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Audition de Snowden au Parlement européen : une commission dit oui

Un premier obstacle est franchi en vue de la possible audition par le Parlement européen du consultant à l’origine des révélations sur l’ampleur des écoutes menées par l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA), Edward Snowden. La commission parlementaire des Libertés civiles l’a autorisé ce jeudi par 36 voix pour, 2 contre et une abstention. Edward Snowden qui vit réfugié en Russie ne ferait pas le déplacement, mais pourrait être entendu par vidéo-conférence en direct. Pour que celle-ci ait lieu, il faut encore que le Parlement européen donne son aval : il se prononcera en février avant une éventuelle audition d’Edward Snowden d’ici avril.

Mais la décision s’annonce délicate à prendre. Les eurodéputés sont profondèment divisés. Les élus des groupes appartenant au Parti populaire européen (PPE) par exemple s’interrogent : “nous ne sommes pas opposés à l’idée d’approcher (Snowden), mais nous nous interrogeons sur le sens de cette initiative et le calendrier”, a indiqué il y a quelques semaines, l’eurodéputé démocrate-chrétien allemand Axel Voss avant d’ajouter : “que peut-il nous expliquer de plus, si tout a déjà été publié ?” Quant aux conservateurs britanniques (ECR), ils rejettent l’idée de l’auditionner.

Cette perspective ne va pas sans malmener les relations entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Rappelons qu’Edward Snowden encourt trente ans de prison outre-atlantique pour violation de l’Espionnage Act et vol de documents appartenant à l’Etat. Un représentant du Congrès américain a mis en garde le Parlement européen mardi dernier contre les “conséquences négatives” d’une audition de l’ex-consultant de la NSA. “Ce sera très négatif pour les liens entre les États-Unis et l’Union européenne,” avait soutenu le représentant républicain Mike Rogers, président de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants, lors d’une conférence de presse le 17 décembre au Parlement européen.

La Commission européenne aura-t-elle à y perdre à un moment où par la voix de la vice-présidente de la Commission européenne chargée de la Justice, Viviane Reding, elle négocie justement avec les autorités américaines, un accord pour assurer la protection des données personnelles des citoyens européens détenues par les gestionnaires des plateformes internet ? Viviane Reding elle-même ne semble pas croire que l’UE en serait affaiblie car depuis les révélations de l’informaticien américain, la donne a changé selon elle.

Alors que dans sa négociation avec les Etats-Unis, la Commission souhaite obtenir des garanties notamment pour empêcher les données personnelles des citoyens de l’UE de quitter l’espace européen sans leur consentement et pour donner aux citoyens européens, le droit d’engager des actions en justice aux Etats-Unis en cas de mauvaise utilisation de leurs données personnelles, différents points pourraient connaître des avancées : “grâce à M. Snowden, pour la première fois nous avons constaté une compréhension pour notre demande de réciprocité,” a souligné la vice-présidente de la Commission cette semaine lors d’un débat avec des blogueurs européens sur la protection des données.

A cette occasion, Viviane Reding a par ailleurs, remercié Edward Snowden : “quand ses révélations ont été publiées, j’ai dit : “Merci M. Snowden,” parce que j’avais jusqu’alors les plus grandes difficultés à convaincre, notamment au sein des instances européennes, que nous avions un gros problème à résoudre sur le plan international pour la protection des données,” a-t-elle lancé.

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