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Espionnage, commerce, Crimée : Etats-Unis et Europe feront-ils la paix ?

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Espionnage, commerce, Crimée : Etats-Unis et Europe feront-ils la paix ?

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La visite de Barack Obama en Europe donnera-t-elle un nouveau souffle aux relations américano-européennes après le scandale des écoutes de la NSA ? Les deux alliés et partenaires commerciaux ont besoin l’un de l’autre pour affronter les crises. Le président américain peut-il restaurer la confiance au risque de paraître trop souple sur la sécurité ? À l’approche des élections dans l’Union, ses responsables politiques doivent faire preuve de fermeté sur la protection de la vie privée et vis-à-vis de l’espionnage industriel. Parviendront-ils à s’entendre avec Washington ? Ou les intérêts nationaux de part et d’autre de l’Atlantique seront-ils trop forts ?

Parmi nos invités, Marietje Schaake, membre de la Délégation pour les relations avec les Etats-Unis au Parlement européen et eurodéputée issue de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, estime que le “lien de confiance” est rompu entre Américains et Européens : “la question fondamentale pour nos citoyens et pour nos responsables politiques en Europe”, dit-elle, “c’est de savoir ce que signifie notre alliance avec les Etats-Unis. Si la confiance n’est plus là”, ajoute-t-elle, “la signification de cette alliance est sérieusement remise en question et nous allons en voir les conséquences”.

Ian Lesser, expert en politique étrangère et sécurité au German Marshall Fund, se veut plus optimiste : “ce qu’on va constater à l’issue de cette crise [en Ukraine] et de la diplomatie qui en a découlé, c’est que les Etats-Unis continuent de prendre soin de l’Europe et des relations transatlantiques : l’administration Obama ne ménage pas son temps et ses efforts en la matière”, assure-t-il, “cela participe à une restauration de la confiance”.

Enfin, James Rubin, ancien porte-parole du Département d’Etat américain sous la présidence de Bill Clinton, rappelle de son côté que “la crise déclenchée par les révélations sur le renseignement a eu des conséquences négatives dans la période qui a précédé l’annexion de la Crimée par la Russie, mais nous sommes aujourd’hui”, poursuit-il, “dans une situation totalement nouvelle où le contexte devient de plus en plus clair pour l’OTAN : la menace représentée par la Russie aura pour effet d’unir les dirigeants et éclipsera le sujet du renseignement. (…) Il faut maintenant que [la chancelière allemande] Angela Merkel et Washington – principalement – s’entendent, décident de l’importance de la pression qui doit être exercée sur Moscou et la mettent en œuvre”, insiste-t-il.