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La relation transatlantique à la loupe


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La relation transatlantique à la loupe

Neuf mois après le coup d’envoi des négociations sur un accord de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis, le Président américain fait le déplacement à Bruxelles. La capitale européenne accueille ce mercredi un sommet UE/Etats-Unis, et il sera précisément beaucoup question de cet accord commercial qui n’a pas que des adeptes. Certains s’inquiètent d’un nivellement par le bas des normes européennes dans l’agro-alimentaire, le droit des travailleurs ou encore la défense de l’environnement.

Autre dossier sensible, la question de l’espionnage de masse suite au scandale de la NSA, révélé par Edward Snowden. Le Parlement européen fait pression pour que les 28 cessent de transmettre des données personnelles tant que Washington n’aura pas fourni des garanties.

Troisième volet, et pas des moindres, la crise russo-ukrainienne. La nouvelle donne géopolitique pousse Européens et Américains à serrer les rangs. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. En témoignait l’expression malheureuse “ Fuck the EU “ employée en février dans un coup de fil par la diplomate américaine Victoria Nuland à propos des hésitations des Européens en Ukraine.

Depuis, Etats-Unis et Europe affichent officiellement une même fermeté à l‘égard de Moscou. L’Union européenne et les Etats-Unis ont répondu par des sanctions similaires à l’annexion de la Crimée par la Russie. Euronews en a parlé avec l’ambassadeur européen auprès des Etats-Unis João Vale de Almeida.

euronews : “ Sachant que l’Union européenne et les Etats-Unis ont un niveau différent d’interdépendance avec la Russie, comment agir de manière complémentaire, en particulier si l’on envisageait des sanctions économiques ? “

João Vale de Almeida : “ Les Etats-Unis sont engagés avec nous dans des efforts pour démocratiser l’Europe, pour rendre l’Europe plus ouverte et maintenir derrière nous la guerre froide. Ce qui est en jeu est très simple, une violation de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Ukraine par la Russie. Nous condamnons cette acte et nous ne reconnaissons pas l’annexion de la Crimée. “

euronews : “ Mais la menace sécessionniste est toujours là et il faut voir ce qui va se passer dans l’est et le sud de l’Ukraine où les forces pro-russes restent très actives. “

João Vale de Almeida : “ Evidemment, nous sommes très attentifs en Europe et aux Etats-Unis. Et le message qui a émané du sommet européen était très clair concernant la fermeté et l’extension des sanctions. Nous sommes d’ailleurs en parfait accord avec la position américaine. “

euronews : “ Parlons maintenant de l’accord de libre-échange qui se négocie entre les Etats-Unis et l’Union européenne. Les Etats-Unis font de gros investissements pour exploiter le gaz de schiste, mais ils ne l’exportent pas encore. Est-ce que vous pensez que cela pourrait être inclus dans les négociations et qu‘à moyen-terme l’Europe puisse importer le gaz de schiste américain ? “

João Vale de Almeida : “ Vous avez raison, l‘énergie devient un facteur décisif de la politique extérieure. Les Etats-Unis ont mené une sorte de révolution énergétique ces dernières années, avec de nouvelles technologies, de nouvelles découvertes géologiques. Leur capacité à partager cette nouvelle ressource avec l’extérieur est restreinte par la législation américaine. Mais je pense que ce sujet doit être mis sur la table. “

euronews : “ Ce qui inquiète de nombreux Européens dans ces négociations, ce sont les possibles changements de règles pour les importations de produits par exemple, des changements qui pourraient compromettre les normes européennes sur les droits des travailleurs, la santé publique ou encore l’environnement. Les exemples les plus cités sont les OGM et la viande aux hormones. “

João Vale de Almeida : “ Toutes ces craintes sont sans fondements. L’Europe ne baissera pas le niveau de sa protection, que ce soit sur l’environnement, le social ou les droits des consommateurs en raison d’un accord commercial, pas même un accord avec les Etats-Unis. Au contraire, si les Etats-Unis et l’Europe trouvent une plate-forme commune sur la régulation dans tous ces domaines, ils enverront un message au reste du monde : la Chine, le Brésil, l’Inde, les pays émergents, la Russie aussi. Un message disant qu’ils répondent à ces questions internationales de manière rigoureuse. “

euronews : “ Bien que les tensions soient quelque peu retombées sur l’espionnage électronique, la cybersécurité reste un sujet important pour les Européens. Est-ce que l’administration Obama est prête à revoir sa législation pour répondre à ce problème ou du moins à participer à un traité international dans le cadre des Nations Unies ? “

João Vale de Almeida : “ L’administration Obama reconnaît la sensibilité européenne sur ce sujet, elle reconnaît qu’il y a un problème et qu’il doit être résolu. Il y a eu beaucoup de progrès déjà, et le travail va se poursuivre, des mesures importantes ont été prises mais le travail va se poursuivre. Durant sa tournée, le président Obama va certainement l‘évoquer. Les citoyens veulent de la sécurité mais ils veulent aussi que leur vie privée soit respectée. “

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