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Le développement des villes "intelligentes" favorise la croissance

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Le développement des villes "intelligentes" favorise la croissance

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Aujourd’hui, deux tiers des Européens résident dans des villes et l’activité économique des centres urbains représente 67 % du PIB européen. L’urbanisation est une donnée essentielle à la santé de notre économie en général et à notre quête de croissance d’autant que le phénomène se poursuit.

Pour accompagner cet afflux de population et d’entreprises, les villes doivent dépenser pour disposer d’infrastructures et de conditions de vie adaptées, tenter de juguler les rejets importants de CO2 dus à leur développement et aux transports et lutter contre un chômage parfois élevé. Il leur faut trouver des solutions innovantes et au bon rapport coût – efficacité. Dans la mesure où elles ont recours aux dernières technologies disponibles, on les qualifie d’“intelligentes”.

L’implication du secteur privé peut être nécessaire. Martin Powell, responsable du développement urbain chez Siemens, nous explique : “si on se fie aux taux d’urbanisation et aux grands objectifs que les villes vont devoir remplir à l’avenir, les partenariats public-privé deviendront de plus en plus importants et les bénéficiaires de ces partenariats devront investir en amont dans des projets énergétiques de long terme”. Pour répondre aux besoins de financement des villes qui veulent investir, il cite en exemple “l’initiative JESSICA qui fait partie des fonds structurels européens et s’avère une grande réussite dans toute l’Europe et à la différence de l’octroi de subventions, elle repose sur l’emprunt et la prise de participation. Ce genre de fonds”, poursuit-il, “nous permet d’amener la technologie dans nos villes”.

Pour bien comprendre les enjeux, notre reporter Giovanni Magi s’est lancé dans un tour d’horizon des municipalités européennes. Même si la plupart d’entre elles ont du mal à faire face aux conséquences de la crise économique, elles sont un certain nombre à ne pas ménager leurs efforts en matière d’investissement. Elles se concentrent sur des secteurs essentiels : les transports et les infrastructures, l’innovation, les pépinières d’entreprise et le soutien aux start-ups, l‘énergie, l’eau et la gestion des déchets en adoptant à chaque fois, une logique de respect de l’environnement.

Plusieurs maires nous confient leur sentiment : pour le premier magistrat de Lisbonne, António Costa, il faut avant tout que les villes freinent “le départ des jeunes qualifiés vers le centre et le nord de l’Europe parce que la perte de cette jeunesse”, dit-il, “aura un impact sur notre avenir d’un point de vue structurel et sur notre capacité à nous en sortir et à nous développer”.

Le maire de Rome Ignazio Marino de son côté souligne les actions qu’il met en œuvre : “il est évident que nous devons faire repartir l‘économie”, reconnaît-il avant d’ajouter : “c’est ce que nous faisons en investissant dans des projets de rénovation urbaine, dans de nouveaux modes de transports plus durables, dans de nouvelles activités et notamment dans la mise à disposition de lieux où les jeunes peuvent mener leurs projets”.

Ces maires européens, mais aussi celui de Venise Giorgio Orsoni, rappellent la nécessité d’un Programme urbain de l’Union européenne. Une politique spécifique aux villes qui tiendrait mieux compte de leurs besoins et favoriserait une meilleure coordination des politiques européennes. En réponse, le Commissaire européen à la politique régionale et urbaine Johannes Hahn assure que la part des fonds structurels attribués aux villes passera de 40 % en 2007-2013 à 60% pour la période 2014-2020.

Il est ainsi prévu d’octroyer aux villes, la moitié du Fonds européen de développement régional, soit environ 96 milliards d’euros, d’ici 2020. Un financement destiné à des projets d’infrastructure comme celui mené à Gdynia en Pologne où l’on mise sur des transports en commun écologiques et durables. Sur place, on a fait le choix de mettre en circulation des trolleybus – plus respectueux de l’environnement comparé à d’autres modes de transport – et la fréquentation est bonne. Cette nouvelle organisation du réseau associée à d’autres actions a permis de faire baisser la consommation électrique de 2,25 GWh et de réduire les émissions de CO2 de 2250 tonnes par an.