euronews : L’argent sera disponible en 2014 mais que se passe-t-il après cela ? Quelle est la solution au long terme ?

Dalia Grybauskaite : Bien sur, c’est une espèce de coup d’envoi pour les deux ans à venir, et nous verrons comment ça va se passer mais certains des meilleures pratiques et programmes que nous voyons en Allemagne ou en Autriche prennent au minimum trois ans, c’est clair que nous devrons étendre cette initiative.

Euronews : Il y a un an les dirigeants européens sont tombés d’accord sur un pacte pour la croissance, un an plus tard, la zone euro est tombé dans une récession encore plus profonde. Que c’est il passé ?

Dalia Grybauskaite : Ce n’est pas seulement une crise du budget, de la dette, des finances, mais une véritable crise économique.

Euronews : Ce n’est pas parce qu’on a poussé l’austérité trop loin ?

Dalia Grybauskaite : Non, au contraire, en Lituanie, grâce à l’austérité on a pu être en mesure de renouer avec la croissance après une perte de 15% de PIB, en seulement un an et demi et maintenant nous sommes l‘économie de l’Union européenne avec la plus forte croissance d, au moins pour cette année. Bien sur la bonne combinaison pour lutter contre la crise et très complexe, l’austérité ne suffit pas, il faut aussi stimuler l‘économie et avoir un dialogue avec les partenaires sociaux.

Euronews : La Lituanie a bien travaillé, elle a mené d’importantes réformes pour sortir de la crise. Il me semble que d’autres pays ne l’ont pas fait il me semble. Peuvent-ils apprendre de votre modèle ?

Dalia Grybauskaité: Vous ne pouvez pas vous reposer sur les autres. Pourquoi n’avons nous pas demandé à bénéficier d’un plan de sauvetage ? Pourquoi n’avons nous pas demandé d’aide au FMI ? Nous savions que c‘était notre responsabilité et que notre future dépend uniquement de notre comportement politique sur la scène nationale.

Euronews : Aux États-Unis et au Japon la croissance a rapidement repris. Pourquoi est-ce que les citoyens européens devraient encore croire aux promesses des dirigeants européens ?

Dalia Grybauskaite : Je pense qu’on ne doit pas croire aux promesses. Aucun d’entre nous, moi y compris, je suis une citoyenne européenne. Nous devons croire aux résultats. Les problèmes principaux que nous voyons dans certains pays ont débuté à un niveau national à cause de la manière irresponsable, sur le plan fiscal et économique, dont se sont comportés les gouvernements.

Euronews : Quel est votre message aux autres pays, comme la France ?

Dalia Grybauskaite : Vous devez être très clair avec votre peuple sur les mesures qu’il vous est nécessaire de prendre. Si ce sont des mesures d’austérité il faut expliquer que c’est temporaire, et qu’après le niveau de vie redeviendra comme avant. Il faut commencer par donner l’exemple, S’il s’agit de réduire les salaires et les retraites, il faut commencer par ceux des dirigeants.

Madame la Présidente, merci d’avoir été sur Euronews.

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